‹ Essai critique sur lesthétique de KantChapitre 37 sur 137 · Bain, Le$ Émotiom et la Volonté, p · texte numérisé non relu

Bain, Le$ Émotiom et la Volonté, p

Toute la question est de savoir si les mouvements spontanés, les impulsions primitives, qui constituent le rudiment de la volonté, peuvent se passer de l'excitation émotionnelle, sont véritablement spontanées, ou bien si elles résultent nécessairement de l'intervention du sentiment. Bain explique nettement le développement de la volition par une spontanéité indéterminée, par l'existence d'impulsions centrales, indépendantes de toute excitation émotionnelle. « Il est suffisamment évident qu'il y a, dans notre constitution, ce qu'on peut appeler une tendance à déployer notre puissance musculaire en l'absence de toute impulsion émotionnelle. Et comme cette tendance est un fait naturel (genuine) et distinct, elle nous paraît être pour la volonté un point de départ meilleur que ne le seraient les mouvements émotionnels K » Bain cite, comme preuves de sa thèse, les mouvements initiaux de l'enfance, l'activité impatiente des membres jeunes et actifs du règne animal, l'efTort locomotif, l'effort musculaire des bras, des mains, du tronc, du cou, de la tète, de la bouche, des traits, le jeu de la mAchoire, l'émission de la voix, etc. De plus, Bain se prévaut de ta néccssit«5 d'une impression iso/ée, au premier moment, et distincte des impulsions agrégées. Or tout courant émolionnel communique tout d'abord le mouvement ù un assez graïul nombre d'organes, et, par. conséquent, si toute action était provoquée par une excitation émotionnelle, jamais une action isolée et indépendante ne pourrait se produire. Or cet isolement et cette indépendance existent manifestement, bien qu'ils soient inégalement répartis : par exemple, le mouvement de l'index, du pouce, de la voix, de la langue, de la bouche, de la mAchoire •, etc.

Que faut-il maintenant penser de celte théorie que l'on peut appeler, (|ue Wundt a appelée la théorie autogénétique de la volonté, par opposition à la théorie hétérogi'nétique, qui, elle,, explique la volonté soit par le sentiment, soit surtout par l'intelligj'uce. Les deux arguments principaux auxquels se réduit la discussion di» Bain sont, d'une part, l'existence chez l'animal et chez l'honune de mouvements absolument spontanés, échappant à la prise de la conscience et indépendants, i)ar conséquent, de tout état émotionnel ; et, en second lieu, la nécessité d'admettre, avant tout état émolionnel, (jui provoque toujours des impulsions « agrégées », d(;s impulsions « isolées ». Ou a répondu, et, à notre sens, victorieusement, à ces deux arguments. On a fait observer, tout d'abord, que la grandes majorité des actes volitionnels sont, dès le début, <le nature complexe, sont, dès l'abord, des im|)iilsinns

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