PERSES
Mides à celui des Perses , il fonda le plus grand empire qui eût jusqu'alors existé dans le monde.
Ce grand conquérant publia , en 536 avant J.-C. , le fameux décret en faveur des Juifs , captifs depuis soixante et dix ans, et auxquels il permit de retourner à Jérusalem. Poursuivant ensuite ses conquêtes , il donna pour bornes a son empire , à l'orient le fleuve Indus , au nord la mer Caspienne et le Ponl-Euxin , à l'occident la mer Egée, au midi VElhiopieel le golfe Arabique. Suivant Hérodote, il fut tué dans une bataille contre Tomyris, reine des Scythes ou Mes* sagèles, qui plongea la tête de Cyrus dans un vase plein de sang : Abreuve-toidesang, dit-elle, puisque tu en as toujours eu soif.
Cambyse succéda à Cyrus, son père (de 520 à 522). Il fit la conquête de Y Egypte , et voulut même soumettre YEthiopie. Il fut malheureusement trop célèbre par s? cruauté et par sa tyrannie , et ne survécut pas longtemps à son frère Smerdis , qu'il avait fait tuer.
Un mage s'était fait passer pour ce prince infortuné , et était parvenu à régner sept mois sous le nom de Smerdis; mais Yimposlure fut découverte, et l'indigne prêtre fut massacré par les principaux seigneurs qui s'étaient révoltés contre lui. L'un d'eux , Darius, fils d'Hystaspe (de 321 à 485) , s'empara du royaume , qu'il dut, dit-on , au hennissement de son cheval. 11 montra quelques vertus guerrières; mais son ambition coûta trop de sang à la Perse. Il se faisait nommer le meilleur et le mieux fait de tous les hommes.
Il passa le Bosphore de Thrace pour marcher contre les Scythes d'Europe; il s'avança jusqu'au delà du Danube, sans pouvoir les atteindre, et perdit beaucoup de monde.
Ce fut ce Darius qui porta la première guerre en Grèce , d'abord pour pour soumettre une nation qui lui paraissait trop orgueilleuse , et dont , cependant , il n'avait entendu parler que par un médecin grec, nommé Démocède, et ensuite pour venger Hyppias tyran d'Athènes , qui avait été lui demander du secours. C'est la première guerre mèdique ou persique.
Darius envoie en Grèce son gendre Mardonius h la tetc
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d'une armée formidable. MiUiade le défait avec dix mille hommes, à Marathon, L'air 490. Darius mourut peu après.
Comme l'histoire des Perses est liée entièrement à celle des Grecs depuis le règne de Darius, nous ne ferons qu'indiquer les faits mémorables dont nous donnons les détails dans YHistoire générale.
A Darius succède Xercès I er (485-472), son fils, qui, croyant pouvoir réparer l'affront qu'avaient éprouvé en Grèce les armes des Perses , dirige ses troupes vers cette contrée, (C'est la deuxième guerre medique.) Alors eurent lieu, en 480 , la bataille des Thermopyles , le combat naval près iïAnhcmise, et la bataille de Salamine; en fin , un an après , les combats de Platée et de Mycale. Artaban , capitaine des gardes de Xercès, l'assassine et fait monter sur le trône Artaxercès Longue Main (465-424) , sous lequel finit la guerre entre les Grecs et les Perses, par la défaite de la Hotte des Perses, près du fleuve Eurymédon : Cimon, fils de Milliade, commandait les Grecs. C'est à ce prince que le célèbre Hippocrate refusa d'aller en Perse , malgré les plus > belles promesses , parce que les Grecs, affligés par la peste , k avaient besoin de ses soins et de ses talents. C'est aussi à la cour Artaxercès Longue Main que se réfugia Thcmistocle.
L'histoire de Perse ne présente plus que deux règnes célèbres, celui à* Artaxercès Mnémon, sous lequel eut lieu la fameuse retraite des Dix-Mille, en 401 , et le traité d\Antalcidas (387) ; et celui de Darius III Codoman, qui punit l'assassin de ses prédécesseurs , le cruel Egyptien Baguas (336-530).
La Perse aurait peut-être joui, sous ce prince, des douceurs d'une paix chèrement achetée, si le grand Alexandre ne se fût proposé la conquête du monde.
Darius, attaqué par le héros macédonien , perdit successivement les batailles de Granique, à* Issus, d'Arbelles.
N'ayant plus avec lui que quelques troupes sans courage, Darius se retirait vers la Parthie, lorsque Bessus, commanniandant de la Bactriane, se saisit de sa personne et l'enchaîna sur un chariot. L'arrivée d'Alexandre détermina
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Bessus à fuir, et le conquérant reçut les derniers soupirs du roi des Perses.
Avçp Darius Codoman finit la monarchie perse , qui avait duré 205 ans.
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L'origine des peuples de la Macédoine, comme celle des peuplades anciennes, est couverte de ténèbres. Il est inutile de chercher à débrouiller ce chaos ; il suffit de savoir que les ancêtres de ceux qui devinrent peu à peu les maîtres de touie la Grèce et de toute l'Asie étaient une colonie tfArgiens qui , sous la conduite de Caranus , originaire d\4 rgos et descendant à* Hercule, vinrent s'établir dans ce pays en 8G7.
Les Macédoniens passaient pour être braves et courageux ; mais ce ne fut que depuis le règne de Philippe , père dMlexandre le Grand, que la guerre devint une occupation nationale. Avant ce temps , la Macédoine était un royaume héréditaire, mais.si peu considéré, que Démosthènes disait : € C'est un vil coin du monde qui n'a pas même produit un bon esclave. »
Plusieurs rois, depuis Caranus, n'avaient pu faire sortir ce royaume de son obscurité. Des dissensions intestines l'avaient , au contraire , rendu moins propre à se faire connaître, lorsque Perdicas, un de ses rois, vint mourir, laissant pour successeur son fils, Amyntas, encore enfant. La Macédoine devint alors le théâtre de troubles domestiques; chacun prétendait au trône ; Pausanias, Argée, s'armaient l'un contre l'autre ; les ennemis, profilant de des divisions, pénétraient dans le cœur de l'Etat ; mais tout désordre cessa à l'arrivée de Philippe, fils d' Amyntas II et de la reine Eurydice. Envoyé comme otage à Thcbcs, il fut à la fois l'ami et rélève de Pélopidas, de Polymnis, père à'Epaminondas, et d'Épaminondas lui-même, auprès duquel il apprit le grand art de gouverner les hommes *et de conduire les affaires. Philippe, à la nouvelle de la mort de Perdicas, s'échappe de Thèbes, arrive en Macédoine, se fait déclarer tuteur de son neveu, et enfin s'empare du trône de Macédoine , à l'âge de vingt-quatre ans seulement, mais réunissant, quoique jeune,
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toutes les qualités d'un grand jxflitique. Les Athéniens cependant au milieu des désordres et de la mollesse, ne virent pas sans crainte l'avènement de Philippe ils embrassèrent aussitôt le parti A'Argée. Le nouveau roi de Macédoine marche contre son rival , et conclut avec les Athéniens une paix captieuse, car, peu de temps après , il s'empare (YAmphipoli$y quoique cette ville fût une colonie athénienne, et pour ôter à ses anciens maîtres tout prétexte de se plaindre , il la déclare ville libre. Deux principaux moyens furent employés par ce monarque, le plus grand politique de son siècle, pour venir à bout de ses desseins. Le premier fut de se ménager des intelligences dans toutes les républiques de la Grèce , et de corrompre, avec les trésors de la Macédoine, les principaux magistrats et les meilleurs orateurs; le second, de se faire charger par des Amphictions du soin de venger les injures faites au temple de Delphes par les Phocidiens, qu'il batlit et qu'il remplaça dans le conseil. Cette victoire mit fin à la
Kerre sacrée, qui avait duré dix ans, et ouvrit à Philippe ntrée de la Grèce, dont il projetait la conquête. Ce qui arrêtait ce monarque , c'étaient les orateurs qui avaient du pouvoir sur les Athéniens. Il eut recours à ses richesses pour acheter leur éloquence. Eschine, Démade, et quelques autres, n'avaient pu résister à ce moyen de séduction ; Phocion, cet illustre général que Démoslhènes appelait la coignée de ses discours, et qui avait vaincu Philippe à l'île à'Eubée, était incorruptible : ses vues, du moins, étaient pacifiques, et par conséquent il ne pouvait inquiéter le roi. Mais le plus grand ennemi de ce prince, celui qui avait su démêler sa politique, et qui ne montait à la tribune que pour préserver les Athéniens de ses embûches, c'était ce même Démoslhènes, cet illustre orateur, dont les Philippiques sont un modèle d'éloquence et de patriotisme. En vain Philippe couvrait-il tous ses projets d'un voile mystérieux ; en vain achetait-il à prix d'argent les réponses de la prêtresse de Delphes, Démosthènes devinait tout, déjouait toutes ses mesures, et disait aux Athéniens que la Pythie philippisait.
La politique de Philippe sortit cependant victorieuse de cette lutte. Ce prince se rend maître de Méthone et d'Ofyn-
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the , rentre ensuite en Grèce, sous prétexte d'assister à la diète des Amphictyons, passe les Thermopyles, tombe brusquement sur Elathée, qu'il prend, et remplit toute la Grèce d'étonnement et de terreur. Enfin, continuant sa marche victorieuse, il défait les Athéniens h Ckéronée (338). 11 dut le succès de cette bataille à la valeur de son fils Alexandre, âgé alors dix-neuf ans, et à la bonté de cette phalange macédonienne si vantée dans l'histoire.
Cette victoire causa tant de joie à Philippe, qu'il se transporta au lieu du combat, insultant aux morts et aux prisonniers, et mit en chant les premiers mots du décret que Démosthènes avait fait passer contre lui. On dit que l'orateur Démade, indigné de cette conduite, osa dire à ce prince : c La fortune t'a donné le rôle A'Agamemnon, et lu joues c celui d'un Thersile. i Philippe fit la paix avec les Athéniens, et allait porter avec eux la guerre en Asie , lorsque Pausanias, jeune Macédonien (356) , l'assassina dans de* jeux qui furent célébrés en l'honneur du mariage de Cléopâire, fille du roi, avec Alexandre, roi A'Êpire, frère d'Ofyropias, que Philippe avait répudiée pour épouser Cléopâtre , nièce d'Anale , un des principaux officiers de son armée.
Aussitôt que les Athéniens apprirent la mort de ce prince, ils se livrèrent à la joie la plus immodérée, et Démosthènes se couronna d'une guirlande, quoique sa fille vint de mourir. Alexandre, fils et successeur de Philippe, devait leur faire payer cher celte conduite indigne d'un peuple qui aspirait à l'honneur d'être regardé comme le plus poli de la terre.
La mort de Philippe semblait avoir réveillé toutes les passions; tout avait tremblé devant ce prince, tout se réunissait contre son successeur , que l'on croyait hors d'état de gouverner. Démosthènes ranimait en Grèce les espérances des Athéniens; les villes tributaires de la Macédoine voulaient secouer leur joug; Amyntas et Atiale aspiraient à la couronne ; enfin, le royaume, menacé au dedans par des factions , et au dehors par des voisins redoutables , demandait un homme consommé dans l'art de gouverner. Alexandre, que nous avons déjà vu à ia bataille de Chéronéc, se présente pour succéder à Philippe^ son père : âgé de vingt ei un ans
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seulement , il unissait déjà à de grandes dispositions naturelles une excellente éducation. Les exploit* de son père et les leçons du célèbre Aristote en auraient fait un prince accompli , s'il ne se fût pas laissé entraîner par deux passions terribles pour un prince, qui doit avant tout consulter Fintérêt de son peuple : une ambition démésuréc et le désir de la gloire (356) .
Alexandre n'écoute pas les timides conseils de ses amis, qui voulaient lui faire abandonner la Grèce ; il trouve dans sa grandeur d'àme et dans son courage le moyen de pacifier ses Etats. Il fait tuer Amyntas, et réduit par la force de ses armes les naiions barbares qui s'étaient soulevées. L'élo- - quence de Démosthènes avait fait révolter les Thébains, et les Athéniens étaient entrés dans la ligue ; Alexandre marche à grandes journées vers la Grèce, y pénètre, met le siège devant Thèbes , l'emporte d'assaut, la livre au pillage et la brûle entièrement. La Grèce, étonnée et tremblante , envoie des ambassadeurs féliciter le prince macédonien , qui exige qu'on lui livre dix orateurs, parmi lesquels serait Démoslhènes , mais les Athéniens parviennent à le fléchir, et il se contente de l'exil de Charidème, général distingué, qui va chercher un asile à la cour du roi de Perse.
La Grèce pacifiée , Alexandre n'est plus occupé que de la guerre contre les Perses; à cet effet, il convoque à Corinthe tous les Etats de la Grèce et se fait nommer généralissime de Varmée. Les Lacédémoniens seuls refusent de lui fournir des troupes. De retour dans ses Etats, il règle l'intérieur de son royaume, et nomme Antipater pour le gouverner en son absence. On prétend que, tandis qu'il méditait à Dium le plan de l'expédition qu'il allait faire, il vit en songe un vieillard plein de majesté , sous l'habit d'un grand prêtre , qui l'invita à passer en Asie, lui promettant l'empire des Perses (534). Bientôt Alexandre traverse YHellesponl à la tête d'une armée aguerrie ; il aborde en Asie, sacrifie sur le tombeau d'Achille, défait, aux bords du Granique , les Perses conduits par Mcmnon, lieu tenant de Darius. Ce premier succès lui ouvre les portes de Sardes, de Milet, d'Halicarnasse, du royaume de Pont, et enfin de toutes les villes
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de la Phrygie. Après avoir tranché, à Gordium, le nœud gordien , et avoir soumis les peuples barbares des frontières de la Lycie, il permet aux soldats nouvellement mariés d'aller passer l'hiver en Macédoine. A la campagne suivante, il soumet la Galatie , la Paphlagonie , la Cappadoce et enfin la Cilicie, où il est arrêté par une maladie dont il est attaqué pour s'être baigné dans le Cidnus. Remis de cette indisposition , il marche contre Darius et le défait près de la ville d'Issus. Il se rend maître de son camp , de ses trésors , de $a famille même (333).
Alexandre domine sur mer en s'emparant de 2yr, après un siège de sept mois ; il soumet l'Egypte sans combat , et fonde Alexandrie.
Enfin , le désir de la gloire d'un côté , la nécessité de se défendre de l'autre , remettent une troisième fois les deux concurrents en présence. Darius est entièrement défait dans les plaines de Gangamella , près ÏÏAr belles (351). Le roi de Perse , dans sa fuite , trahi par les siens, est mis aux fers et traité indignement par Dessus, un de ses généraux , qui l'assassine au moment où Alexandre venait à sa rencontre. Le béros reçut son dernier soupir (350).
Avec Darius finit Y empire des Perses , après une durée de plus de deux siècles.
Après avoir subjugué l'empire de Cyrus, Alexandre va porter dans les Indes ses armes victorieuses. Les succès qu'il y eut contre Porus le firent sortir du caractère de modération qu'il avait montré jusqu'alors. Enivré de ses conquêtes , il se laissa aller à tous les excès que peuvent suggérer l'orgueil et le bonheur. 11 revint à Babylone ; une lièvre lente , mais dévorante , causée par l'intempérance ou le poison , le mit au tombeau dans la vigueur de l'âge , après douze ans de règne.
A la mort d'Alexandre, en 524 , sa vaste monarchie fut démembrée. Quatre généraux, après des guerres sanglantes, se partagèrent les pays qui la composaient : 1° la Macédoine propre échut à Cassandre ; 2° la Thrace et la Bilhynie à Lysimaque ; 5° la Syrie à Séleucus ; 4° ï Egypte à Plolémëe, chef deç Lagides.