‹ Esquisses moralesChapitre 35 sur 40 · A CLAIRE-CHRISTINE · texte numérisé non relu

A CLAIRE-CHRISTINE

ou Y Onyx, o u les Parfums de Diane je ne ferais point résonner la corde du carnage ; je ne dirais pas le glaive d'Harmodius, caché sous la branche de myrte.

Je chanterais une jeune fille, une enfant; sa sérieuse innocence; son front qu'éclaire la pensée ; son œil limpide et bleu ; sa lèvre où le mensonge ne passa jamais. J'essayerais de dire le surprenant accord que l'on voit paraître en sa personne de force et de douceur, de candeur et de sagesse, de droiture et de clairvoyance.

Je dirais le tressaillement maternel, lorsque l'enfant, née dans les larmes, grandie dans l'absence, apparut soudain à mes yeux dans sa grâce virginale. Ainsi, après les ténèbres agitées d'une longue nuit, aux douces clartés du matin, le lac, surpris et charmé, contemple le blanc lotus, épanoui sur son sein pendant la tempête.

Premier sourire du sort, grâce de mon infortune ; orgueil de mes peines secrètes ; par-

don, récompense et promesse du sévère destin ; enfant de mon cœur, vie de ma vie, que ne puis-je te chanter sur un mode immortel !

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