‹ Essai critique sur l'esthétique de KantChapitre 36 sur 118 · Wundt, Vorlesungen tiber Menschen und Thiersesle, p · texte numérisé non relu

Wundt, Vorlesungen tiber Menschen und Thiersesle, p

tion‘. Pour le sentiment maintenant, on sait que, d'après la dernière théorie de Wundt?, il est le timbre de la sensation qui, d'une part, est déterminé par l'intensité de la sensation, mais qui aussi, de l’autre, est dans une dépendance immédiate et extrèmement étroite de l'état total (Gesammtzustand), de la conscience, du développement de l’aperception. C’est là ce qui explique que Wundt définit le sentiment sensible, forme première et essentielle du sentir en général, la manière dont réagit l’aperception sur l'excitation sensible (die Reactionsweise der Apperception auf die sinnliche Erregung). Ce sont ces rapports du sentiment, d’une part, — que nous venons de découvrir, — du vouloir, de l’autre, — que nous avons déterminés tout à l'heure, — avec l’aperception, qui expliquent les liens intimes et indissolubles entre le sentiment et la volonté. L’aperception dépend, en effet, d’un côté, de l'irritation externe ou interne et, de l’autre, de l’état total.de la conscience, tel qu'il est déterminé par des impressions actuelles et des impressions passées. Nous sentons l’aperception comme une action interne et c'est bien là ce qui explique aussi la nature subjective que nous attribuons au timbre de la sensation, au sentiment. Cette action interne maintenant, nous l'avons identifiée avec l'activité de la volonté et, par conséquent, dès la première vue que nous jetons sur le sentiment, nous le trouvons joint indissolublement à la volonté. Dès que nous voulons nous rendre compte de ce que nous éprouvons, quand nous jouissons ou quand nous pâtissons, nous ne pouvons nous l'expliquer que par une tendance vers un objet ou par une répulsion pour cet objet. Les termes de sentiment, d'impulsion, de détermination volontaire, sont mis nécessairement les uns pour les autres, parce que, dans la réalité, ces états psychologiques sont toujours unis, et ils ne peuvent être disjoints par l'abstraction psychologique, que parce que l’aperception réagit, tantôt activement, tantôt passivement, contre les excitations extérieures : dans le premier cas, nous parlons alors de sentiment, dans le second, d’impulsion, d’instinct, de désir ou de volonté 3. D'après ce que nous venons de dire, il semblerait que Wundt admît un état commun et indéfini au début, qui tantôt se manifeste par le sentiment et tantôt par les formes inférieures et primitives de la volonté, l'impulsion, l'instinct, etc. C’est bien là, en effet, la théorie de Wundt dans sa Psychologie physiologique. Pour ‘

4. Wundt, Grundrüge der physiologischen Psychologie, t. I, p. 235 à 241.

2. Wundt a répudié, en effet, expressément la théorie qu'il avait exposée dans la première édition des « Leçons sur l’âme humaine et animale », et d’après laquelle le sentiment serait, en dernière analyse, un raisonnement inconscient.

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