‹ Essai Critique sur le Droit d'affirmerChapitre 3 sur 32 · ET DU CONNAÎTRE · texte numérisé non relu

ET DU CONNAÎTRE

Le réel, c’est le vrai, et le vrai, c’est l’affirmé. L’acte d'affirmer contient la position du droit d'aflirmer, qu’on se réfère à la conscience empirique ou qu’on s'élève, de celle-ci, à la pensée forme pure, à la pensée en soi, dont Ja pensée concrète, s’il est vrai qu'elle existe, doit se reconnaître dépendante. Ni inductivement, ni déductivement, les conditions de l’affirmation normale et nécessaire ne peuvent être établies avec certitude ; cependant la conscience empirique elle-même invite le philosophe à reconnaitre que l’esprit humain est invinciblement dogmatique ; en partant d'elle, on peut établir l'extrême probabilité de la vérité du dogmatisme par des raisons de nature psychologique. Mais si l’on s'élève à la notion de la pensée forme pure, de l’affirmation en soi, le dogmatisme échappe en principe à toutes les objections que soulève l'observation psychologique à l’endroit des certitudes les plus fortes et les plus immédiates elles-mêmes. Fécondité de ce point de vue: l’analyse de l’idée de l'affirmation conduit à poser que l’être est et même que la pensée est son essence. La règle souveraine d’une philosophie fondée sur un tel principe est le principe d'identité. Accord de cette philosophie avec les principales doctrines philosophiques, avec les sciences, avec le sens commun lui-même.

Quelque opinion que l’on professe sur la nature des choses, il faut reconnaître tout d’abord au métaphysicien le droit de les considérer comme de simples objectivations des idées que l'esprit tient pour vraies; quiconque traite de mathématiques, de physique, de psychologie ou de philosophie première, projette en quelque sorte dans l’absolu et les principes et les résultats de sa pensée; il y projette aussi les idées intermédiares qui lui ont servi à passer de ceux-là à ceux-ci, car la pensée prétend reproduire idéalement la genèse des faits et des choses, à moins qu'elle n’aille plus loin encore: elle peut en effet vouloir absorber en elle les phénomènes, ou bien s'identifier avec

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