VI PRÉFACE
cieuses amitiés, dues tout entières à la lecture de ce petit livre, qu'entre mes pensées et celles de mes contemporains il n'existait aucune affinité quelconque.
D'où provient cette différence, à huit années d'intervalle, dans le succès d'un ouvrage auquel aucune modification importante n'a été faite? et quelle leçon devrait tirer l'auteur de cette bonne et de cette mauvaise fortune ?
De jg^rands événements, sans doute, se sont accomplis entre les deux éditions si diversement accueillies ; mais quel rapport entre les révolutions qui changent les empires et l'humble fruit d'une expérience tout individuelle, mûri à J'ombre de la vie privée?
PILÉFACE. Vil
Mes opinions seraient-elles aujourd'hui plus rapprochées des opinions de a majorité qui, en notre pays, décide des institutions politiques, des bienséances sociales , et de cette partie de la morale qui varie selon les temps et les lieux? Je n'ai véritablement aucun sujet de le croire. Il me semble même qu'en aucun temps je ne me suis sentie moins d'accord avec ce que l'on doit, à cette heure, considérer chez nous comme l'opinion publique.
Je n'oserais donc rien présumer quant au sort qui attend cette édition nouvelle des Esquisses morales^ et je demeure touchée de l'accueil fait à la seconde édition d'autant plus que cet
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accueil) trop flatteur pour me paraître mérité, reste à mes yeux l'un de ces heureux accidents dont on jouit, que l'on n'explique pas, et qu'il ne faudrait pas se flatter de voir renaître.
CiSu