‹ Essai d'analyse psycho-sensorielle et de psychogénie scolaireChapitre 60 sur 139 · APRES · texte numérisé non relu

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pathique seront mieux connus, donner une explication physiologique qui serait hasardeuse aujourd’hui. Retenons simplement ce phénomène comme accidentellement corrélatif aux premières manifestations de l’attention complète ou conceptuelle. Cette coïncidence des mêmes accommodations internes des yeux dans la recherche que dans la formation des images, est très curieuse.

L’éclat spécial des prunelles de l’enfant vraiment attentif est connu depuis longtemps de tous les maîtres expérimentés; ceci aussi révèle l’accommodation, la mise au point de l'œil. Des milliers de fois, et chez les enfants de tout âge, nous avons vu le regard se ternir pendant la recherche de la réponse et s’éclairer brusquement dès l’arrivée de celle-ci. Encore faut-il savoir discipliner ses élèves et ne pas les laisser répondre à la fois et en désordre si l’on veut bien les observer.

D'autres phénomènes concomitants à l'effort attentionnel sont à signaler, car ils prouvent que l’attention est un effet de synergie très complexe et un faisceau d’attitudes très différentes. Ainsi la manière toute spéciale d’incliner la tête par relâchement des muscles de la nuque et l'habitude risible des inéduqués qui se grattent l’occiput quand ils cherchent une réponse difficile. Nous avons observé encore, il y a quelque temps, une fillette de 8 ans qui avait des mouvements spasmodiques des muscles zygonatiques pendant toute la durée de la recherche. Au moment de la réponse, ils cessaient.

Maintes fois, chez les élèves de 7 à 10 ans, et encore de préférence parmi les fillettes, les yeux deviennent rouges et humides pendant l'effort attentionnel intense. Quelquefois deux larmes coulent doucement sans sanglot ni symptômes ordinaires de chagrin ou de douleur. Nos observations de ces phénomènes curieux sont assez nombreuses et variées pour que nous puissions considérer le réflexe lacrymal comme une indication nouvelle et précise d’un seuil psychogénique. En effet, d’après nos investigations répétées, l'enfant qui se comporte ainsi est un inéduqué, un retardé notoire ou encore un inapte attentionnel. Il semble que le premier effort d’attention conceptuelle, non préparé par une hérédité favorable (nos premiers sujets étaient fils d’illettrés) ou par une éducation régulièrement graduée, provoque ce phénomène. La disparition en

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est assez rapide et définitive : ce qui vient encore à l'appui de notre hypothèse. C’est comme la rosée de l'aube attentionnelle globale, la disparition de cette distraction chronique de la preinière enfance qui surprend les pédagogues surtout débutants et provoque un abus de sanctions sévères, inefficaces et, au fond, injustes.

Le réflexe lacrymal, comme les phénomènes pupillaires signalés déjà, ne s’est jamais manifesté qu'entre g et 12 ans. Il est arrivé qu’un élève, qui répondait médiocrement avant une crise semblable, devenait ensuite l’un des meilleurs dans les réponses qui suivaient. *

En nous aidant de nos étudès antérieures, à propos de Binet’, sur l’image mentale à laquelle nous croyons devoir laisser sa juste part, comme des quarante-deux théories anciennes ou récentes de l’attention, essayons d'expliquer ces faits.

La première question qui se pose, c’est de savoir si les réflexes pupillaires sont d’origine émotive ou non, dans le cas qui nous intéresse. M. G. Dumas a publié, dans la Revue philosophique® une étude du plaisir et de la douleur dont le texte et la bibliographie sont également précieux. Avec la collaboration de M. H. Piéron, en particulier, l’auteur explique l’origine des mouvements pupillaires qui sont commandés par le thalamus dans l’émotion intense ou bien par le cortex dans les autres cas. Il nous est assez difficile de déterminer cela. Le docteur Delas, agrégé de physiologie à la Faculté de médecine de Toulouse, qui a bien voulu nous aider de ses conseils, est d'avis qu’il faut prendre le pouls du sujet pendant l'apparition des phénomènes pupillaires. L’accélération cardiaque suffirait à déceler l’émotion. Ceci ne nous a été dit qu'après nos abservations et nous n’avons pas pu l’appliquer encore.

Cependant les phénomènes vaso-moteurs de pâleur ou de rougeur parfois, mais non toujours concomitants, ainsi que le réflexe lacrymal même, sembleraient bien, dans ce cas, laisser croire à un processus émotif. Cette activité thalamique n'a rien que de logique tant au point de vue ontogénique, puisqu'elle révélerait l'intervention du mésencéphale avant celle du cortex, qu’à celui de la psychogénie, puisque la cénes-

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