Fechner, Vorschule der Aesthetih, p. 49 et
aucune influence sur le sentiment primitif, el enfin que, comme nous avons déjà eu l'occasion de le dire, le passage du plaisir à la douleur n'a pas lieu à travers un état neutre, parce que des représentations pénibles accompagnent déjà, avant l'apparition de la douleur proprement dite, la représentation primitive !.
2% Si nous en venons maintenant à la dépendance du sentiment de la durée de Ia représentation, il faut distinguer plusieurs cas, selon que la représentation est continue ou intermittente. Si la représentation donnée est continue, il faut avant tout, pour que le timbre émotionnel puisse naître, et surtout puisse se développer dans toute son ampleur, que cette représentation dépasse ce que Lehmann appelle, par analogie avec le seuil intensif, le seuil extensif, extensive Schwelle. { est clair que, pour jouir vérilablement-et d'une œuvre d'art et d'un spectacle de la nature, il ne suffit pas de parcourir rapidement un musée, ou de jeter un coup d'œil rapide et distrait sur un paysage. Il faut, pour qu'une véritable jouissance esthétique puisse naître, que nous consacrions à l'objet contemplé un temps qui varie avec la grandeur et la complexité du spectacle. D'ailleurs, le terme de contemplation, dont nous nous servons quand il s'agit d'une œuvre d'art ou d'un paysage, implique déjà une certaine durée. En effet, il est d'une expérience constante que, plus une représentation est complexe, plus le temps qu'il faut pour en jouir est long. Là encore, il y a un maximum que le sentiment ne peut pas dépasser impunément. Une fois que le timbre émotionnel atteint ce maximum, il va en s'affaiblissant et parait même s'évanouir complètement. La contemplation par trop prolongée, mème de l’œuvre la plus intéressante et du point de vue le plus pittoresque, finit par nous fatiguer. L'affaiblissement incontestable du sentiment de plaisir est dû, ou bien à la diminution de l'intensité de la représentation timbrée, où bien à l'apparition de sensations et de représentations autres, différentes, ou bien à ces deux raisons à la fois. Mais si, par suite d'une trop longue durée, le timbre émotionnel diminue et s'émousse, il n’en disparaît pas pour cela, mais il se modifie : une fois le maximum de durée dépassé, le timbre émotionnel, d'agréable qu'il était devient pénible, le sentiment de plaisir devient un sentiment de peine. Il ne semble pas en être de même pour les sentiments qui sont primitivement désagréables : le maximum de durée d'un sentiment pénible dépassé, le sentiment primitivement pénible n’en devient pas pour cela agréable, et tout au plus arrivons-nous alors à l'insensibilité.
{, Lehmann, Die Hawptgeselze des menscalichen Gefühlslebens, p. 112 à 182,
Quand, à présent, la représentation donnée est intermittente, Fon comprend aisément que si, comme nous venons de le montrer, un sentiment s'émousse quand la représentation demeure dans la conscience d'une facon continue, il doit s'émousser bien davantage el bien plus facilement quand la représentation ne fait qu'y passer. En effet, le contenu de la représentation n’a pas alors le temps de se révéler entièrement à la conscience, ou bien parce que notre altention est dirigée ailleurs, .ou bien parce que, dans l'intervalle des représentations timbrées agréablement, peuvent naître d'autres représentations timbrées désagréablement qui viennent influer sur les premières, ou bien pour ces deux raisons à la fois. Lorsque maintenant la représentation originairement timbrée de plaisir ou de peine est devenue, par de fréquentes répétilions, presque, sans timbre, sa disparition qui, à première vue, semblerait ne devoir exercer aucune influence sur notre sensibilité, est très souvent ressentie à de certains moments comme une peine très vive. C'est là une des lois les plus importantes du sentir en général qui exerce aussi sur le goût une influence considérable, et nous savons tous par notre expérience journalière combien le moindre dérangement de nos habitudes en apparence les plus insignifiantes peut nous causer de peines vives !.
3 Si, après l'examen de la dépendance du sentiment de l'intensité et de la durée de la représentation timbrée, nous abordons celui de la dépendance du sentiment de représentations étrangères à la représentation limbrée donnée, extérieures à elle, nous avons, comme nous l'avons indiqué dans le plan que nous avons tracé au début de notre étude des lois du sentir, à distinguer trois cas. Tout d'abord À: la représentation timbrée et les représentations qui la modifient sont de nature analogue et concernent des objets différents. En effet, c'est un fait d'expérience constante que certaines modifications du timbre d'une représentation donnée dépendent de ce que d’autres représentations étaient présentes dans la conscience ou bien en même temps, ou bien immédiatement avant la représentation timbrée, et dans ce cas ces modifications du timbre sont dues à la parenté plus ou moins grande, aux points de contact plus ou moins nombreux et plus ou moins étroits entre la représentation timbrée et les représentations qui la modifient. C'est ici que tout naturellement trouvent leur place trois des lois de Fechner : les lois du contraste, de la succession, de la réconciliation. Et tout d'abord la loi du contraste que Fechner formule dans les termes suivants : lorsque des excitations, différant en
4, Lehmann, Loc, cit., p, 182 à 197,
LE SENTIMENT ESTUHÉTIQUE 341
quantité ou en qualité, agissent de telle sorte, que nous prenions conscience de leur différence en tant que différence, l'effet émotionnel qu'elles produisent en nous ne peut pas s'expliquer par la somme des effets particuliers qu'elles produiraient sans la conscience de leur différence, conscience qui produit un effet dépassant et modifiant ces effets particuliers. Nous savons tous combien certains sentiments gagnent ou perdent par le contraste, combien au sortir d’une chambre chaude nous sommes saisis par le froid, quelles délices nous éprouvons, après avoir été malades, de jouir du jeu normal de nos organes, combien le blanc nous paraît plus blanc sur un fond noir, le rouge sur un fond vert, etc. Pour tous ces exemples et pour tous ceux que nous pourrions citer, vaut une loi que Lehmann a formulée comme il suit: un sentiment de plaisir devient relativement plus fort quand il s'oppose à des représentations pénibles ou dont le timbre émotionnel est plus faible que ne l’est le sien, et de même un sentiment de peine devient relativement plus fort, lorsqu'il est en opposition avec des représentalions timbrées agréablement ou d'un ümbre désagréable plus faible que le sien propre. Pour que maintenant la première condition que nous avons posée, d'après Fechner, puisse se réaliser, c’est-à-dire pour que la différence des sentiments puisse ètre sentie en tant que différence, il faut d'abord que le contenu représentatif des sentiments soit assez semblable pour que la comparaison soit possible, ensuite qu'il concerne des objets, des phénomènes ou des rapports différents, et enfin, que les timbres émotionnels, liés aux représentations qui modifient la représentation donnée, ne soient pas d'une intensité telle que le sentiment, qui fait contraste, ne puisse pas se faire sentir à côté de ceux-ci. Il est clair, en effet, que, d'une part, entre des représentalions ab<olument différentes, comme, par exemple, une douleur corporelle et la contemplation d'un tableau, il ne peut pas y avoir contraste, parce qu'il n'y a aucune analogie ; que, d'autre part, tant que les représentations particulières paraissent à notre conscience constituer une totalité comme une œuvre d'art ou un caractère, et qu'une seule de ces représentations ne s'oppose pas nettement aux aulres, comme, par exemple, une partie d'une œuvre d'art à d'autres parties, un trait de caractère à d'autres traits de caractère, et qu'enfin quand notre âme est entièrement remplie par un sentiment donné, soit une grande joie, soit uue grande douleur, un sentiment contraire ne peut s'y faire jour, toute conscience de contraste devient impossible ‘. Ajoutons encore, comme dernière condition
1. Fechner, Vorschule der Aesthetik, &. U, p. 231 à 234, et Lehmann, Zoe. cit, 196 à
du contraste ne valant que pour des représentations successives, que quand deux représentations se suivent dans la conscience, le contraste ne pourra influer que sur le timbre émotionnel lié à la dernière des deux représentations. En effet, il est évident qu'un état de conscience qui s’est évanoui ne peut pas être modilié par un état de conscience postérieur.
Les deux autres principes de Fechner que nous avons cités plus haut, les principes de la succession et de la réconciliation esthétiques, æsthetische Folge-et-æsthetische Versühnung, ne sont que des conséquences de la loi du contraste esthétique et de la loi de la dépendance du'sentir de la durée de la représentation timbrée. Pour la première, elle se formule de la façon suivante : si deux ou plusieurs représentations analogues, agréables ou pénibles, différant seulement par l'intensité de leur timbre émotionnel, se suivent, la somme des sentiments de plaisir ou de peine diffère, selon qu'un sentiment de plaisir ou de peine plus faible précède un sentiment de plaisir ou de peine plus fort ou inversement. La plus orande somme de plaisir ou la plus petite de peine qui puisse être atteinte dans les circonstances données, résultera de ce que Fechner et Lehmann, après lui, appellent le mouvement de direction positive, c'est-à-dire le mouvement d'une plus grande peine à une plus petite, où d'un plaisir plus faible à un plaisir plus fort, et, inversement, la plus petite somme de plaisir ou la plus grande de peine résultera du mouvement de direction négative, c'est-à-dire du plus grand plaisir au plus petit ou de la plus petite peine à la plus grande. Une foule de phénomènes bien connus s'expliquent par celte loi très importante. Pour les plaisirs, chacun sait que pour arriver à la plus grande jouissance possible, c'est du plus petit plaisir qu'il faut partir, que, si dans un musée nous commencons par voir une madone de Raphaël, où dans un concert par entendre une symphonie de Beethoven, un dessin même joli ou un air d'opérelte, quelque fringant qu'il puisse être, ne nous causera aucun plaisir. Pour les peines, au contraire, nous avons tous éprouvé qu'une série d'événements pénibles nous affecte d'autant plus que c’est le moins pénible qui apparaît le premier, et que les autres se suivent avec une force toujours croissante, et, qu'inversement, si un grand malheur nous arrive, des peines, qui, à d’autres moments, nous auraient violemment affectés, nous laissent tout à fait indifférents. La légitimité de la loi de la succession semble infirmée par le fait que nous préférons parfois, au lieu de l’ascension lente d'un plaisir faible à un plaisir plus intense, aller tout droit au plaisir le plus violent. En effet, dans le mouvement de direction positive, c'est-à-dire du plus petit plaisir au plus grand,
les plaisirs qui précèdent atténuent et émoussent tout naturellement le timbre de ceux qui suivent, de telle sorte que le maximum, atteint brusquement au lieu de l'être progressivement, nous cause, sinon une somme de plaisir plus considérable, tout au moins une qualité de plaisir plus violente et plus aiguë: ainsi un point de vue qui se découvre brusquement à nos yeux, nous cause une sensalion de plaisir plus violente qu'un paysage qui se déploie lentement et successivement devant nous. D'après Lehmann, cette exceplion résulterait tout naturellement de la loi générale de la succession esthétique. Pour nous, il nous semble que, dans l'énoncé de la loi, il faudrait Lenir compte de l'exception, et ajouter que si la plus grande somme de plaisir est atteinte par un mouvement de direction positive, c'està-dire d'un pelit plaisir à un plus grand, le degré de plaisir ie plus intense et le plus aigu résulte du passage brusque d'un plaisir minime au summum possible du plaisir donné #.
La troisième loi de Fechner, la loi de la réconciliation esthétique, n’est qu'un cas particulier de la loi de la succession. Si deux ou plusieurs représentations analogues mi-agréables ou mi-pénibles, différant seulement par l'intensité de leur timbre émotionnel, se suivent, la plus grande somme possible de plaisir et la plus petite de peine est atteinte, quand le mouvement, dans sa totalité, a la direction positive et, inversement, la plus petite somme de plaisir et la plus grande de peine, lorsque le mouvement, dans sa totalité, a la direction négative. Plus, en effet, Les représentations pénibles ont la direction positive, c'est-à-dire sont groupées de telle sorte qu'elles s'atténuent el s'émoussent mutuellement, plus la somme de plaisir l'emportera sur la somme des peines. S'il ne s’agit que de deux représentations, il faut que la représentation agréable soit la dernière pour que le résultat soit agréable. Si l'on a toute une série de représentations pénibles et une seule agréable, il faut encore que celle-ci termine la série pour qu'elle puisse être renforcée par le contraste avec les représentations pénibles. [Ty a dans ce dernier cas deux groupements possibles : les sentiments pénibles peuvent se suivre dans l’ordre positif, c'est-à-dire en allant du plus fort au plus faible, et alors ils s'atténuent et s'émoussent, mais le contraste entre le dernier sentiment pénible et le plaisir qui le suit est très petit. Ou bien les sentiments pénibles se suivent dans l’ordre négatif, c'est-à-dire vont du plus petit au plus fort, et alors l'effet total, en vertu de la loi de la succession, est la plus grande somme possible de peine, mais le plaisir qui suit la série
1. Fechner, loc. cit., t. IT, p. 234 à 238, et Lehmann, p. 205 à 241.
des sentiments pénibles, est violemment renforcé par le contraste avec ces dernières. Des exemples très frappants de la loi de réconciliation sont la résolution d'un accord discordant par un accord harmonieux, et surtout, dans le drame ou dans le roman, un dénouement heureux venant résoudre tous les malheurs par lesquels le héros et l'héroïne ont passé. C'est une des questions qui ale plus préoccupé tous les esthéticiens, depuis Aristote jusqu'à Wilhelm Scherer, que celle de savoir comment il se fait que dans la tragédie, c'est-à-dire ‘dans une œuvre d'art destinée à nous causer du plaisir, les dramatistes s’ingénient à nous faire assister aux catastrophes les plus effroyables. La loi de la réconciliation esthétique explique tout naturellement cette apparente anomalie. Si la représentation de tout sentiment pénible était exclue d'un roman ou d'un drame, si l’auteur n'opérait qu'avec des sentiments . agréables, notre loi nous révèle que les sentiments agréables s’émousseraient et s’atténueraient mutuellement, et que de cette accumulation de plaisir naîtrait fatalement, en dernière analyse, un sentiment pénible, tandis qu'au contraire, dans un drame aussi angoissant que par exemple le roi Lear, une seule scène apaisante, comme la scène du revoir de Cordelia et de son père, prend un relief on ne peut plus saisissant, et nous fait oublier toutes les tortures par lesquelles nous avons passé !.
B. Après avoir examiné, dans l'étude de la dépendance du sentiment de représentations étrangères à la représentation timbrée donnée, les cas où la représentation timbrée et les représentations qui la modifient sont de nature analogue mais concernent des objets différents, nous arrivons maintenant aux cas, où la représenlation timbrée et les représentations qui la modifient concernent encore des objets différents, mais sont de nature dissemblable. Il faut distinguer dans cette étude deux cas, selon que les représenlations sont simultanées ou successives. Nous commencerons par les représentations simultanées et nous poserons pour elles la loi suivante. Si plusieurs représentations simultanées, de nature dissemblable, sont accompagnées de timbres émotionnels d'intensité différente, c'est en règle générale, à moins que l'attention ne soit dirigée volontairement sur une représentation déterminée, celle dont le timbre est le plus fort qui émerge dans la conscience : un grand chagrin fait oublier des douleurs physiques même violentes, la beauté intrinsèque d'un lied de Schumann ou de Grieg nous fait passer sur le timbre désagréable de la voix qui l'interprète. Si, au contraire, plusieurs représentations simultanées, de nature dissem
1. Fechner, Zoc, cit., t. Il, p. 238 à 241, et Lehmann, p, 210 à 243,
blable, sont accompagnées de timbres d'intensité à peu près égale, il faut distinguer deux cas, selon que le timbre émotionnel est entièrement soit plaisir, soit peine, ou selon que les deux timbres de plaisir et de peine coexistent. Dans le premier cas, il se produit un phénomène psychologique que l'on à appelé le mélange de sentiments, Gefühlsmischung ; dans le second, il se produit ce qu'on pourrait appeler un échange de sentiments, Gefüllsumtausch. Les exemples de mélanges de sentiments sont aussi nombreux que bien connus : lorsque, dans une représentation théâtrale nous essayons de nous rendre compte de ce que nous éprouvons, nous constatons en nous la présence d'une foule de sentiments agréables résultant de l'éclairage brillant, de la beauté et de la loilette des spectatrices, de la beauté et du costume des actrices, du jeu des acteurs, de la musique, et enfin et surtout de la pièce représentée, sentiments dont aucun, à moins que par un acte de volonté nous ne dirigions sur lui notre attention, n'occupe séparément notre conscience, mais qui se mêlent et se fondent si inlimement, qu'il nous est impossible d’en faire l'analyse. Quant à l'échange des sentiments dans lesquels des représentations agréables et pénibles sont données simultanément dans la conscience, il se peut parfaitement que les sentiments de plaisir d'une part et les sentiments de peine de l’autre s’attirent entre eux et forment des mélanges, mais entre les deux groupes de sentiments agréables et de sentiments pénibles, il ne peut s'établir aucune liaison et ils allernent dans la conscience.
Si nous examinons maintenant le cas des représentations successives, nous savons que quand deux représentations se succèdent dans la conscience, ce n’est que la dernière qui peut être renforcée par contraste avec la première, et jamais inversement : il est évident qu'il ne peut pas y avoir de réaction d'un état de conscience qui n'existe pas encore sur un élat de conscience donné. Il s'agit donc de rechercher quelle influence peut exercer un état de conscience déjà évanoui sur un ou plusieurs états de conscience précédents. Nous savons que très souvent un incident futile suffit à produire en nous des mouvements de bonne ou de mauvaise humeur qui peuvent persister très longtemps dans la conscience, et timbrer de facon particulière nos sentiments : c’est là un phénomène que l'on a appelé l'expansion des sentiments. Il semblerait, d'après cela, que tantôl un sentiment peut disparaitre avec la représentation qui l’a causé; et tantôt persister isolément dans la conscience. Mais il n'en est rien. Si un état d'âme persiste après l’'évanouissement de la représentation primilive, c'est que cette représentation à dù, avant de disparaître, produire en nous,
par associalion, d'autres représentations données du même timbre émotionnel qui, ou bien persistent dans la conscience, ou bien produisent à leur tour d'autres représentations avec les timbres émotionnels correspondants. De cette façon une représentation peut produire dans la conscience, grâce à cette production constante de reproductions nouvelles, un timbre émotionnel déterminé qui peut agir à son tour de différentes façons sur des représentations données du dehors et modifier leur timbre, et ce timbre émotionnel sera accompagné, comme toute émotion, de changements organiques qui eux-mêmes sont accompagnés de timbres émotionnels très caractéristiques. Nous arrivons à comprendre ainsi tout naturellement, comment un sentiment peut agir sur des états de conscience qui lui succèdent, el nous pouvons poser comme loi que, si une série de représentations faiblement timbrées alterne rapidement dans la conscience, les timbres émotionnels n’ont pas d'influence constatable sur les états de conscience qui leur suecèdent ; si, au contraire, une représentation timbrée de plaisir ou de peine reproduit d'autres représentations, et, en particulier, des sensations organiques du même timbre émotionnel, il naîtra une expansion de sentiments, c'est-à-dire les sentiments reproduits agissent même après la disparition du sentiment primitif sur les états de conscience qui lui succèdent".
C. Il nous reste enfin à examiner le troisième cas de la dépendance du sentiment de représentations étrangères, où la représenlation timbrée et les représentations qui la modifient, au lieu de concerner des objets différents, concernent le même objet. Là encore, il y a plusieurs moments à distinguer. Nous commencerons par l'examen des timbres émotionnels produits par le rapport de représentations agissant de concert. Jusqu'à présent nous avons trouvé que le timbre de la représentation timbrée ne se modifie d'une façon sensible que si les représentations, qui agissaient sur celle-ci, sont accompagnées, elles aussi, d'éléments émotionnels. Nons n'avons pas trouvé d'exemple de représentations non limbrées modifiant Pélément émotionnel lié à une représentation. À présent, où nous étudions les sentiments naissant en nous quand la représentation timbrée et les représentations qui modilient celle-ci concernent le même objet, nous verrons que le rapport réciproque des représentations, abstraction faite de tous les éléments émotionnels dont celles-ci peuvent être accompagnées, peut provoquer à lui tout seul un élément émotionnel, qui peut alors agir de concert avec les timbres liés aux différentes repré-