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Les ouvrages sur l'enfant abondent, en France et à l’étranger. Nous avons la quantité et la qualité. On peut les classer en deux groupes principaux : les descriptifs, fruit d’observations sagaces, patientes, mais trop exclusivement bornés à quelques rares sujets généralement; les études scientifiques, souvent un peu trop spéciales, absconses par leur langage ésotérique néo-grec, mêlées de métaphysique classique ou rénovée de scientisme. Rares encore sont les ouvrages à la fois solidement basés, charpentés et clairs, pratiques enfin. Ceux-ci seulement peuvent être lus et suivis des éducateurs auxquels il est temps de songer.
L'auteur voudrait faire acte d utilité, mais non d’érudition. Il ne s’attardera point dans la contemplation des systèmes philosophiques ou scientifiques. A l’exemple de Descartes, il fait — au moins dans la première partie de ce travail — table rase de ce qui a été appris dans les livres comme de ses opinions personnelles, pour observer librement des esprits puérils, des âmes d'enfant.
Après les conseils de Binet, celui-ci, du modeste et savant professeur montpelliérain, M. Foucault, mérite l’attention des maîtres de l’enfance : « La moitié des arriérés et le tiers des retardés doivent leur arriération ou leur retard à une faiblesse sensorielle’. » Voilà pourquoi, sans être sensualiste, l’auteur a tenté l’analyse psycho-sensorielle. Si l’esprit est une lumière, si l’âme est un foyer, nous ne pouvons observer, directement, humainement, que ce qui fait cette lumière, que ce qui forme et alimente ce foyer. L'analyse doit s'attacher, avec un égal respect, à tout ce qui est ou devient un élément intellectuel. Binet l’a dit très nettement : pour le psychologue moderne, la matière et l’esprit ont des droits égaux.
L'auteur accepte pour vrai (et provisoirement bien entendu) ce qui ressort nettement de plusieurs observations ou expériences faites par des maîtres différents, dans des classes distinctes, avec des enfants d’origine diverse et des deux sexes. On pourra constater que l'influence profonde du sexe s’est ainsi révélée avec une constance, une ampleur dignes de remarque, et dont les expérimentateurs ont été les premiers surpris. Malgré cela, les courbes de tous les graphiques, par leur
1 Journ. de Psych., 1924 (avril).