LATTES
Mais notre devoir est de citer loyalement les faits connus
déjà et réunis dans le remarquable ouvrage de Chipault, ceux
recueillis épars dans la Presse médicale de ces dernière années
et enfin les quelques observations que nous apportons et d’en
tirer après un scrupuleux examen des résultats la conclusion du problème tel que le pose notre thérapeutique actuelle.
ARTICLE PREMIER. — Laminectomie simple
Nous croyons essentiellement logique de suivre dans l'étude de la laminectomie, les divers perfectionnements apportés par les auteurs et de donner après chacun d’entre eux les résultats heureux ou malheureux qui en découlérent.
Sans nous attarder dans la description des incisions cutanées : longitudinale paraépineuse d’Ollier, complétée de deux incisions perpendiculaires de Thornburn et de Able; incision en H de Jones et Delorme, en I de Smith, en T de Tillaux, en U de Demons et Duncan, disons de suite que les modes opératoires variérent d’une façon importante quand on eut découvert la lésion, cause présumée de la paraplégie.
Après là section et le décollement des muscles, le périoste étant décollé des apophyses épineuses et des lames suivant la méthode d’Ollier, et les tissus interépineux détachés, si on l'a jugé convenable, on attaque la couverture postérieure du canal rachidien par le trépan ou mieux par la pince emporte-pièce de Mathieu, à mors plat et sans rebord saillant, on enlève alors les esquilles, sequestres, fongosités, situés entre los et la dure-mère; c’est là ce que fit au début Able en mai 1888 et ayec un plein succès puisque en 1890 son malade était totalement guéri, c’est ce que fit A. Chipault en 1890, dans le service
En Con
de M. de Saint-Germain sur une fillette de quatre ans et demi, atteinte de mal de Pott des premières vertèbres dorsales avec periméningite. Ilouvrit d'abord une poche tuberculeuse souscutanée, suivit un diverticule qui y arrivait, pénétra dans un second abcès en contact avec les arcs, enleva une lame et une apophyse articulaire dénudées et rugueuses, gratta un foyer de péri-méningite tuberculeuse postérieure et enleva des fongosités ; après cautérisation, drainage et pansement, les phénomènes de compression médullaire traduits par une rétropulsion du globe oculaire gauche avec chute de la paupière supérieure, s’amendèrent, disparurent, et la guérison persiste depuis trois ans.
Empruntant à Chipault les observations qu’il cite dans son ouvragenous voyons que Roux, de Lausanne (obs. XLT, dans un déplacement osseux lent du mal de Pott avec paraplégie incomplète fit une résection d’arcs, sentit la moelle refoulée en arrière par la saillie des corps vertébraux, draina, mit l’opérée dans une gouttière de Bonnet. Après plus d’un mois, sa malade sortie avec la plaie opératoire guérie, mais les accidents moteurs s'étaient aggravés.
Chipault (0bs. XLID dans un cas de paraplégie brusque par fracture dans le mal de Pott, réséqua l’arête osseuse d’un corps vertébral comprimant la moelle, enleva quantité de fongosités et n’obtint aucune amélioration, un mois et Jemi après son opéré mourut de pneumonie.
Enfin nous donnons ici une observation personnelle recueillie dans les services de MM. les professeurs Demons et Pitres.