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Essai biographique sur Jehan Perréal

L'histoire ressemble bcducoup à la fortune : elle est souvent aveugle et capricieuse.

Que de faux héros^ de faux sages pour lesquels elle se montre prodigue de renommée ! que de noms vénérables ne laisse-t-elle pas dans l'oubli ! Il appartient aux Sociétés littéraires de combattre cette injustice ; c'est, pour elles, un devoir de signaler les

abus où ils se rencontrent, de rétablir les faits harsardés ou erronés, d'encourager la vérité lorsqu'elle tend à se produire.

C'est pour obéir à ce devoir de conscience que je viens vous entretenir d'un artiste peu connu, d'un peintre, d'un architecte lyonnais, de Jehan Perréal, dit Jehan de Paris, lequel a figuré, avec éclat, dans la deuxième partie du XV^' siècle et la première du XVI^» siècle, et pourtant presque ignoré dans sa patrie.

Il est temps de publier la biographie de ce maître auquel la ville de Lyon doit un tribut particulier d'estime et de reconnaissance, soit pour les utiles travaux qu'il y a dirigés, soit pour les services importants qu'il y a rendus comme citoyen.

Les recherches faites jusqu'à ce jour n'ont peut-être pas encore soulevé tous les voiles; néanmoins, je crois qu'on peut maintenant esquisser, à grands traits, cette noble figure artistique, que j'avais déjà contribué à signaler à l'attention publique, dès l'année 1844.

Dans une notice due à la plume érudite de notre confrère M.Péricaudainé, notice qui a été lue au sein de cette assemblée, le 18 février 1858, Jehan de Paris, cité dans le catalogue des Lyonnais dignes de mémoire, où il a trouvé place dans quelques lignes seulement, Jehan de Paris, dis-je, a reçu de vous un accueil très-favorable; mais alors, on ne possédait encore que peu de renseignements sur sa vie et ses ouvrages. Avec le temps et le travail, la lumière s'est faite ; chacun s'est mis à l'œuvre dans le vaste champ des recherches ; les résultats n'ont pas été infructueux.

J'ai l'honneur de vous apporter, aujourd'hui, ma part de ces découvertes faites dans vos archives municipales, pendant l'année 1860. Si, malgré son imperfection, ce travail pouvait mériter vos suffrages pour son utilité, j'aurais atteint mon but.

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