SARDE
Romains^ 3 8 av. J. -G.), lors de la première guerre punique.
La fertilité de la Sardaigne fut d'un tel prix pour le peupleroi, que plusieurs de ses écrivains l'ont nommée la nourrie» de Rome, la favorite de Cérès, la mère des troupeaux. Les insulaires n'en demeuraient pas moins sous un dur esclavage. Us ne firent que 'changer de maîtres après la décadence de l'Empire. Les Vandales, les Goths , les Maures s'emparèrent successivement de la Sardaigne ; elle fut enlevée à ces derniers par les Génois, à qui bientôt les Pisans la disputèrent avec opiniâtreté. La lutte dont cette île était l'objet entre les deux républiques rivales fut tout-à-coup terminée par le pape Boniface VIII, qui, suivant un droit qu'il s'était arrogé, en investit le roi d'Aragon, don Pèdre IV.
Après s'être emparé de la Sardaigne (1354), ce prince y mit en vigueur les institutions qui régissaient déjà son royaume, c'est-à-dire ce mode de gouvernement représentatif que repoussent encore aujourd'hui quelques monarques d'Europe, comme une innovation dangereuse.
Ainsi, dès le 14e siècle, florissait, dans ce petit état à peine compté parmi les nations modernes, une constitution associant le pouvoir souverain au droit imprescriptible des peuples. Malheureusement il manquait un autre principe de vitalité au gouvernement de la Sardaigne, alors que le peuple, ainsi que le clergé et la noblesse, était représenté dans les cortès ou assemblées des états : elle était morcelée, par une conséquence du système de l'hérédité féodale, et formait quatre souverainetés distinctes, ou judicats : Arborée ou Orisiano, à l'ouest, Oleastro à l'est, Gallura au nord-est, et Torres au nord-ouest. Cette division, qui nécessairement amenait des luttes fréquentes, empêcha le développement de toute force nationale. D'ailleurs, après la fusion des divers royaumes de l'Espagne (1474), la Sardaigne ne fut plus qu'une annexe de cette couronne. Elle fut gouvernée par des vice-rois espagnols jusqu'en 1706, et enlevée à cette époque par les Anglais