DES ÎLES DE LA MER MÉDITERRANÉE
ARCHIPEL DES BALÉARES. Les Grecs appelaient ces îles Gymnesiœ , parce que les habitants allaient nus ; ils les nommaient aussi Baléares , d'un mot qui signifie lancer, à cause de l'adresse des habitants à manier la fronde.
Les Carthaginois firent longtemps la guerre aux Baléares, et César s'en servit avantageusement contre les Gaulois. Dans le v e siècle , les Vandales s'en emparèrent , et dans le vin e , les Mores s'y établirent ; mais ces derniers en furent chassés, en 1259 , par Jacques I er , roi d'Aragon. Cet archipel appartient aujourd'hui à l'Espagne. v
Les CORSES. La Corse a appartenu successivement aux
Carthaginois , aux Romains, aux Vandales, aux Gotbs, aux Lombards, aux Sarrasins, aux Français, sous Charles Martel; aux Colonne (famille romaine), vm e siècle; au pape, aux Pisans , aux Génois et aux rois d'Aragon. Les Génois finirent par posséder File.
Mais les Corses ne supportaient qu'impatiemment le joug. Pendant quatre siècles que dura la domination génoise, ils •tentèrent plusieurs fors de s'y soustraire ; mais ce fut en vain. Ils suivirent la destinée de Gênes, et passèrent comme elle aux Français, aux Milanais et aux Napolitains.
Une révolte ayant éclaté en 1729, les Génois appelèrent les Impériaux à leur secours pour les aider à soumettre les rebelles ; ils y parvinrent, en effet, et firent signer, en 1734, un accommodement dont les conditions ne furent pas observées.
À la faveur des troubles, un baron allemand, nommé Newhoff, parla de liberté aux Corses et parvint à se faire proclamer roi ; mais, à son retour d'un voyage en Hollande, il trouva Me au pouvoir des Français, que les Génois avaient appelés. Newhofftfenfuil en Angleterre, où il mourut.
Une nouvelle sédition éclata bientôt : les Français furent de nouveau appelés. En 1761, on essaya de pacifier la Corse; elle déclara ne vouloir aucun maître. Les Génois prirent le parti de la céder à la France, dont elle forme aujourd'hui un département.
Paoli, que les Corses avaient choisi pour leur général, et qui avait tenté de les affranchir, fut contraint de se réfugier en Angleterre.
La SARDAIGNE. Cette île fut, dans l'origine, peuplée par les Phéniciens, et conquise par les Carthaginois, à qui les Romains la prirent dans la première guerre punique.
Dans les temps modernes, elle a été au pouvoir de l'Espagne, jusqu'en 1719, qu'elle fut cédée au duc de Savoie, qui porte le titre de roi de Sardaigne, de Chypre, de Jérusalem, et de duc de Savoie.
CANDIE. Après la chute de l'empire romain, Candie passa aux empereurs d'Orient, qui la conservèrent jusqu'au commencement du ix e siècle (825). L'apôtre suint Paul y
avait introduit le christianisme. Les Arabes, qui s'en emparèrent dans le ix e siècle, en furent chassés dans le x°. Depuis, elle passa successivement aux Génois, aux Vénitiens, qui la possédèrent près de cinq siècles. Au xvn e siècle, les Turc* s'en rendirent maîtres, après une guerre désastreuse de vingtquatre ans ; en 4669, ils s'en firent assurer la possession par un traité, et depuis elle est resiée toujours en leur pouvoir, malgré les troubles des dernières guerres.
RHODES. Les Rhodiens ont joué un grand rôle dans l'histoire. Ils furent les derniers à se soumettre aux Romains, sous Vespasien (i er siècle). Les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem s'y maintinrent d'abord, malgré tous les efforts de Mahomet II (xv* siècle) ; mais , assiégés de nouveau par le sultan Soliman le Grand, en 1523, ils cédèrent au nombre et s'ensevelirent sous les ruines de leur ville. Rhodes a partagé depuis le sort de tous les peuples de la Grèce : elle appartient aux Turcs.
CHYPRE. Chypre fut peuplée de Phéniciens avant que les colonies grecques vinssent s'y établir. Elle passa aux Macédoniens, aux Ptolémées, rois d'Egypte, auxquels les Romains l'enlevèrent. Depuis la chute de l'empire romain , elle fut quelque temps occupée par les Arabes; mais les empereurs grecs les en chassèrent, et pendant les croisades Richard 1 er , roi d'Angleterre , la prit sur Isaac Comnène , à la fin du xu e siècle (1191), et la céda à la maison de Lusignan, pour la dédommager du trône de Jérusalem. A la mort du roi Jean, cette île devait appartenir au roi de Sardaigne par le mariage d'un prince de sa maison avec une héritière de Lusignan : mais cette princesse en céda, en 1480, la souveraineté aux Vénitiens, qui furent dépouillés, en 1570, par les Turcs, auxquels elle appartient encore, quoique les rois de Sardaigne s'intitulent rois de Chypre.
OBSERVATION
L'élève fera un tableau synoptique de ces peuples secondaires ; il écrira les analyses historiques sur les deux colonnes latérales , et au centre il tracera avec soin la carte du monde ancien, sur laquelle seront dessinés seulement les pays dont il aura transcrit l'histoire.
HISTOIRE MODERNE
TURCS