‹ Esquisses vénitiennesChapitre 23 sur 23 · EPIGRAMME VENITIENNE · texte numérisé non relu

EPIGRAMME VENITIENNE

Un vent triste et perfide, ô Venise, a souffle

Sur le fard pâli de ta joue, Et la Fortune a fait avec so?i pied ailé

Plus dUc7ie fois tourner sa roue.

Toi qui voyais jadis, comme U7i essaim brîiyant Sorti de tes ruches guerrières,

Vers ta riche beauté revenir d^ Orient

Les fanaux d'or de tes galères /

Un jour, ne V es-tu pas, en robe de brocart, Eblouissant ceux qui Vont vue,

Assise efi ton orgueil et leur offrant leur part, A ton festin, la face nue f

Puis, SOUS le masque ?ioir dont le nocturne atour

Parait ta grâce déguisée, N^aS'tu pas invité le Plaisir et r Amour

A boire à ta coupe irisée f...

U?ie barque de fruits croise sur le canal U7te gondole lente et close;

U71 cyprès noir dans le jardin de r Hôpital Dépasse le haut du mur rose ;

Un vieux palais sourit à V angle d^un campo

De sa façade défardée, Derrière un store jaune d^ocre, un piatio

Estropie tin air d^ « Haïdée » /

Sur la lagune une péotte de Chioggia Étend sa rouge voile oblique

En attendant le vent subtil et doux qui va Se lever de VAdriatiq%ie,

ESQUISSES VENITIENNES I73

Et, Maîtresse des 7ners,j^ évoque U7i te^nps lointain, Venise, où, Reine des rivages,

Tu coiffais d'une cojique d'or le front marin De tes Doges aux durs visages !

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