ONE
un mauvais aiguillage de l’activité intellectuelle, une défaillance de l’inhibition qui détermine l'orientation psychique quand elle n’est pas conditionnée par celle-ci. Il existe, en effet, croyons-nous, entre elles, un interaction réciproque.
Tâchons de scruter plus avant les causes ou contingences physiologiques chez les distraits chroniques, donc malades. L'examen attentif des catégories distinguées ci-dessus, fournit des indications utiles sur les rapports de l’état physique et de l’état mental. On a reconnu notamment que les distractions d’un même groupe avaient souvent des caractères communs. La volonté, par exemple, fait généralement défaut aux adénoïdiens; l’irrégularité de l’effort se constate chez la plupart des nerveux et l’affaiblissement rapide paraît propre aux lymphatiques. Tout cela tend, comme le propose fort bien M. François Sarrieu, à établir qu’un état physiologique déterminé provoque des réactions mentales constantes. Nous dirions, nous, en d’autres termes, que le comportement de l'individu résulte des composantes physiologiques de chacun autant que des milieux ambiants.
Si, « pour les nerveux », nous nous sommes heurtés parfois à des faits divergents ou presque contradictoires, c’est parce que cette catégorie est trop vague et mal définie. Demandons à la science médicale de déterminer beaucoup plus exactement ce qu'est un nerveux. Il ÿ en a de positifs et de négatifs tout au moins; mais ceci n'est pas de notre compétence. Voici donc une raison de plus réclamer encore l’organisation d’une collaboration médico-pédagogique indispensable au progrès de la psychologie et de la pédologie.
Parmi ces distraits nerveux, nous avions compté 35 actifs et 8 passifs seulement. Les 35 actifs se subdivisent ainsi : 16 instables, 4 émotifs, 2 impatients, 7 indisciplinés, 3 impulsifs et 3 positifs. Les passifs sont tous des déprimés dont l'effort intellectuel est sujet à des affaiblissements subits dont la ‘cause réelle nous échappe.
À ce point de vue, l’hérédité paraît jouer un grand rôle : dans 28 cas, en effet, une filiation fâcheuse a été signalée parmi les ascendants des sujets : alcoolisme, tuberculose, troubles mentaux, consanguinité des parents ou des grands-parents. Les nerveux sont la catégorie la plus nombreuse et la