CHAPITRE X
DE l'aristocratie ET DE LA BOURGEOISIE
Âpres 1830, Tancieiine noblesse a volontairement abdiqué le seul rôle honorable qui lui restât dans nos luttes sociales. £n jetant un regard sur son brillant passé, elle y aurait vu son honneur et sa gloire attachés à l'action et au dévouement, à cette protection chevaleresque du plus faible dont elle eut le périlleux privilège au sein d'une société qui s'établissait, s'agrandissait, s'organisait par les armes. Elle aurait
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dû comprendre qu'aujourd'hui, dans le combat du juste contre l'injuste, le glaive de la parole remplace l'épée des preux, et que notre civilisation paciBque ne veut plus d'autres conquêtes que celles de Tintelligence. Alors, supérieure encore par les loisirs que lui assurent ses richesses, elle aurait pu disputer^ avec un immense avantage, aux fils du peuple, le domaine de la pensée. Nqus l'eussions vue s'élancer dans les chaires et dans les tribunes; affronter les dan* gers des explorations difficiles ; devancer les découvertes de la science et les inventions de l'industrie plébéiennes ; partout au premier rang, se créer enfin, par la puissance d'une volonté forte, une noblesse nouvelle. Hélas ! Où fautil la chercher? sur le turf^ au lansquenet, dans les obscures ruelles de nos vulgaires Laïs, dans les antichambres encombrées du roi de la bourgeoisie !
La jeune noblesse, ennuyée de bouder contre la force des choses, s'est mise à voyager, il est vrai , mais dans quel but et de quelle manière ? Elle est allée dans les pays qui lui étaient inconnus, à la découverte d'elle-même.
Elle a vu avec une satisfaction mêlée d'envie que partout ailleurs qu'en France l'aristocratie gardait sa puissance et son prestige. Elle a fait reconnaître sa parenté légitime avec ces illustres représentants du privilège ; puis elle est rentrée dans ses foyers, plus vaine, plus maussade, plus aveugle et plus ridicule qu'elle n'était partie.
Les femmes de l'aristocratie a'ont pas mieux compris que les hommes comment elles pourraient reconquérir Tinfluence que leur donnèrent si longtemps les mœurs chevaleresques de nos pères, et que les mœurs modernes vont leur enlever sans retour. Elles n'ont point su profiter de cette leçon brève et nette des trois journées. Pareilles aux idoles dupsaume, ni leurs yeux ne voient, ni leurs oreilles n'entendent. La moquerie et le persiflage sont les seules armes qu'elles opposent à la société nouvelle, pensant, dans leur naïf dédain , avoir raison de tout par un bon mot ou par une imper-^ tinence. Aucune des idées généreuses qui se produisirent dans les premières années de la révolution de juillet ne trouvèrent accès dans leur esprit. Elles ne saisirent de cet ébranlement qui tirait, pour ainsi dire, des entrailles de la société, pour les amener à la surface,
les principes et les hommes nouveaux , que le côté ridicule. La mesquinerie d'une cour sans étiquette, les gaucheries des parvenus, le luxe emprunté des bourgeoises, fixèrent exclusivement leur attention maligne. De tout ce qui se dit et s'écrivit alors, elles ne retinrent que les sarcasmes de la Mode. Mais , pendant qu'elles s'amusaient à ces badinages moqueurs, la société marchait, se transformait, leur échappait, et lorsque plusieurs enfin s'en aperçurent, il était trop tard. On parlait une langue qu'elles n'entendaient plus. La baguette magique des enchantements s'était à jamais flétrie dans leurs mains distraites.
La bourgeoise n'a point hérité de ce sceptre des fées. Type respectable et
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ennuyeux, assemblage de roides vertus , d'étroites capacités, de lourdes élégances, la bourgeoise, qu'elle soit femme de banquier, de marchand ou de notaire, décèle dans son maintien, sa parure et ses discours, qu'elle n'eut jamais commerce avec les Grâces. Son intelligence comme son corps manque de souplesse; elle ignore l'art délicat de s'insinuer dans les âmes ; elle démontre et ne touche point; elle sait commander, mais non de l'accent qui persuade.
Sa raison n'a rien d'aimable, sa gaieté n'a rien de sympathique. Près d'elle, on ne rêve jamais, on n'oublie rien ; son entretien vous rappelle à tout coup les devoirs inférieurs de l'existence. Dans la rectitude inflexible de ses vues bornées, elle écarte rudement l'idéal, discute l'enthousiasme, ramène les essors du cœur et de la pensée aux prudences mesquines d'une moralité vulgaire.
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L* influence de la bourgeoise est considérable au foyer , tant qu'elle y peut retenir ; c'est une influence négative qui prévient certains désordres, mais en resserrant le cercle de l'activité . Elle obtient la régularité des habitudes, mais non l'harmonie des facultés. Elle comprime les vertus, étouffe en germe le dévouement, enseigne la monotone sagesse des égoïsmes honnêtes. Mais du jour où son époux ou son fils entre dans la vie publique, il lui échappe; il va chercher ailleurs les délassements de l'esprit et ce charme de l'abandon si bienfaisant après la contention du travail.
De là l'empire d'une classe de femmes qui achèvent de corrompre et d'abaisser nos mœurs. Je veux parler de
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celles qui vendent l'amour. Pour plaire à de telles femmes, je me trompe, pour en jouir, que faut-il faire? une seule chose. Elles n'ont à la bouche que le mot de lago : make money. Vous voulez leurs propos grivois qui vous désennuient, leurs reparties effrontées qui réveillent vos esprits engourdis, leurs regards provoquants qui irritent vos sens blasés : make money. Vous voulez, pardessus tout, le plaisir vaniteux de les montrer à de pauvres hères qui soupirent à les voir si jolies, si parées, tentation inaccessible à la modicité de leur fortune : make money. Jouez à la bourse, triche-fc au jeu, vendez vos consciences, ruinez vos familles, déshonorez votre nom : que leur importe .^^ make money.
Les demoiselles de la bourgeoisie, dès qu'elles ont une dot, ne veulent plus épouser que marquis, comtes, princes ou ducs. Les barons sont dédaignés.
Que dire d'une vanité si risible? Les filles nobles sont excusables de ne se vouloir marier qu'avec leurs pairs. Sept ou huit siècles de traditions expliquent et justifient bien des choses. Permis à elles de penser que la noblesse du sang implique la noblesse du caractère ; mais ces filles de bonnetier, d'épicier, sontelles aussi excusables, dites-moi, d* acheter à prix d'or une couronne de comtesse ?
Ce qui a fait la grandeur de la noblesse, et ce qui doit l'absoudre aux yeux les plus prévenus, c'est la faculté de dévouement qu'elle a exercée en beau-
coup de moments très-importants de notre histoire. Aujourd'hui, cette faculté semble lassée, épuisée en elle. Dans son récent commerce avec le tiers état, elle a pris de lui, non T ardeur, la persévérance au travail , qui est le dévouement des classes moyennes, mais une certaine prudence égoïste, une sorte de calcul en partie double qui règle la dépense du cœur avec autant d^exactitude et de parcimonie que la dépense de la caisse.
Parmi les causes multiples qui ont amené l'abaissement de la noblesse française, il en est une qui échappe aux politiques, mais que les physiologistes devront signaler : c'est la funeste tradition des mariages sans amour. La nature offensée se venge, par Tabâtar-
dissement des races, de ces unions cupides où ni le cœur, ni les sens même n'ont de part. L'amour est le divin soleil qui vivifie et fait fleurir la plante humaine. L'ombre et le froid qui régnent dans vos maisons, le morne orgueil qui pèse sur vos familles, ne voient pousser que des plantes étiolées.
Une certaine frivolité spirituelle et brillante fut longtemps chez la noblesse française comme la grâce de son héroïsme. Aujourd'hui, cette frivolité surannée n'est plus que le ridicule de son impuissance.
Je me sens singulièrement attristé en voyant la frivolité incurable de la noblesse française après de si cruelles épreuves. On dirait ce papillon échappé aux mains du naturaliste, qui balance dans les airs ses ailes effacées et se remet à voltiger sur les fleurs, emportant avec lui l'aiguille d'acier qui le transperce.
L'esprit aristocratique est éminemment artiste. C'est le sentiment de l'individualité et de la forme, porté à son plus haut degré de puissance, qui donne à la personne, à la famille, à la maison^ à la race patricienne, cette valeur idéale, et j'oserai dire plastique, qui constitue également la beauté des œuvres de l'art.
Cette vivante unité du nom, cette relation hiérarchique si consciencieusement
observée par tous les membres d^une même famille, celte solidarité de rbonneur traditionnel qui embrasse jusqu'au dernier des serviteurs et compose un tout organique, n'est-ce pasTharmonie des rapports et la diversité dans l'unité cherchée par l'artiste? Cette convention noble et gracieuse dans les manières et dans le langage, qu'est-ce autre chosç encore que l'expression idéale de la peinture et de la statuaire ? La vie aristocratique est conventionnelle comme la vie de l'art; mais les conventions qu'elle observe sont fondées, ainsi que les lois de l'esthétique, sur la connaissance des conditions les plus nobles de la nature humaine : la simplicité dans la grandeur. L'aristocratie aussi a sa grimace comme l'art. Ce que la manière est au style, un parvenu Test à un gentilhomme.
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La propriété territoriale participait en quelque sorte à la condition aristocratique et contribuait à en entretenir le sentiment. Elle perpétuait, à travers les siècles, en vivantes figurés, les souvenirs, les espérances, les joies, les peines, toute r existence idéale d^une famille.
Quoi de plus poétique et de plus vraiment humain que ce respect pour F arbre vénérable planté par le trisaïeul, qui protège de son ombre les jeux des petits enfants, les amours des jeunes époux ? Quoi de plus touchant que ce banc vermoulu au pied de la colline, où Taïeule octogénaire va se réconforter au soleil, et rappeler à sa mémoire un instant réjouie qu^elle y vint le jour de ses noces et qu'elle y reçut un premier baiser? Que drames errantes dans ces vallées paisibles, que d'ombres aimées dans ces bosquets, le long de ces hautes charmilles, vous parlent au passage de
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vertu, de gloire, d'amour! Combien ce chœur invisible d*esprits familiers qui planent dans l'air donne à ces scènes rustiques de grandeur et de cbarme!
Quel langage dans le murmure des eaux! Quels accents dans les voix de récho mélancolique! Combien ici tout est vivant, solennel et doux ! Ne sentezvous pas combien ce qu'il y a de matériel dans la richesse et d'égoïste dans la possession s'ennoblit, se spiritualise ?
Hériter de l'arbre qu'a planté mon aïeul et du champ qu'ensemençait mon père, c'est hériter d'une portion de leur cœur et de leur pensée, c'est continuer leur vie. Hériter de quelques coupons de rentes et de quelques actions de chemins de fei: que je revendrai demain,
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ce n'est plus qu'accomplir à mon profit une disposition de la loi. Il y a un abîme entre le principe de ces deux héritages; le même abime existe entre la famille patricienne et la famille bourgeoise.
Le patricien dit ma maison; et il attache ainsi, en véritable artiste qu^il est, à une figure sensible, la notion de perpétuité dans la famille. Le bourgeois ne pourra jamais dire mn maison^ par un motif bien simple : c'est que sa maison ne représente pour lui qu'un placement de fonds momentané, et que, les plus graves ou les plus touchants événements de sa vie s'y fussent-ils accomplis, il la vendra demain à qui lui en offrira un prix considérable. Ni le lit nuptial, ni le berceau du premier^
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né, ni la dernière bénédiction maternelle attachée en quelque sorte à ces murailles, ne les sauveront en leur donnant à ses yeux un caractère sacré. Il mettra sans hésiter la cognée au chêne séculaire que planta son aïeul, et supputera avec complaisance le nombre de planches qu'il entassera dans son chantier. L'esprit industriel n'honore point les souvenirs, d'où il résulte quelque chose d'aride dans la vie des classes bourgeoises, dont la femme surtout, cet être sensible et recueilli, ressent l'influence attristante.
Je crois qu'on pourrait expliquer par ce rapport essentiel entre le sentiment aristocratique et le sentiment artistique le penchant des femmes pour les mceurs
patriciennes. La femme est un être de sentiment et d'imagination ; elle ne généralise point; Tabslraction n'est pas naturelle à son esprit; l'individu est tout pour elle ; elle ne voit les choses que par images. De là le dissentiment que Ton peut remarquer dans la société nouvelle entre les tendances féminines qui voudraient ramener les traditions aristocratiques, et les tendances masculines qui s'en éloignent avec excès.
On peut dire de la famille bourgeoise qu'elle est très-fortement liée, mais par rintérét commun; la famille aristocratique était surtout liée par la solidarité du point d'honneur. Le principe qui la tenait unie était d*une nature supérieure, ce qui a fait longtemps sa suprématie
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légitime et ce qui explique encore en partie le prestige qu'elle conserve.
Le règne de la bourgeoisie ne sera jamais le règne de l'art. Aux yeux du bourgeois, à ces yeux toujours fixés sur le côté matériel des choses, l'art est uue inutilité coûteuse. Le génie poétique est superflu comme la gi^âce, comme l'enthousiasme, comme l'amour. Le bourgeois fera bien faire, à l'occasion, le portrait de sa femme; il ne haïra point de voir à l'exposition du Louvre un cadre destiné à décorer son salon, ou quelque madone de plâtre qu'il se propose d'offrir à l'église de l'arrondissement dont il convoite les suffrages, mais ce ne sera pas sans en avoir longuement débattu le prix avec l*auteur.
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Il a besoin, pour jouir d'un tableau ou d'une statue, de pouvoir se dire que c est là une excellente affaire, que Tartiste est quelque peu sa dupe, et qu'enfin cette valeur mobilière qu'il vient d'acquérir est susceptible de s'accroître avec le temps. S'il achète aujourd'hui le Penseroso^ il se réjouira demain en apprenant la mort de Michel-Ânge.
L'homme de qualité avait bien parfois des façons un peu superbes à l'égard de Tartiste, mais pourtant il sentait sa maison illustrée par un hôte de la sorte, et savait comprendre combien il rehaussait l'éclat de son nom en pratiquant noblement une hospitalité dont les largesses lui étaient rendues en œuvres immortelles. Le bourgeois
n'axas la vue si longue, et méprise souverainement ces êtres sans prévoyance qui ne possèdent rien, ne produisent rien dont on ne puisse se passer, et ne font nulle économie. Il observe avec déplaisir que sa femme et sa fille paraissent charmées de ces bagatelles d'un haut prix; il voudrait les voir s'intéresser davantage à la hausse du trois pour cent, à la baisse de l'emprunt d'Espagne. Il souffre cette infériorité de l'esprit féminin comme il souffre le goût du fard et des dentelles.
Qu'est-ce que l'aristocratie des manières? l'esthétique en action, le sentiment de l'art porté dans lès plus petits détails de la vie. Et pourtant nous voyons très-généralement aujourd'hui
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la noblesse ne montrer en fait d'art qu'un goût très-équivoque, et les artistes, à leur tour, rester très-étrangers à la pratique des belles manières.
Faut-il opter entre la délicatesse énervée des mœurs aristocratiques et r énergie sans grâce des mœurs démocratiques ? Ma préférence n'est pas douteuse pour ces dernières ; mais je voudrais une conciliation, et je crois qu'il appartiendrait aux femmes de la tenter.
Vous me dites que la démocratie n*a pas moins de défauts que l'aristocratie :
c'est possible ; mais eUe retient à mes
yeux une supériorité incontestable. En accomplissant la grande loi du travail, à laquelle la noblesse moderne s'est soustraite, la démocratie est restée en conformité avec les desseins providentiels, et marche seule aujourd'hui dans les voies de la liberté, que partout et toujours l'homme a conquise à la sueur de son front.
Le patriciat s^ était fait un Dieu à son image ; sa religion était un anthropomorphisme très-nettement accusé dans les formes les plus précises. La démocratie moderne, sans le savoir, incline au panthéisme par cette logique cachée des choses qui fait qu'à force de s'étendre en tous sens elle perd le sentiment de la personnalité. Dans ses concep-
lions, rÉtat absorbe Tindividu, Thuinanité absorbe TEtat, la nature absorbe Dieu.
L'existence de Thomme moderne s'étend de plus en plus; toutes les barrières s'abaissent devant lui ; toutes les limites reculent; il communique avec les pays les plus distants, avec toutes les races, avec tous les âges; il s'associe au mouvement du monde tout entier; il pénètre dans les profondeurs de la nature. N'est-il pas à craindre que, dans cet essor excentrique, il ne perde la force de concentration qui est pour lui une condition d'équilibre moral ? N'aura-t-il pas l^soin, plus tôt qu'on ne pense, d'être rappelé à lui-même, retenu par quelque chose d'immuable ."^ Son existence, prête à déborder dans
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Tuniversalité des choées, ne dena-iê-dk pas rentrer en de ceruines finiteii^ t'il ne veut perdre la conscience du moij le sentiment de la personnalité? Soiu ce rapport, la propriété, ramenée à ses conditions vraies , organisée selon la justice» exercerait une influence, heureuse que semblent trop méconnaître ceux qui, non contents de l'attaquer dans ses abus, la voudraient détruire entièrement. La propriété a une valeur idéale qu'il ne faut pas confondre avec sa valeur matérielle» La maison^ la cour et le jardin^ selon la belle conception d'un philosophe allemand, cofnposent le milieu nécessaire au complet développement de la fieunille, et le dé^ veloppement de la (annUe, à son tour, est indispensable au plein développement de l'individu* CraignoÉ|^, pair les spéculations trop mathéniat^ivii|i d^une civilisation où les forçes seipl^leilî/m^
éL
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loir se soustraire aux formes, de détruire le charme de la vie. L'existence humaine n'est pas une équation algébrique ; la nature y a mis, comme partout, la grâce; c*est ce qu'oublie trop aujourd'hui la rigidité de Fesprit démocratique.