L'ADIEU
Non, tu n'entendras pas, de sa lèvre trop fièrc,
Dans l'adieu déchirant un reproche, un regret.
Nul trouble, nul remords pour ton âme légère
En cet adieu muet.
Tu croiras qu'elle aussi, d'un vain bruit enivrée, Et des larmes d'hier oublieuse demain, Elle a d'un ris moqueur rompu la foi jurée Et passé son chemin.
Et tu ne sauras pas qu'implacable et fidèle, Pour un sombre voyage elle part sans retour ; Et qu'en fuyant l'amant dans la nuit éternelle Elle emporte l'amour.
IN ALTA SOLITUDINE l
Va, ne la quitte point, ta haute solitude, Et ne sois pas ingrate à qui de ton malheur Fut seule confidente, et pour guérir ton cœur T'amena l'amitié, la grave et douce étude. Reste à l'obscurité, reste au recueillement; Demeure où tu pleuras, où du céleste amant Parfois tu crus sentir l'invisible présence ; Où les échos lointains d'un sublime concert Ont calmé ton esprit : cache au sacré désert De ton grand cœur blessé l'orgueil et le silence.
i « Le rhododendron qui fleurit au pied des neiges alpestres (in alla solitudine), le lotus (ex tenebris ad lucem) qui vient des profondeurs de l'eau s'épanouir à la lumière du ciel ont été mes emblèmes de prédilection. »
(Note tirée des cahiers.)