‹ Esquisses historiques ou cours méthodique d'histoire composé sur un nouveau planChapitre 101 sur 148 · GRECS · texte numérisé non relu

GRECS

Depuis cette époque surtout, la nation grecque tomba sous le joug méprisant des Turcs : elle s'abrutit et perdit en grande partie sa civilisation.

Cependant les Maniotes en Morée , les Soulioies en Epire , les Spakioles à Candie , défendaient leur liberté , tandis que leurs frères , courbés sous le despotisme des barbares , accablés d'impôts par les pachas, ne pouvaient que gémir. Quelques insurrections partielles furent étouflées ; mais bientôt, en 1814, déjeunes Grecs, qui avaient voyagé en Europe , formèrent une association patriotique. De nouveaux Tyrtées firent entendre des cbants d'indépendance , comme Hhigas dans le xvm° siècle. L'insurrection éclata sous le prince Ypsilanti. Les plaines, les montagnes, sont à la lois le théâtre de la révolte. Les esprits s'irritèrent davantage encore par la décapitation du vénérable Grégoire, patriarche de Constantinople. Une guerre d'extermination ravagea la Grèce. Missolonghi, A thènes, toutes les places fortes virent le courage des Hellènes. Une constitution fut rédigée, en 1822, dans une assemblée nationale tenue à Epidaure. Le siège du gouvernement fut établi à Corinthe. Cependant les Turcs continuaient les massacres à Chio, d'où ils enlevèrent 40,000 chrétiens, qu'ils menèrent en esclavage. C'est alors que Canaris fit sauter le vaisseau du capitan-pacha.

Les puissances chrétiennes restèrent d'abord impassibles ; quelques particuliers embrassèrent seulement la cause des Grecs. Parmi eux, nous remarquerons lord Byron, qui termina sa vie en Grèce ; le colonel Fabvier, lord Cochrane.

Du côté des Grecs, l'histoire nomme Botzaris, Odyssée, Colocotroni, Mavrocordatos , Uiaoulis. Enfin, le 6 juillet 1827, il fut résolu par l'Angleterre, la France et la Russie de s'interposer ensemble entre les Turcs et les Crées, pour mettre fin aux calamités de la guerre. Les flottes réunies des trois puissances se rendirent dans les parages de la Grèce ; et, sur le refus des Turcs de reconnaître l'armistice , elles détruisirent la flotte turco-égyptienne, le 19 octobre, dans le port de Navarin. L'assassinat de Capo-d'lstria, chef des Grecs, a jeté ce pays dans de nouvelles dissensions que l'Europe doit faire cesserpour son honneur et dans son intérêt politique. La

GKLCS.

France, YAngeterre et la Rame, diaprés de récentes négociations , ont donné le trône de la Grèce au prince Othon , fils du roi de Bavière. Espérons que, sous ce nouveau roi, les Grecs, délivrés du despotisme des Turcs, pourront se livrer en paix au commerce et à l'industrie que favorisent le sol et le climat de leur beau pays.

Sirihne partir.

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