‹ Esquisses poétiquesChapitre 30 sur 55 · LA PETITE FILLE DE LA VALLÉE · texte numérisé non relu

LA PETITE FILLE DE LA VALLÉE

Fille de la Savoie ! au sein des forêts sombres, A côté des glaciers, près du flot écumant, Sur le bord des ravins, dans les vais couverts d'ombres, Tu grandiras obscurément.

Tes regards, qui voudraient en vain sonder l'espace, Erreront, arrêtés par l'un et l'autre mont. Des sommets du Tacul, enveloppés de glace, Aux noirs rochers du Sigismond.

Tu mêleras ta voix si douce, si légère, Au bruit de l'avalanche, aux cris que le vautour, Le matin, en plongeant des hauteurs de son aire, Envoie aux échos d'alentour.

Tu braveras les vents, la foudre, les nuages Toujours prêts à verser des torrents sous tes pas ; Heureuse, si plus tard, enfant, d'autres orages Dans ton cœur ne s'éveillent pas !

Nice, Savoie, 20 Janvier 1875.

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