LA PRIÈRE DE L'ORGUE
Tantôt triste et pensif, il se plaint et soupire, Tel, le vent dans les bois en gémissant expire. Ou redit les accents des anges émanés ; Ou bien, sa voix unie à celle de la foule, Ressemble au bruit confus de l'Océan qui roule Tous ses flots mutinés.
Oui, Seigneur ! nous chantons ta bonté, ta puissance, Ton amour, ta grandeur et ta magnificence. A toi retourne un jour notre esprit immortel ; Et là, sans cesse il nomme en paroles fécondes, Trois fois saint, le Dieu fort, le Créateur des mondes Et le Verbe éternel !
Lui seul est des esprits la splendide lumière Qui dissipe et bannit l'ignorance première ; De sa grâce il soutient ceux qui suivent sa loi . . Si nous reconnaissons sa grandeur immuable, La suprême bonté de sa main secourable. Il nous donne la foi,
Jamais la nuit d'erreur dans laquelle nous sommes Ne fut abandonnée aux caprices des hommes : Comme au temps d'Israël, son œil veille sur nous ; S'il verse au siècle impur un souffle de vengeance, C'est à nous, chrétiens, fiers de notre délivrance. De l'invoquer pour tous.
Source du pur amour où s'abreuvent nos âmes, Ah ! préserve nos coeurs des criminelles flammes, Oui s'infiltrent en eux en levains de plaisirs ! Donne et cette voix forte et ces harpes antiques, Qui célébraient du Ciel les trésors magnifiques Créés par tes désirs.
Montez, montez vers Lui, prières abondantes. Et mêlez-vous au chœur des étoiles brillantes. Vaisseaux d'or naviguant aux océans des cicux : Répandez-vous au trône où résident les anges, Unissez à jamais à leurs saintes louanges. Vos chants mélodieux !
Vte Lescun de Lautrec.
Rio-Janiero, Brésil, 1874.
A MON AMI
Le Vicomte P. Jean Lescun de Lautrec,