PRÉFACE. V
Mes opinions seraient-elles aujourd'hui plus rapprochées des opinions de a majorité qui, en notre pays, décide des institutions politiques, des bienséances sociales , et de cette partie de la morale qui varie selon les temps et les lieux? Je n'ai véritablement aucun sujet de le croire. Il me semble même qu'en aucun temps je ne me suis sentie moins d'accord avec ce que Ton doit, à cette heure, considérer chez nous comme l'opinion publique.
Je n'oserais donc rien présumer quant au sort qui attend cette édition nouvelle des Esquisses morales ; et je demeure touchée de l'accueil fait à la seconde édition d'autant plus que cet
accueil, trop flatteur pour me paraître mérité, reste à mes yeux l'un de ces heureux accidents dont on jouit, que Ton n'explique pas, et qu'il ne faudrait pas se flatter de voir renaître.