‹ Esquisses poétiquesChapitre 5 sur 55 · D'UN CONDAMNÉ · texte numérisé non relu

D'UN CONDAMNÉ

POËME

Dédié à M. A. DE LAMARTINE.

"ye vous prie de jeter les regards sur ee travail et de

f accueillir Ne dédaignez pas ce présent, si pauvre qu il soit, afin

qu'à mes vers s'attache un peu de crédit.

Qui verra leur patron les croira plus dignes d'honneur^ et, si

par là on ne renonce pas au blâme, du moins, confus., on aura plus de mesure, en pensant qu une œuvre qui s'adresse à vous, doit contenir un certain mérite caché.

Ercilla, L Araucana, Ch. i, 0:t., 111 et IV.

AVERTISSEMENT

On sait qu'il existe sous le titre de : Le Dernier Jour cVun Condamné, un écrit déjà ancien de M. Victor Hugo, et dont il a été dit : « que c'était le plus éloquent plaidoyer contre la peine de mort, r

Personne plus que nous, n'admire les immenses facultés, les talents prodigieux de l'homme extraordinaire que nous venons de nommer, et dont la carrière publique n'est pas encore terminée. Mais à quelque élévation que le placent au-dessus du commun, ses dons naturels si malheureusement dévoyés, nous sommes encore plus éloignés de prétendre le suivre dans ses idées en Morale, en Religion, en Politique.

Qu'on ne s'attende donc pas à rencontrer dans notre faible écrit, rien de commun avec les principes familiers à l'illustre Poète. Loin de nous, l'idée d'essayer, à son exemple, de jeter un intérêt quelconque sur un criminel public.

L'auteur d'un attentat au premier chef contre l'humanité et la société, n'a pas droit à ce qu'on le plaigne trop heureux, s'il a pu personnellement se repentir sincèrement et trouver grâce avant de mourir, aux yeux de l'Eternelle-Miséricorde.

Nous avons donc uniquement eu en vue, de deviner et d'exprimer les dispositions intérieures, les remords, le trouble comme aussi les agitations fébriles, les rêves effrayants qui peuvent assiéger l'âme d'un malfaiteur condamné, à la veille de son exécution.

Le personnage que nous mettons en scène, n'est pas un être fantastique mais bien trop réel : le malheureux '^** qui, il y a quelques années, déshonora son pays par une série presqu'incroyable d'abominables forfaits j double assassinat s^ur la personne d'une femme et celle d'un enfant, avec tentative d'un troisième ; enfin vol et incendie.

Le malheureux, après avoir erré pendant plusieurs jours dans les bois, fut pris enfin par la justice, mis en jugement et exécuté à quelque temps delà.

Comme avant son supplice, il avait eu le bonheur de se reconnaître et de recevoir les consolations de la Religion, nous avons dû mettre dans sa bouche des expressions de repentir ; c'est tout ce qui peut intéresser en sa faveur.

Notre humble travail fut terminé vers le temps de l'exécution du criminel. Quatre ans plus tard, en 1869, nous eûmes bien la prétention d'en adresser un exemplaire en France, à AL de Lamartine, alors retiré des

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affaires publiques et s'occupant dans la retraite à rédiofer ses Mémoires.

M. de Lamartine, comme on le sait, avait été momentanément Président de la République Française, en 1848. Dans cette position, parlant sans doute au nom de ses commettants et collègues, à une époque de révolution il avait été amené par les circonstances, à traiter un jour la grande question de la Peine de Mort. Il prononça à ce sujet, trois discours remarquables qui eurent alors beaucoup de retentissement, et dans lesquels, l'auteur dût sans doute, beaucoup céder au courant des idées alors dominantes ; quelles que pussent être, nous voulons le croire, ses opinions personnelles.

Nous ne fûmes pas assez heureux, pour C|ue notre faible travail, trouvât encore en santé l'illustre écrivain : il ne dût lui parvenir que peu de jours avant sa mort.

De NARBONNE-LARA.

Dijon, Février 1875.

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