‹ Esquisses poétiquesChapitre 55 sur 55 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Harmonieux réseau de lumières et d'ombre ! Là tous les diamants de la rosée en pleurs, Les perles à foison, les opales sans nombre, Dans la neige et dans l'or ou le rubis plus sombre, Frémissaient, et, filtrant de la coupe des fleurs. Allaient du doux feuillage argenter les couleurs.

C'est alors qu'une Fée aux charmantes couleurs, Sortant comme du tronc d'un grand chêne sans ombre, Oui défendait du nord le royaume des fleurs, Apparut à mes yeux encor vierges de pleurs. Elle me dit : Ainsi tu fuis la route sombre, Et de mes ouvriers tu veux grossir le nombre.

Contemple mes trésors, et choisis dans le nombre. Avec art, à loisir, assemble leurs couleurs. Compose ta guirlande, et, si le vent plus sombre En bannit le soleil et les sèche dans l'ombre. Répands-y de ton ame et la flamme et les pleurs : Des rayons immortels jailliront de ces fleurs.

Je vous cueillis alors, chères et chastes fleurs, Et je n'ai plus tenté d'accroître votre nombre.

Celle-là n'a voulu que mon sang et mes pleurs, A qui je destinais vos royales couleurs ; Et je suis revenu, pour vous sauver de l'ombre, Vers la Fée elle-même, avec le cœur bien sombre.

Plus sombre en est le deuil qui s'entoure de fleurs, L'ombre, pour nous calmer, a des oublis sans nombre ; Mais aux couleurs du jour se ravivent les pleurs.

Juillet 1875.

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