EPIGRAMME VENITIENNE
Un vent triste et perfide, ô Venise, a souffle
Sur le fard pâli de ta joue, Et la Fortune a fait avec so?i pied ailé
Plus dUc7ie fois tourner sa roue.
Toi qui voyais jadis, comme U7i essaim brîiyant Sorti de tes ruches guerrières,
Vers ta riche beauté revenir d^ Orient
Les fanaux d'or de tes galères /
Un jour, ne V es-tu pas, en robe de brocart, Eblouissant ceux qui Vont vue,
Assise efi ton orgueil et leur offrant leur part, A ton festin, la face nue f
Puis, SOUS le masque ?ioir dont le nocturne atour
Parait ta grâce déguisée, N^aS'tu pas invité le Plaisir et r Amour
A boire à ta coupe irisée f...
U?ie barque de fruits croise sur le canal U7te gondole lente et close;
U71 cyprès noir dans le jardin de r Hôpital Dépasse le haut du mur rose ;
Un vieux palais sourit à V angle d^un campo
De sa façade défardée, Derrière un store jaune d^ocre, un piatio
Estropie tin air d^ « Haïdée » /
Sur la lagune une péotte de Chioggia Étend sa rouge voile oblique
En attendant le vent subtil et doux qui va Se lever de VAdriatiq%ie,
ESQUISSES VENITIENNES I73
Et, Maîtresse des 7ners,j^ évoque U7i te^nps lointain, Venise, où, Reine des rivages,
Tu coiffais d'une cojique d'or le front marin De tes Doges aux durs visages !