‹ Esquisses moralesChapitre 38 sur 40 · SONNET · texte numérisé non relu

SONNET

Bel arbre au tronc penché, noirs et noueux rameaux,

Feuillage pâlissant, tige à la baie amère,

De qui retient son nom la hauteur solitaire

Où Jésus dans la nuit vint pleurer sur nos maux ;

Pathétique olivier, au seuil des temps nouveaux, Toi qui vis, s'effrayant de son calice austère, L'Homme-Dieu défaillir et supplier son Père Pour sa chair qui frissonne à l'horreur des tombeaux;

D'un sourire autrefois Athéné, la déesse, Te fit surgir du sol, emblème de sagesse, D'abondance et de paix, ô doux victorieux !

Et quand je viens m' asseoir sous ton ombrage antique, Ta chrétienne tristesse, avec ta grâce attique, Pénètre et charme ensemble et mon âme et mes yeux.

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