PETITE FILLE DE LA VALLEE
Elle n'a pas dix ans, la pauvre créature ! Elle est belle, et promet de letre plus encor ; Ses cheveux ondoyants entourent sa figure Dun cadre blond comme de lor.
Toujours mêmes haillons, au soleil, sous la neige, Ecourtés, ne pouvant couvrir son corps entier : Ses pieds sont délicats, et rien ne les protège Contre la ronce du sentier.
Son père est bûcheron. — Elle, depuis l'automne, Mène paître une vache et prend soin du chalet : Ils ont pour aliments — les seuls que Dieu leur donne — Un peu de pain, un peu de lait.
La pluie, un soir, tombait à torrents de la nue, Et sa mère au logis n'était pas de retour : On ne sait depuis lors ce qu'elle est devenue, Mais on la pleure chaque jour.
Près du chemin battu souvent elle s'arrête. Le voyageur surpris, d'un pas moins diligent, Marche dès qu'il la voit, l'interroge et lui jette, Parfois, une pièce d'argent.
Hélas! pourquoi faut-il qu'une pensée amère Assombrisse toujours un moment aussi doux ! Les yeux sur son trésor, elle dit : — U ma mère ! () ma mère ! où donc ètes-vous ?