‹ Esquisses poétiquesChapitre 17 sur 55 · MINUIT · texte numérisé non relu

MINUIT

Au milieu de son cours, la nuit aux ailes sombres A nos regards lassés voile tout Tunivers ; Un silence profond règne au milieu des ombres ; L'airain seul douze fois rententit dans les airs.

Les soins sont suspendus, et ma libre pensée, Plus vive maintenant, peut prendre son essor,

Eux ils dorment Mais moi !... dans mon âme isolée,

Un sentiment d'amour veut s'élever encor.

Minuit!.... le bon Jésus, seul dans nos tabernacles, Délaissé des mortels, objets de son amour ; Veille sur leurs destins, prépare ses miracles, Gémit sur leurs écarts, sourit à leur retour.

Viens, daigne visiter mon réduit solitaire, O Sauveur, doux appui de mon infirmité ; Sur moi lance un rayon d'amour et de lumière, Un seul de tes regards fait ma félicité.

Visite encor celui qui vit dans la souffrance, Verse sur ma paupière un sommeil bienfaisant, Ou seulement, dis-lui : Je suis fa récompense^ Et son mal passera moins aigu, moins pesant.

Si quelqu ame frémit d'une crainte funeste, Oh ! va la rassurer, Seigneur, et montre lui De tes Anges sacrés, la milice céleste, Qui veille à sa défense et chasse l'ennemi.

Et s'il est un vaisseau battu j)ar la temi:)ètc, Si de tristes nochers n'attendent que la mort. Parle, commande aux flots, dis à la foudre : Arrctc Conduis-les, ô mon Dieu, toi-même, jusqu'au port.

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