‹ Esquisses historiques ou cours méthodique d'histoire composé sur un nouveau planChapitre 1 sur 148 · AVANT-PROPOS DE LA PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS DE LA PREMIÈRE ÉDITION

L'enseignement élémentaire de Thistoire est nul en France ; c'est une affligeante vérité à faire connaître. Malgré le zèle de quelques savants professeurs qui s'efforcent de l'améliorer, on chercherait en vain un ouvrage méthodique sur cette branche d'instruction , où tous les hommes trouvent cependant des règles de conduite.

Quelques précis d'histoire ancienne et d'histoire de France courent çà et là dans les classes , mais ils ne se rattachent à aucun plan fixe : les élèves les apprennent par cœur, les récitent avec une volubilité mécanique, et s'inquiètent peu de mettre de l'ordre dans les idées , d'enchaîner les faits, et de les étudier synchroniquement. Ils confondent les siècles, les événements , les hommes ; font vivre Alexandre le Grand avant Romulus , et Annibal du temps de Pharamond. Dans ce chaos , dans ce dédale de noms , de dates , de faits , la mémoire, accablée sous ce fatras indigeste, se fatigue, succombe; de cette confusion naît le dégoût, du dégoût l'ennui, et de l'ennui l'ignorance.

Il n'est pas inutile de le dire : c'est sur le talent des professeurs, des institutrices, que reposent les succès d'un enfant laborieux et bien organisé. Il faut savoir deux fois quand on enseigne : pour soi d'abord, et ensuite pour son élève. La science du professeur est plus difficile qu'on ne le pense ordinairement : il ne suffit pas de dire : Apprenez, répétez, il faut que les questions adroites et pressantes fassent trouver

lévi. i

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