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CHAPITRE II

La reconnaissance du sentir comme lacullé iiidépendanle du e(»niiailre et du désifer première racine de resthéti(|U(' kanticinie. — Kant n'a pas fait la critique du sentiment. — Caractéristi(pie du sentir: 1" be sentinieiit fnrinr le lien entre le connaître et le désirer, enln; le monde des pli.'iininenes el le ni. .mie de> noumènes. 2° Le plaisir est le sentiment de l'ellurt \ilal et est. |.ar rMiisr<pieiit. tmi jours précédé de douleur. > Le i)laisir est la n présciitaliHn de Wirrord .le r..|.j.-( ou de l'action avec les conditions subje.-lives de la \\r. '." !,.•>. représentai!.. n-, «pu sont considérées comme causes du mainti.-n d.- leur .vist.nre dans un sujet, omit des plaisirs et inversement, o» Le plaisir .-t la pein.- s..nt .•ss,.iili.ll.'ni.nt itHStbla

et ne }>euv('iit jamais devenir des ErkenntnmstUcke. 6» Le plaisir et la peine sont irréductiblement subjectifs. — Il fallait examiner les rapports du sentiment et de la volonté, du sentiment et de la connaissance , 29

I. Rapports du sentiment et de la volonté. Jus(iu'au xvii" siècle le sentiment est réduit cl la volonté : pour démontrer leur indépendance réciproque, il faut démontrer 1" Qu'il y a des sentiments (jui ne jaillissent pas nécessairement d'un désir et qui n'en soient pas nécessairement accompagnés et : 2° qu'il y a des désirs qui ne jaillissent pas nécessairement d'un sentiment et qui n'eu soient pas nécessairement accompajs'nés. — 1° Théorie du désintéressement absolu du sentiment esthéti([ue : ce sentiment n'est accompagné d'aucun désir, quel «pi'il soit. — Kant, distinguant entre une faculté de sentir inférieun^ et une faculté de sentir supérieure, il faut distinguer deux cas : a) Pour la faculté de sentir inférieure, elle se rapporte toujours, selon Kant, à la faculté de désirer, ou comme à son motif, ou comme nécessairement unie à ce motif. — C'est la théorie même de la psychologie contemporaine, de Bain : tout sentiment s'accompagne nécessairement de mouvement, forme inférieure et préparatoire de l'action, b) Pour la faculté de sentir supérieure, Kant conteste l'indissoluble liaison avec le désir. 11 oppose au sentiment élevé du Beau, l'appétit brutal de possession matérielle. Hiérarchie des désirs comme des émotions. — 2° Pour la faculté de désirer inférieure, elle est toujours accompagnée de sentiment, de même la faculté de désirer supérieure, la volonté, pour devenir mobile, doit pouvoir être sentie : le sentiment intelligible moral. — Tout désir est-il vraiment nécessairement accompagné de sentiment ? Théorie autogénitique de la volonté. Les impulsions primitives peuvent se passer de toute excitation émotionnelle : a Mouvements initiaux de l'enfance, 6 mouvements isolés de certains de nos organes. — Objections : a Les mouvements initiaux de l'enfance, en apparence spontanés et inconscients, ne sont ni entièrement spontanés, ni absolument inconscients, ê. Les impulsions « isolées » sont, en réalité, toujours « agrégées». — Lequel du rudiment de l'acte volontaire ou du sentiment précède toujours l'autre ? Difficulté de la question : la vie psychologique n'est pas un mécanisme, mais un organisme. — Théorie de Wundt : la volonté et le sentiment sont précédés tous deux de Vaperception, réponse psychologique de l'excitation extérieure. — Objection : il ne faut pas partir dé l'excitation extérieure, mais de l'excitation intérieure, des Gemcingefilhle, des sentiments organiques, qui sont toujours des émotions agréables ou pénibles 32

II. Rapports du sentiment et de la connaissance. — Théories Intellectualistes du sentiment. — Théorie de Kant : le sentiment ne peut jamais devenir un Rrkenninissstikke, le plaisir est le sentiment de la vie favorisée, la peine le sentiment de la vie entravée. — Objections : 1" N'y a-t-il pas déjà, dans ce sentiment de la vie favorisée ou entravée, un connaître ? 2° Le Jugement, donnant sa loi au sentiment, Kant ne réduit-il pas, au fond, toutes les énergies de l'Ame à la faculté de connaître dont dériveraient et le désirer et le sentir ? — Réponse : 2o Vices du tableau placé à la lin de l'Introduction et de la Critique du Jugement. — 1° Deux tendances inconciliables chez Kant : d'une part, il insiste sur l'indépendance absolue du sentir et de la connaissance et de la volonté, de l'autre, en faisant du sentiment « une faculté de discerner et de juger qui rapproche la représentation donnée de toute la faculté rei)résentative », il semble réduire le sentiment à un acte intellectuel. — Le sentiment et la conscience. Théorie kantienne de la conscience : la conscience eminricpie et la conscience logique. La conscience logique est la forme suprême de tout connaître. Rapports de la conscience empirique et du sentiment. Le sentiment, pour Kant, semble antérieur à toute conscience proprement dite, à toute scission en Mol qui ailecte et on Moi (jui est atfecté ... Ijl

III. Théorie intellectualiste du sentiment de Herlart : le sentiment s'explùiue par le rapport des représentations, c'est la prise en conscience de l'état de pression de la représentation. — Objections : a) Les Herbaticns ne sauraient expliquer pourquoi la prise en conscience de l'état de pression de la représentation produit le sentir. — h) La représentation ne peut pas expliquer le sentiment, qui, d'après Herbart luimême, est un facteur absolument élémentaire de la vie psychologitjue. — Théorie de Volkmann : l'acte de représenter et l'acte de sentir sont des phénomènes psychiques ditlerents que relie la façon dont nous en avons conscience ..... 66

IV. Théorie de la conscience de l'école de Herhart, et véritables rapports entre la conscience et le sentiment. Distinction entre la Vorstellung et das Vorstellen, conscience de la représentation et conscience de l'acte de représentation. — Objections : a\ La distinction entre la Vorstellunfj et das Vorstellen est inadmissible, b) La vie psychique étant réduite par les Herbartiens à la représentation, il doit y avoir aussi représentation du sentiment. — Le sentiment ne pomant être expliqué par la conscience, il faut expliquer la conscience par le sentiment. Théorie de Horwicz. La conscience est essentiellement constituée par l'aperception ; or n'est aperçu et même perçu par nous, que ce qui nous est airréahlc

ou pénible -jg

V. Théorie du sentiment. — Le sentiment sensible. Théorie de l'irritabilité de Wundt : ce sont les effets physiologi(iues de l'irritation dans le sens centripète qui, lorsqu'elles sont conscientes, constituent les sentiments et les sensations. L'irritation est un mouvement auquel sont applicables les lois de la mécanique générale. — Loi de la conservation du travail. Le travail réel et le travail virtuel : la somme du t)'avail réel et du travail virtuel reste constante.- Le travail virtuel est un travail moléculaire int\ernc. Ce travail est positif ((uand il est réalisé par des combinaisons relativement fixes des molécules chimiques de la substance nerveuse, et négatif quand il est dépensé par la destruction des coml)inaisons instables de ces molécules. L'irritation accroît et le travail positif et le travail négatif des nerfs. — Effet de l'irritation sur l'orirane nerveux central : dans les fibres des nerfs prévaut le travail positif, dans l'oriraiie nerveux central, le travail négatif. — Le système nerveux a deux fonctions essentielles : recevoir des Impressions extérieures — sentiment et sensations, — et transformer en mouvements sa réserve de travail accumulé — mouvement — 82

VI. Théorie du sentiment. — L'accumulation de travail virtuel correspondant plutôt à un état de réparation, c'est-à-dire de bien-être, et la déi»ense de force vi>c à un état d'usure, c'est-à-dire de fatigue de la substance nerveuse, ne peut-on pan conclure (lue le concomitant psychique de tout travail de la substance nertcusc est le sentiment sensible, le concomitant psychique du travail virtuel le plaisir, et celui du travail positif la douleur? — Objections : 1" Tons 1rs plaisirs aJLMis exigent une dépense considérable de forces et la simple aceuniulation de forces peut causer une sensation pénible. 2'>l)e simples processus chimiques ne sulliseiit pas à expliquer le sentiment. — L'irritation lient varier en (|nantite et en .pialite. Le sentiment dépend de la (piantité, d.; l'intensitr de l'irritation. - De quelle quantité ? Echelle de Wumif. Objections : a) Tons les j.laisirs aigus e\i;:enl une force nerveuse considérable, b). Il n'y a pas une inl.nsilé moyenne drleiiiiMiee. capable de mettre nos organes dans un état d'e.inilil.re. - Le sinq.l.- raïqmrt d'intensité de l'irritation incapable de eorislilner nne th. ..ri-' du wri.iiiii.nl. Considérations téléolo|,n(|ues : Le sentiment sensible est lu r<<act,;n tmmCdtate rt spontanée de Voryanisme en face d'un choc du monde extérieur, en tant pir ce choc est favorable ou nuisible à l'oryantsme. — ()h.jerliuiis : y. Il > ■• de. cUu.r> nuiHiJ.le. qui nous paraissent a,i,TéabIes : Képons.- !.• s.\>leme nerveuv ne.l |MM.ro|.lir-

ti(iue. 6. Cette théorie n'est-elle pas, elle aussi, intellectualiste? Réponse ; il est impossible de se représenter un bien-tHre qui ne soit i)as senti. — Subjectivité absolue du sentiment. — Evolution du sentiment subjectif à la connaissance objective.— Sensibilité de l'enfant et de l'artiste 91

VII. Résumé. — Le sentiment, éliminé et de la sphère de la connaissance et de celle de la morale, ne remplit tout son rûle que dans la sphère du Beau. — Chez Kant, le sentiment est absorbé par le Jugement 104

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