Die MeUpkytik dtr Sttttn, Hartetutein, t. VU, p
2. Critiqué de la Raison pratique, Hartcnstcio, t. Y, p. 77 ; Baroi, p. 246.
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volonté, pour pouvoir devenir mobile, la loi morale doit nécessairement pouvoir être sentie. Il existe donc, comme accompagnement, comme retentissement, dans notre nature sensible, de la loi morale intelligible, un sentiment spécial, qui ne peut naître que dans un être raisonnable et sensible à la fois, et qui sera lui-môme sensible el intelligible, qui, — quelque paradoxale que puisse paraître l'expression, — sera un sentiment intelligible : le sentiment moral, le sentiment du respect.
Dans le domaine de la faculté de désirer supérieure, il n'y a donc pas, chez Kant, la lacune que nous avons constatée dans le domaine de la faculté de sentir supérieure. Kant reconnaît, avec raison, à notre avis, que de môme que tout désir inférieur est nécessairement et de tout temps accompagné d'un plaisir inférieur, de môme la forme la plus élevée du désir, la volonté pure, la loi morale, est accompagnée d'une des formes les plus élevées du sentir, le sentiment moral et le sentiment du respect. Reste à se demander maintenant si la forme inférieure et primitive du vouloir, le désir inférieur, Fappétit, l'instinct, est nécessairement accompagné de sentiment comme le prétend Kant sans examen. Le fait a été contesté par quelques psychologues modernes. Pour Bain, par exemple, la manifestation primitive de l'être humain n'est pas la sensation, entendue dans le sens de notion ou d'émotion, mais est le mouvement, l'élément primitif de la volonté. Ce mouvement serait, à l'origine, indépendant de tout stimulus extérieur. L'activité serait une propriété plus intime, plus inséparable de notre constitution, qu'aucune de nos sensations, qui entrent, comme parties composantes, dans chacun de nos sens, auxquels elle donne le caractère de composés, tandis qu'elle-même reste propriété simple et élémentaire. Exemple : le fait physiologique d'une décharge centrale de l'énergie nerveuse, qui n'est provoquée par aucun stimulus extérieur, l'activité des muscles involontaires qui se manifeste dans la respiration, la circulation du sang, etc., etc. Il faudrait admettre qu'il y a, dans notre constitution, une provision d'énergie nerveuse, accumulée pendant que le système se nourrit et se repose, et entrant en activité sous l'influence ou^non de stimulants extérieurs ou de sentiments * . Seulement Bain est obligé d'avouer que, si cette activité primitive et spontanée est bien l'élément essentiel de la volition, elle ne la constitue pas toute entière. Il y manque un second élément capital, un principe qui donne une direction à ces impulsions spontanées, qui en fasse des actes véritables, et c'est ici qu'intervient le sentiment.