‹ Essai d'analyse psycho-sensorielle et de psychogénie scolaireChapitre 4 sur 139 · RAT 1 AN · texte numérisé non relu

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parallélisme fréquent, montrent que le comportement général du garçon et de la fillette d'âge scolaire évolue d'une manière semblable sinon identique.

Que l’on veuille bien tenir compte, à ce sujet, des observations et interrogations quotidiennes qui, depuis 1909 (date de la nomination de l'auteur comme inspecteur des écoles primaires) ont porté sur près de mille classes de garçons, de filles, mixtes, enfantines et maternelles, c’est-à-dire sur des milliers d'enfants qu’il a parfois suivis pendant toute leur scolarité. C’est là son seul mérite. S'il se permet de l’invoquer, c'est pour donner simplement les références complètes indispensables à un pareil ouvrage. Placé depuis vingt ans à un excellent poste d'observation, il l’a transformé souvent, comme on le verra, en modeste laboratoire, pour suivre de près, et d’après nature, l’évolution psychogénique de l’enfant ainsi que l’influence des particularités sexuelles. Disciple de Binel qu’il étudie ailleurs”, il a donc longuement observé la vie enfantine avant de tâcher d’en induire quelques normes.

Celles-ci sont proposées à l'attention et aux Ghthiies de tous les psychologues scientifiques. Leur seule ambition est d’être le point de départ d'un progrès nouveau des méthodes éducatives.

Afin d'éviter toute confusion, nous croyons devoir préciser ie sens que nous donnons à quelques termes fréquemment employés dans. cet ouvrage :

CÉNESTHÉSIE. — Nous désignons ainsi, conformément au vocabulaire de Lalande, le sens interne de plusieurs philosophes, et plus scientifiquement, la sensibilité organique diffuse qui évolue ontogéniquement, de l’émotion viscérale à l’affeclivilé el au sentiment. On trouvera, comme réponse à une question de M. Roubakine, d’autres précisions dans la Conclusion.

SyNERGIE. — Après de longues réflexions, nous avons préféré ce terme, employé déjà par Alfred Binet (Les altérations

9. V. F.-L. Bertrand, Affred Binet et son œuvre. (Alcan, Paris.)

de la personnalité, p. 144), à celui de synesthésie, dont Titchener et M. H. Delacroic notamment font souvent emploi, parce qu’il s'adapte mieux à notre conception psychogénique, c'està-dire évolutive et dynamique. La synergie désigne bien une association aussi, mais une association créatrice et qui ne reste pas cantonnée dans le domaine sensoriel, ni dans le plan physiologique, comme la synesthésie qui n’en est qu'une modalité primitive ou élémentaire’. Nous concevons des synergies sensorielles et organiques dans la formation des percepts et des images, ainsi que Titchener le voit dans la synesthésie. Mais nous concevons encore des synergies évoluées, supérieures, d'images et de concepts, dans la schématisation idéale. La synergie, pour nous, explique et conditionne toute schématisation. Elle se crée dans l’inconscient organique grâce au rythme vilal, tisse le canevas du subconscient et se révèle dans les opérations conscientes les plus élevées, comme nous le verrons dans la suite et à la lumière de l’expérience. Elle correspond d’assez près à ce que Wundt nommait « synthèse » ou « compleæus » (op. cit., 1, 184). Mais cet auteur a méconnu son rôle essentiellement créateur (11, 199).

ScHÈME. — Ce mot a été très employé par Kant, qui désigne ainsi une figure, une forme plus ou moins symbolique qui rend applicables aux phénomènes les concepts purs de l’entendement. C’est une sorte d'image générale qui s'applique aux objets, homogène à la fois à la conception pure, et d'autre part à la perception empirique. Ainsi défini comme le point de contact entre le nouménal et le phénoménal, la connaissance et l'expérience, nous avons employé ce terme depuis longtemps, en le précisant au point de vue psychologique.

Wundt l’entrevoit à plusieurs reprises avec la kinesthésie comme facteur essentiel.

Pour Binet, il a servi à expliquer le schéma de la pensée chez le calculateur Diamandi, du type visuel, comme le jeu d'échecs à l’aveugle : c’est une sorte de fusion galitonienne d'images,

1. John Stuart Mill, associationniste célèbre, a bien distingué, à propos de la notion d'espace, en plus de l'association ordinaire des représentations visuelles, une synthèse créatrice qu'il nomme « chimie psychique ». (Wundt, II, 197.)

.2. V. surtout II, 203 :.« Pour toutes... »

SOA OR très proche parente du schéma graphique, considéré par nous comme un premier stade.

Bergson complèle le sens kantien de ce terme. Il écrit dans L'évolution créatrice (495) : « L'esprit construit le monde matériel selon les lignes mêmes que son action y doit suivre; ce sont ces lignes d'action possible qui, en s’entre-croisant, dessinent le réseau d'expériences dont chaque maille est un fait. » Nous entrons donc ici dans une première conception dynamique et créatrice du schème. M. Delacroix parle bien (Le langage et la pensée) du « papier quadrillé » sur lequel la pensée se forme, et du rôle synergique des schèmes verbaux. Sa conception procède donc de Binet et de Bergson dans son principe. Revault d’Allonnes (Dumas : Traité de psychologie, I, 856) considère encore les schèmes à l’état statique comme des images concrètes simplifiées et simplificatrices. Mais il en distingue d’ordinateurs (espace et temps) et de vocaux émolifs, ce qui complète le sens. M. Piéron (Le cerveau et la pensée, 24-27) conçoit le schème comme un symbole, mais aussi comme une esquisse d’évocation (cf. Bergson), et lui attribue le frayage des voies associatives, la mise en jeu des centres coordinateurs (Traité de Dumas, 1, 782). 11 nous renseigne donc utilement, avec sa compétence reconnue, sur le substrat physiologique; nous en avons tiré parti et profit.

Arthur Lynch (Revue scientifique, 1926, p. 461) parle du schéma comme d’une abstraction qui associe les représentalions immédiates avec leurs qualités spéciales pour aboutir à la perception psychique. Il établit ainsi seulement le premier stade (galtonien) du schématisme. Lalo (Journal de psychologie, 15 mars 1926) le considère, au sens aperceptif, comme une attente d'images, une attitude intellectuelle, et le place dans le cycle dynamique; mais un peu trop étroitement, selon nous, au point de vue attentionnel. Il complète Revault d’Allonnes. Nous essaierons, à notre tour, de les compléter tous les deux.

Pascal et Davesnes (Journal de psychologie, 1926, 472) voient dans les émotions-schèmes, non sans raison, un élément de formation de la personnalité. Nous le montrerons, par de nombreux exemples, dans la genèse de la conscience morale.

Pour nous enfin, la schématisation est une résultante du dynamisme synergique déjà défini. Elle évolue phylogénique-

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ment et ontogéniquement dans l'inconscient, le subconscient et le conscient. Elle est sous-jacente à toute association de percepts pour l’image, d’images pour le concept, de concepts pour l’idée. Son rôle associatif, simplificateur et créateur se révèle ainsi à chaque étape de l’évolution phylogénique avec des ca “ractères progressifs, spéciaux à Chaque âge. Le schème est d’abord un schéma, mais devient, peu à peu, Vidée-force.C’ est ainsi que Kant, transposé dans le plan psychologique, semble l'avoir compris : le développement verbal, comme le développement intellectuel de l’enfant, part du schéma, de la notion confuse, du plan indéterminé, pour évoluer vers les représentations. DÉrHOUeE et concrètes. Fe ESS

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