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Ainsi dans la première phrase, on signale d’abord les écouteurs, et dans la seconde, les flatteurs.
En changeant l’ordre des parties constructives de a phrase No. 91, on trouve celle-ci: Un homme plus grand Por son esprit el par ses vertus, que pur ses dignités, 11. était (V. déjà) entré \V. pour l'honneur de la France, dans l’a. ministration des affaires. Le grand orateur Fléchier a préféré la marchedes expressions de la phrase No. 91, à celle que je viens de suivre, parce que, sans doute, en signalant d’abord! l’honneur de la France, il croyait donner plus d'éclat à son style.
94, Je t'aimais, insconstant, qu’aurais-je fait, fidèle ?
(Racine, Andromaque, AV, 5.)
L'abbé d'Olivet, dans sa 95e remarque sur Racine, voit dans ce vers de notre grand poëête, une ellipse, qui est peu dans les règles ordinaires, mais qu’il ne se sent pas le courage de condamner.
Beauzée ( au mot correction du Dict. de l'Enc. :aéthode) dit. ‘C’est ainsi que Racine met dans la bouche d’'Hermione ce beau vers, si noblement et si heureusement incorrect. La correction exigeait, Ze l’aimais, quoique tu fusses énsconstunt, qu'aurai.je fait, si tu avait été fidcie ? Mais que serait devenues la vivacité et l’énergie, si nécessaires dans une conjucture où une passion violente maitrise toutes les facultés d'Hermione .”
Malgré l'opinion de nos deux grammairiens, je prétends, qu’en ces expressions il n’y a point d’ellipse, que tout y est suivant les règles de la langue, que Racine connaissait bien mieux que ces M. M: Pour le prouver je vai soumettre ce vers aux épreuves de l'annalyse, et montrer que la seule difficulté provient de ce qu'ils n’ont pas senti qu’il faillait prendre le mot Jidèle dans le sens d’un adjonctif sous la forme d’une apostrophe ironique.
1. Je FIL. 8 IF, œimais, VIF. inconstant, ph. 2. 5. 7.10. JIL, qu’ 11. auruis (1, je) fait, VII, jidèle ? ph. 2. 5° 7. 12. |
La difficulté qui se présente exige qu’on examine d’abord la ponctuation. La virgule placée avant chacun des mots inconstant et fidèle, indique au lecteur que lon ne doit pas
après ainsi d veux d d’une : l’on co cinq es la prop subject savoir, naitre, ne peut Jonctif plus pos autre rôÔ connu .
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immédiatement en lier le sens avec ce qui précède ; et le point interrogatif démontre que la phrase qu’il termine, comprend fidèle, que la prétendue correction de Beauzée place dans une troisième phrase imaginaire. Ainsi énconslant et fidèle, sont des-adjonctifs qui se balancent gracieusement chacun au bout de son hémistiche. La place qu’occupent ces mots après la virgule, est si décisive en grammaire, que quelque dénomination que l’on y mette, on en faitun adjonctif sous la forme d’apostrophe : ainsi dites Jupiter, Junon, Pyrrhus, monstre, ou ingrat, et vous en faites un adjonctif, sauf l'à-propos, Une autre règle infaillible pour un grammarien, c’est que l’adjonctif peut changer de place sans altérer le sens. Ainsi placez chacun des mots inconstant et fidèle au commencement de sa propre phrase en l’en séparant par une virgule, et vous avez encore le même sens. Si le sens du second héœistiche ne parait pas d’abord aussi clair que celui du premier, le louche doit disparaitre après une lecture un peu réfléchie; car ils sont, pour ainsi dire, touts les deux coulés dans le même moule, je veux dire que dans chaque hémistiche, lPadjonctif précédé d’une virgule, se présente après une phrase complète. Si l'on considère que chaque hémistiche, avant sa virgule, sur cinq espèces de membres de la pbrase que peut conteni: la proposition, en contient les trois principaux, savoir, le subjectif, l’attributif, et l'objectif: et que les deux autres, savoir, le terminatif et le circonstanciel si faciles à reconnaitre, n’en font point partie, il en faut conclure que fidèle ue peut être qu’un conjonctif, ou uu adjonctif. Le conjonctif étant évidemment hors de question, il n’est donc plus possible de supposer que fédèle puisse jouer ici un autre rôle que celui d’un adjonctif. Ainsi passant du plus connu à ce qui l’est moins, on doit dire que fidèle est un atjonctif, comme énconstant en est un. Lantithèse que font ces deux adjonctifs, n’est que dans le matériel des mots. Quand on suit le fil de la pensée, on sent qu’Herinione en fureur ne pouvait ici appeler Pyrrhus fidèle que par ironie. Racine pouvait s'exprimer plus clairement : on sait que les vers les plus mélodieux coulaient de sa plume magique, avec une merveilleuse facilité : mais il voulait sans doute qu’un certain louche de lexpression répondit au délire E3
PR p
LE sa nacmte
érotique d'Hermione ; et ie mot fidèle, pris à ïa fois, et substantivement et ironiquement, sans blesser les rèvles de la langue, produit cet effet : c'est le brillant coup de pi. ceau d’un grand peintre du cœur humain,
Voyez les remarques sur la phrase, No. 87.
L’oraison funèbre de la Reine d’Angletère prononcée par l’illustre Bossuet, le 16 novembre 1669, commence par les neuf phrases suivantes, Ce sont de merveilleux ex emples qui serviront à faire quelques obéervations sur les dénominations des membres de la phrase.
95, 1. Celui qui règne dans ls cieux, et de qui relève touts les empires, à qui seul appartiennent la gloire, lu majesté, et l'indépendance, 11. est V, aussi, VUE. le seul oui se glorifie de fuire la loi aux Rois, et de leur donner, quand êl luë plait, de granies et terribles lecons, ph. 3 pér. 5. 8.10,
06. V. Soit qu'il élève les trônes, suit qu'il les abaïsse, soit qu'il communique sa puissance aux princes, soil qu'il la retire à lui-même et ne leur luisse que leur propre fuiblesse, J, & IV. leur IL. apprend 1. leurs devoirs V. d'une manière souveraine et digne de lui. ph. 3. pér. 5, 8. 10.
07. VI. Car, V. en leur donnant sa puissance. K. il IV. leur IT. commande IT. den user, V.comme il fait lui même, IV. pour le bien du monde, ph. 2. pér, 5. 8, 10.
98. VI. ef T. IV. leur LE, fait LU. voir, ( V. en la retirant) que toutes leur mujesté est empruntée, el que pour être assis sur le trône, tl n'en sont pas moins sous su main et sous son autorité suprême. ph.®? pér. 5 8 10.
99. VI. C'est ainsi qu’ KE. il Il. énstruit 111. les princes non seulement par des discours et pur des paroles, mais encore par des exemples. ph. 3. pér, 5. 8.10.
100. VIT. Chrétiens, que lu mémoire d'une grande Reine, fille. femme, mère, de Rois si puissants, et Souveraine de tro:s royaumes, appèle de touts côtés à cette triste cérémonie, L. ce discours 1V. vous IT, fera LI. paraitre un de ces exemples redoutables, qui etulent aux yeux du monde sa vanité toute entière : ph. 3. pér. 5. 8. 10.
101. L. Vous LT. verrez IV. dans une seule vie ITT. toutes des extrémités des choses humaines ; la félicité sans bornes. aussé bien que les misères ; une longue et paissible joutssance d'une des plus belles couronnes de l’univers ; tout ce
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dans tr lriste b princes (ravers Causes | Inèiracu 102, donne a 103, le néant Rem Quan l’avalog:
sujet, da mots fori chacun u du disco Girard en faissa en disan à énonce.
quelque No. 95, mots, | de Girard phrase :
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‘élève e, la ul qui puand 8.10.
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que peuvent donner de p''e glorieux la naissunce et la grandeur accumulées sur ne tête, qui ensuite est exposée à touts les outrages de lu fortune ; la bonne cause d'abord suivie de bon succés, eé depuis des retours soudains ; des changements inouis ; la rébellion long-temps retenue, à la fin tout-d-fait maitresse; nul frein à sa licence ; les lois abolies ÿ la majesté vivlée par des attentats jusqu'alors ënconnus ; l'usurpration et lu tyrannie sous le nom de liberté ; une reine fugilive qui ne trouve aucune retraite dans trois royaumes, et à qui sa propre patrie n'est qu'un triste lieu d'exil ; neuf voyages sur mer, entrepris par une princesse, mulsré les tempêtes ; l'Océan étonné de se voir traversé tant de fois en des appareils si divers, et pour des causes sè différentes ; un tronc indignement renversé, et miraculeusement rétabli, ph. 3. pér. 5. 8. 10.
102, D. oi. IV. là LT. les enseignements que Dieu donne aux Rois : ph. 2. pér 4.8. 11.
103, VE, aénsi LE fait X, à LIL. voir ( IV. au monde ) le néant de ses pompes et de ses grandeurs. ph. 2. 5.8 10.
Remarques sur les dénomitions des membres’ de la-phrase.
Quand les phrases sont très compliquées, les lois de l'avalogie sembleraient blessées si on appelait simplement sujet, dans la phrase précédente No. 95, les trois groupes de mots formant chacun d’eux une phrase complète, et ayant chacun uu sujet accompagné d’un verbe et d’autres parties du discours. On ne saurait donc trop approuver l’abbé Girard d'avoir étendu la signification du mot sujet, en faissant nn léger changement à la finale de ce mot, ea disant que le subjectif est tout ce qui est employé à énoncer la personne ou la chose à qui l’on attribue quelque façon d'être ou d'agir. Ainsi dans cette phrase, No. 95, le signe Æ, qui précéde les trois g roupes de mots, ou phrases subordinatives est-i il, suivant les principes de Girard, celui non du sujet, mais du subjectif de la phrase ; dénomination dout la définition correspond à l’étendue de la fonction de ces trois phrases, qui toutes ensemble ne forment qu'un sujet, ayant pour attributif le verbe est. Il faut remarquer que le caractère grammatical imprimé à cette dénomination, vient de sa terminaison en if, tirée des mots énfinitif, indicatif, subjonctif, nominatif, &c.,
que l'on rencontre si souvent pendant l'étude de la grammaire : voyez à ce sujet les numéros 10 et 11. de la dissertation sur la préposition grammaiicale.
En renvoyant le lecteur aux deux numéros précités, quant à ce qui concerne l’attributif, je me bosrnsrai à faire une observation relative à ce membre de la phrase. Je prendrai pour exemple la phrase précedente, No. 64: él doit, range, dort, et travaille en homme plein de santé, En cette phrase l’attributif est composé par la réunion de quatre verbes formant un groupe de mots qui concourent à former ce que, suivant les principes de Girard, on appèle un attri. butif composé par jonction: c’est à dire qu'en ce cas lattributif renferme autant d'actions que de verbes. Les anciennes méthedes «ont point d’expressions techmiques pour exprimer es sivices que rendent les verbes en semblable icircenstance, re qui duit reudre leurs analyses prolixes, vagues, et insuilñsentes,
Dans la phrase No, 191, on voit un objectif formé par la jonction ou réunion de quinze objectifs différents, qui con. tiennent trois phrases subordinatives. Cela fait voir la nécessité d'étendre la signification du mot objet, en lui dennant une terminaison en #f, et de lui donner une difinition analogue aux services qu’il rend au discours en disant que d'objectif est tout ce qui sert à exprimer ce que l’attributif a particulièrement en vue.
La phrase No. 81 et celle No. 100, nous offrent chacune un exempie d’un adjonctif cemposé par cohérence de phrase, Qui ne sent pas la convenance d’avoir invente une dénomination caractéristique des services que rendent à la phrase des groupes de mots de cette espèce? C’est ie manque de semblable dévomination qui fait que les anciennes méthodes sont si imparfaites.
Ce que l'on vieut de dire sur ces trois membres de la phrase, peut, à peu de chose près, s'appliquer aux autres. Quelques savants ont remarqué que Girard a enfin « brouillé le cahos de la proposition grammaticale, et il °:° le seul grammairien français qui a mérité cet éloge.
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que je leur disais, et en appliquant ensuite les principes que je leur avais développés, à d’autres phrases que je leur présentais. Ceux qui disent que les enfants sont incapables de comprendre des choses aussi difficiles que celles que contient cet essai, nient des faits positifs, prouvent leur manque d’expérience, et calomnient la GaAture 'imaine. Les enfants sont beaucoup plus capables d’appreudre, qu’on ne le pense généralement: j'ai touts les jours l’occasion de le vérifier ; c’est d’ailleurs l’opinion de plusieurs savants dans les sciences exactes et dans les belies-lettres,
Aün de justifier importance que j’attache à commencer l'étude de notre langue parles analyses grammaticales, je termine cet essai par un extrait du traite des éropes par Du Marsais. Vers la fin de cet ouvrage, ce célèbre grammairien, après avoir observé que quand il s’agit d’instruire les autres, il faut émiter la nature, qui ue commence point par les principes et par les idées abstraites, que ce serait commencer par l’inconnv, ajoute ; ji aspère traiter quelque Jour cet article plus en détail, et faire voir que la méthode analytique est la vraie néthode d'enseigner, et que celle qu’on appèle synthétique ou de doctrine, qui commence par Les principes, nest bonne que pour mettre de l’ordre dans ce qu’on sait déjà.”
Jvis pour les Instiluteurs,
Dès que les élèves seront un peu familiarisés avec toutes les notions précedentes, on peut successivement jes faire analyser, et compuser eux mêmes sur divers sujets proportionnés à leur capacité, en leur faisant constamment faire l'application des règles des analyses grammaticales, et du régiine constructif, à mesure qu’ils avanceront dans l'étude des dix règles de ce régime : et les élèves, en peu de temps, possèderont autant de cannaissances grammaticales, que la plupart des hommes «vise oic‘inguent dans le monde par leurs connaissanc: ilitéraires. 41! west pas bors de propos d'ajouter que l’on ñe saurait trop tôt h.bituer les enfants à faire usage du dictionnaire pour leur faire apprécier la valeur objective des mots : nulle grammaire ne pouvant tenir lieu d’un vocabuloire,