ITI. — OBSERVATIONS GÉNÉRALES
Les manifestations multiples de la distraction, ses causes variées et souvent complexes, ses effets différents, voire opposés suivant les cas personnels, ne permettent pas encore de caractériser assez exactement cette attitude physio-psychologique, ni de déterminer les principes de son évolution. Ce que cette enquête a bien établi, au contraire, c’est l’impossibilité de formuler des règles pédagogiques générales, invariables, susceptibles de s’appliquer indistinctement à tous les cas de distraction. La punition est inopérante et inefficace, le plus souvent : il importe que tous les maîtres le sachent. Le mieux est de créer et maintenir une ambiance favorable avec procédés particuliers et intermittents — pour provoquer l'effort — d’encouragement, de rappel associatif méthodique. Agissons beaucoup plus par suggestion éducative que par contrainte paralysante. à
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La subdivision en sujets-types apparaît, elle-mème, malgré nos distinctions antérieures, comme insuffisante. C’est donc l'étude individuelle des distraits qui s'impose encore si l’on veut obtenir une base suffisante, rationnelle, d'appréciation comme d'interprétation. Nous sommes amenés à conclure que, pour résoudre le problème de la distraction, c’est à la fiche individuelle et au carnet personnel d'observations physio-psychologiques qu'il faut nécessairement recourir, avec une persévérance inlassable, pour une sorte de longue étude clinique. La répétition des mêmes circonstances fera soupçonner, découvrir, vérifier les causes, puisque celles-ci sont constantes.
Ces conclusions furent favorablement accueillies par le docteur Molinéry qui les commenta dans sa conférence du Casino de Luchon, le 7 juillet 1923, et en fit l’objet d’un article dans La Médecine internationale (août-septembre 1923).
L'année scolaire 1923-1924 s’annonçait donc intéressante et fructueuse. Notre communication annuelle à la Société Binet nous attirait des demandes de renseignements et notices de chercheurs français ou étrangers. Un nouveau tableau-questionnaire plus précis et complet (tableau 13) fut distribué dès la rentrée des classes et fut le point de départ d’une deuxième enquête générale sur la distraction scolaire.
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vi — DEUXIÈME ENQUÊTE SUR LA DISTRACTION
Un simplé coup d’œil sur ce tableau montre le profit que cette nouvelle enquèête tirait de la précédente. Ce n’est pas un recommencement toujours fastidieux, mais une vérification et un perfectionnement sérieux, sous un aspect assez nouveau. Au lieu de poser dix questions, forcément vagues et incomplètes, nous faisions une large part à la description physiologique du sujet. La première moitié du tableau était réservée à cela. Tous les détails dont les observations antérieures avaient révélé l'importance, y sont indiqués ou prévus.
Le sexe, l’âge, le tempérament, l'aptitude au jeu; la taille et le poids avec la capacité respiratoire et la force musculaire; l’hérédité, aussi complète que possible; la vision et l’audition mesurées comme nous l’avions montré, à Luchon, deux ans auparavant; enfin la description des tares organiques et des insuffisances fonctionnelles relatives à la digestion, à la circulation, à la respiration, au système nerveux, étaient encore complétés par le rappel éventuel de toutes les maladies passées.
Pour que la nouvelle enquête gagnât surtout en profondeur, on demandait à chaque maître ou maîtresse de s’en tenir à l'observation persévérante d’un seul élève et de choisir le distrait-type de chaque classe. Afin d’assurer notre base d’investigation, nous demandions encore, non pas un exemple, mais bien quatre de distractions pour le même sujet. Le temps indispensable à cela était ménagé, car le tableau, distribué au début de l’année 1924, ne devait être retourné que quatre mois après. En outre, nous tâchions d'obtenir la collaboration directe et
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effective des médecins en laissant une case à leur disposition et en invifant les instituteurs à les consulter de notre part. Malheureusement ces cases restèrent vides presque partout.
Néanmoins, le résultat fut satisfaisant : 118 notices furent retournées en temps utile. Le graphique n° 8 indique un premier pourcentage des distractions par âge et par sexe dans deux enquêtes successives.
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La proportion des distraits est, dans l’ensemble, pour les cas signalés, sensiblement plus élevée chez les garçons que chez les filles. La différence sexuelle, presque constante à tous les âges, est minimum de 5 à 7 ans pour atteindre son maximum de 9 à 11 ans, à la période pubertaire déjà remarquée. L’allure générale des courbes, dont le parallélisme est frappant, atteint également son optimum à la même époque. Ce nouveau recou-
pement est de valeur. Il complète et vérifie nos précédentes
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remarques sur la psychogénie de l'attention et la crise de déficience pubertaire.
Revenons maintenant au principal but poursuivi dans cette deuxième enquête : aux contingences physiologiques de la distraction et, par conséquent de l’attention. À cet égard, les notices groupent ainsi les sujets observés :
Bonne santé :..41: ha. RP ne 12 distraits.
Troubles du système nerveux ...:.......... 43 —. Lymphatisme. See Re ee 29 == Végétations adénoïdes ..............::,.... 12 — Troubles gastriques ou intestinaux.......... 7 EE CIDCUIATOIDES PRE ee crea 6 = Affections pulmonaires.............. AR RUEES 4 —
OPA are mate ere 110 distraits.
Huit notices, faute de précisions suffisantes, avaient dû être annulées. L’une d'elles fut reconnue truquée dans la suite. C’est la seule tromperie dont nous ayons eu à souffrir et elle fut vite découverte par M. François Sarrieu.
Ces chiffres, on en conviendra sans doute, confirment, d’une manière frappante, notre constatation fondamentale de l’an dernier : RAI
La distraction habituelle révèle presque toujours une altération accidentelle ou chronique de la santé.
Les 9/10° environ des distractions peuvent, en effet, être attribuées, cette fois, à un état morbide plus ou moins accusé. Et cette constatation est d’autant plus importante qu’il s’agit aujourd’hui de distractions contrôlées et coutumières (deuxième partie du tableau), non de défaillances peut-être exceptionelles de l'attention.
Des conséquences pédagogiques et pédologiques pourraient facilement se tirer de ces faits patents; mais ce n’est pas l’objet de la présente étude. Les éducateurs avisés sauront les voir eux-mêmes.
Considérons à présent les distractions des enfants bien portants. Celles-ci sont presque toutes du type « actif »; donc utilisables par les pédagogues habiles. Elles sont, en somme,