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OBSERVATION (Personelle).
Gibhbosité dorso-lombaire. — Paraplégie. — Douleurs dans les membres inférieurs. — Contractures. — Laminectomie. — Amélioration des - phénomènes douloureux.
Fouq... Jules, 37 ans, journalier. Entre à l’hôpital Saint-André le 16 juin 1894, salle 16, dans le service de M. le professeur Pitres. Il peut à peine marcher et éprouve de violentes douleurs dans le dos et les membres inférieurs, surtout le membre inférieur gauche.
Il ya un an, raconte le malade, en faisant un effort pour lever un fardeau, il énrouva une violente douleur dans la région dorso-lombaire et perçut un craquement (?). Après quelques jours de repos, il reprend son travail, mais constate l’apparition dans le dos d’une légère saillie osseuse qui depuis alla toujours en augmentant.
Environ huit mois après cet accident il commença à éprouver de violentes douleurs dans les membres inférieurs et dans la région lombaire, en même temps la marche devenait difficile, rapidement fatigante et bientôt il dut s’aliter, il resta chez lui pendant trois mois, puis, devant l’aggravation constante de son état entra à l’hôpital.
C'était la première fois qu’il était malade ; sans être d’une santé très robuste, il n’avait jamais eu aucune affection notoire, d’ailleurs ses antécédents héréditaires comme ses antécédents personnels sont excellents :son père est mort subitement à soixante-dix ans, sa mère est morte à cinquantehuit ans d’un abcès du sein et tous deux n’avaient jamais été malades. Il a une sœur vivante encore et bien portante. Donc nous ne relevons pas de diathèse tuberculeuse dans sa famille.
À son entrée à l'hôpital on constate une émaciation notable des membres inférieurs, les masses musculaires de la cuisse sont flasques, le malade lève avec difficulté les pieds au-dessus du pan du lit, mais il fléchit le pied sur la jambe et la jambe sur la cuisse, il peut croiser les jambes, la marche est possible pourvu que l’on soutienne le malade. Miction et défécation normales.
Du côté de la sensibilité, le malade accuse des symptômes plus accentués, les douleurs qu’il éprouve, dit-il, sont intolérables et vont en s’irradiant le
to long des membres : intolérables également les douleurs qu’il éprouve dans la région lombaire. Mais un examen très attentif de la sensibilité nous fait trouver des zônes d’anesthésie et d’hyperesthésie,des rerversions de la sensibilité, un corps froid lui donnant la sensation d’un corps chaud, avec des délimitations analogues à celles que l’on rencontre dans l’hystérie qui a une grande part dans les symptômes relevés chez notre malade.
Il fut aussitôt soumisjà un‘traitement médical consistant en : repos, frictions, pointes de feu, mais il ne s’améliore nullement, et les souffrances continuelles qu’il éprouve aggravent son état, il perd l’appétit, maigrit considérablement; alors apparaissent des contractures dans les membres inférieurs, les réflexes sont notablement exagérés, la marche devient de plus en plus difficile, toutefois il peut encore aller jusqu'aux cabinets en s’appuyant aux objets qu’il rencontre sur son passage.
Le malade réclame une intervention et le 7 février 1895 il est transéaté salle 18 dans le service de M. le professeur Demons, on lui applique un corset en plâtre qui est laissé en place pendant deux mois, à ce moment on l’enlève et on ne constate aucune amélioration. °
En mai 1895 on procède à lalaminectomie: incision en U du professeur Demons formant un lambeau à volet supérieur, dénudation et résection sous-périostée par la méthode d’Ollier des lames de deux vertèbres, au niveau du pédicule vertébral d’un côtè et de l’apophyse épineuse de l’autre. La dure-mère apparaît garnie par places de granulations taberculeuses qui sont soigneusement grattées avec la curette et enlevées. On pousse ce grattage aussi loin que possible.
On ouvre alors la dure-mère pour voir s’il n’y avait pas de fongosités ou de pus comprimant la moelle, on ne trouve rien, mais au cours de cette intervention, du liquide céphalo-rachidien s'écoule en assez grande abondance par une ouverture faite à la pie-mère et à l’arachnoïde, on ferme de suite cette ouverture.
Réclinant alors la moelle on trouve à la face antérieure du canal rachidien,un volumineux sequestre osseux appartenant à la face postérieure du corps vertébral,formant chevalet et comprimant la moelle, on l’enlève en entier avec quelque difficulté, chaque fois que les nerfs rachidiens étaient touchés, une commotion assez forte secouait l’opéré.
Aucun accident immédiat ou consécutif ne succéda à l’écoulement du iquide céphalo-rachidien.
On ferma la plaie, on sutura sais drainer, on fit un pansement antiseptique et on coucha le malade dans une gouttière de Bonnet.
Le résultat opératoire ne se fit sentir que lentement, car le malade éprouvait encore quelques jours après son opération les mêmes douleurs,
RES mais elles commencèrent bientôt à diminuer d'intensité, et quand vingt jours après, on le sortit de la gouttière avec la plaie à peu près totalement cicatrisée, elles étaient devenues supportables, la marche ne s'était que fort peu améliorée |
Le 19 août 1895 on évacue la salle 18 et notre malade revient à la salle 16 dans le service de M. le professeur Pitres, les douleurs vont toujours diminuant mais n’ont pas disparu tout à fait.
À notre rentrée en septembre 1895 le maladeaccuse encore des douleurs surtout dans le membre inférieur gauche, qui d’ailleurs fut toujours plus douloureux que l’autre; l’aspect général n’est pas très bon, les jambes sont amaigries, les muscles flasques, le malade peut faire quelques pas tout seul, sa démarche est un peu hésitante, les contractures ont disparu depuis longtemps.
Quant à la sensibilité, elle présente les mêmes troubles hystériformes que ceux observés avant l'intervention chirurgicale, mais les douleurs ont beaucoup diminué.
Il est évident que notre malade à retiré un bénéfice considerable de linterventien chirurgicale, la seule certainement, les faits le prouvent, qui eût une efficacité et pouvait en avoir une, mais combien lente cette amélioration, résultat qui paraît en contradiction avec l’idée émise par Chipault à savoir que « dans les cas de compression osseuse lente elle donne des succès rapides presque immédiats » il est vrai qu'il ajoute : « mais promptement compromis par l’ultérieure prolifération ; dans le tissu préméningé des fongosités tuberculeuses » peut être est-ce à cette dernière influence qu’il faut attribuer l’incomplète guérison de notre opéré et assistera-t-on à une récidive de ses accidents d'autant plus que les tubercules grattés au cours de l’opération n'étaient probablement pas les seuls. Voilà un succès de la laminectomie mais avec combien de réserves devons-nous l'enregistrer !
M. le Docteur Vincent de Lyon a l’amabilité de nous communiquer dans sa lettre que nous reproduisons à la fin de notre travail deux cas de paraplégie pottique dans lesquels il inter-
or es vint par la laminectomie alors que l'extension n'avait amené aucun résultat. Dans le premier il n’y avait « pas d’abcès, mais » seulement de la matière caséeuse plein le canal autour de la » moelle. Le petit paralytique a récupéré lentement les mou- » vements et aujourd’hui, il trotte comme un lapin. »
Dans le second cas, il n’y avait pas d’abcès apparent mais un état général grave: escharres, œdèmes, fièvre. Le rêpos n’amenant aucun résultat, une laminectomie fut pratiquée. L’axe médullaire avait été complètement détruit, le malade ne retira aucun bénéfice de l'opération qu’il supporta bien et mourut quelques semaines après de granulie. ;
Voyons maintenant les faits apportés par Chipault : Dans l’observation XLIII il rapporte l’histoire d’un enfant de huit ans auquel il resèque le 5°, 6°, 7° et & arcs dorsaux pour une paraplégie pottique datant de plusieurs mois. Après la résection des arcs les méninges firent hernie par la brèche et la résection de la partie postérieure du canal fut continuée jusqu’à ce que la moelle ne parut plus comprimée. Un drain fut mis à la partie inférieure, un pansement au salol et un corset platré appliqués. Quelques jours après le drain fut enlevé puis la guérison s’accentua, resta stationnaire et ce malade suivi pendant plus de deux ans a présenté des alternatives de guérison et de rechutes jusqu’à complet rétablissement dela paraplégie attribuée à la compression de la cicatrice opératoire sur le fourreau méningé.
Dans l’observation XLIV communiquée à Chipault par le Docteur Jalaguier, ce dernier chirurgien pour une paraplégie due à un mal de Pott dorsal réséqua les apophyses épineuses et les lames des 3°, 4° et 5° vertèbres dorsales, curetta un foyer tuberculeux, une amélioration passagère succéda à cette intervention et les accidents plus ou moins accentués qu'auparavant reparurent.
‘Dans l'observation XLV communiquée à Chipault par
M.Gross de Nancy,estcitéel’histoire d’un enfant de treize ans et demi, atteint de paraplégie pottique survenue récemment et en très peu de temps et ayant abouti à une paraplégie complète, | les lames et les apophyses épineuses de la 1° dorsale et de la 7° cervicale furent reséquées, une légère amélioration s’en suivit, mais cette amélioration disparut rapidement et l’état antérieur se rétablit tel qu’il était.
‘Si maintenant nous jetons un coup d'œil d'ensemble sur la statistique suivante extraite de louvrage de Chipault nous voyons que les résultats de la simple laminectomie avec ou sans drainage ont été excessivement variables et nous ne nous occupons ici, naturellement que des interventions faites pour la paraplégie.
Mayer 1846 fait la Laminectomie simple Mort Maisonneuve 1860 Insuccès Ollier 1882 2 Laminectomies 2 morts Jackson 1882 Laminectomie Amélioration Fornari 1883 3 Laminectomies 3 morts Mac Even 1883 5 — 1 Amélioration 1 Insuccès 1 mort Mac Even 1883-90 4 — 3 morts 1 GUERISON Kraus 1886 il — Mort Scœnborn 1887 À — Mort Wright 1888 1 — Insuccès Demons 1888 1 — Mort Duncan 1888 î — et drainage Amélioration Richardson 1888 1 — Mort White 1888 1 — Mort Horsley 1838-89 vi — 1 GUÉRISON 4 Mort 4Améliorations 1 Insuccès Kraske 1888-89 î — 4 Mort Schede 18838 4 — et drainages 4 Morts d — simple 1 Insuccès Laurentz 1889 2 — simples 1 GUÉRISON
4 Insuccès
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