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CHAPITRE XII

Pour bien comprendre toute la tristesse de ce temps-ci, il faut, je crois, au delà de toutes les causes fortuites, remonter à la cause essentielle : l'affaiblissement continu et universel de la foi chrétienne dans les âmes.

Ni la science, ni la morale philosophique, ni cette vue simple et juste des choses que j'appellerai le sens humain, ni cette raison du cœur que nous enseigne le mutuel secours dans le travail de

la vie, ne sont encore suffisamment répandues parmi nous pour tenir lieu au grand nombre de cette foi touchante qui nous fait tous issus d'un même couple, porter la peine dune même transgression et participer à la vertu d'un même sacrifice. Nul lien commun ne retient plus les cœurs ni les esprits. L'économie sociale est troublée jusqu'en ses fondements. Nous assistons à une complète déroute de la conscience humaine.

L'Eglise catholique règne encore, non assurément sur l'esprit ou le cœur de la société française, mais sur ses habitudes; et là où les principes sont si faibles et les passions si mobiles, commander aux habitudes n'est-ce pas en réalité commander à l'existence?

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