‹ Esquisses poétiquesChapitre 18 sur 55 · MINUIT · texte numérisé non relu

MINUIT

Comble de tes douceurs la Vierge généreuse,

Qui, pour s'unir à toi, sut tout sacrifier ;

Va parler à son cœur, dis-lui qu'elle est heureuse ;

Que tout perdre pour toi. Seigneur, c'est tout gagner.

Mais, va trouver aussi ces âmes si légères. Qui, pour de vains plaisirs, trouvent les jours trop courts ; Qui, d'erreurs en erreurs, toujours plus mensongères. Marchent, sans y penser, au dernier de leurs jours.

Trouble leur faux bonheur, dis-leur bien haut : Tout passe. Et tout ce vain éclat d'orgueil, de volupté, S'écoulera bientôt, pour laisser à sa place L'immense, inévitable, affreuse éternité.

Déjà plus d'un mourant, sur son lit de détresse, Menaçante, la voit s'entr'ouvrir à ses yeux. Il t'implore, ô Jésus ! montre-lui ta tendresse, Et dirige son vol vers les palais des Cieux.

11 viendra pour nous tous, cet instant redoutable, Plein de trouble et d'effroi pour l'obstiné pécheur. Oïl le cœur le plus pur se sent encor coupable.... Alors surtout, Jésus, montre-toi mon Sauveur !

6 Avril 1S71,

A MON AMI

Le Comte J.-J.-E. de Naï\bonne-Lai\a,

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