CINQUIÈME TEST : PERCEPTION DES DIFFÉRENCES DE DESSINS
On montra cinq dessins d’objets disparates et l’on procéda comme dans le test précédent. Voici les résultats :
AT GrRouPE 2e crourxr
Caron ee RER in k » kk 3,2 RUES ARR 0 mal eu Bk 1,3
De 5 à 6 ans, les fillettes, en retard sur les garçonnets auparavant, les ont donc rattrapés. En somme, la courbe d’attention féminine semble nettement inférieure à la masculine jusqu’à 5 ans environ, pour se rapprocher beaucoup de celle-ci ensuite, en égard aux modalités perceptives visuelles du moins. D'autres expériences analogues sont poursuivies pour l'étude de la modalité auditive. Elles permettront sans doute des recoupements utiles’.
Si nous rapprochons les résultats du premier test et ceux du dernier, nous constatons que les enfants des deux sexes perçoivent mieux et plus tôt les différences de formes que celles de couleurs. Après de telles expériences faciles à contrôler, nous considérerons ce fait comme acquis.
Pour la psychogénie scolaire, cette constatation est des plus importantes. Elle permet de voir que l’activité visuelle de l’enfant évolue de bonne heure et qu'il est vite capable de transformer l’image visuelle en son schéma correspondant. Or, la schématisation, dont nous saisirons ici probablement la genèse, est une élaboration subconsciente qui, sauf catastrophe physiologique (accident ou maladie) continue et se perfectionne selon le rythme éducatif, dès qu'elle est déclenchée. Après le schématisme visuel, les autres se constituent; et leur synergie, de plus en plus perfectionnée dans le dynamisme associatif qui crée l'individu, doit produire cette schématisation nouvelle, apte à concevoir le général ou abstrait, qui
1. MU Goué, chargée d'une très bonne classe enfantine à Mancioux (H.-G.), à profité récemment, sur nos conseils, d'exercices de dictée musicale avec graphiques traductifs par les élèves, pour faire quelques observations utiles sur la genèse de l'attention auditive. Le son premier compte rendu (année 1928-29), il paraît résulter que l’accommodation tympanique aux sons musicaux est déjà sûre et souple parmi presque tous ses élèves de 6 ans. Ceux-ci sont pourtant des ruraux. Mais l’accommodation tympanique verbale doit être soigneusement distinguée de celle-ci.
7 ans, ces enfants sont capables d'écrire la dictée musicale sous sa forme ordinaire, avec notes et portée, au demi-ton près, mais sans nuance de durée, C'est donc ici une contribution nouvelle à nos hypothèses de l’antériorité de la schématisation visuelle. Les explications sont d’ailleurs données par la maîtresse sous la forme symbo- Fique correspondante; la gamme est comparée à un escalier à marehes inégales : tons et demi-tons.
Nous continuons ces observations et les vérifierons ailleurs.
ouvre, à l’écolier de 9 ans environ, le deuxième cycle psycho-’ génique nommé par nous : conceptuel.
La période de 5 à 6 ans paraît donc remarquable dans la genèse de la schématisation. En effet, le gain des élèves de cet âge est particulièrement frappant du premier au dernier test. Nous avons vu, dans la note de la page précédente, et nous reverrons plus tard, que le symbolisme visuel apparaît en même temps. Ce voisinage est facilement explicable. Symbolisme et schématisme visuel sont deux aspects jumeaux du même dynamisme subconscient d'élaboration psychique qui permet à l’élève de s'élever, pas à pas, du percept au concept.
x. — L'ANALYSE PSYCHO-SENSORIELLE
Des mois passèrent, employés à poursuivre et méditer surtout les enquêtes déjà résumées. Comment préparer deux cents collaborateurs dispersés, au nouvel effort qui paraissait utile? Il fallait trouver une méthode assez précise pour donner des résultats sérieux, et suffisamment simple et commode pour ne rebuter personne. C’est pourquoi, en 1925, il fut recommandé de donner plus d'importance et une orientation nouvelle aux promenades scolaires déjà conseillées dans les instructions officielles. Au lieu de ne poursuivre qu’un but de documentation, scientifique ou géographique surtout, ces promenades devenaient des tests d’un nouveau genre, agréable aux enfants comme à leurs maîtres. Soigneusement préparées et choisies conformément à nos directions précises, elles devaient laisser aux élèves toute liberté de sentir, percevoir, etc. Le maître ou la maîtresse se contenterait de diriger et surveiller les élèves afin de bien noter tout ce qui pourrait frapper ceux-ci. Ils ne devaient intervenir que pour répondre brièvement aux questions spontanées ou pour diriger parfois — mais le moins possible — l'observation enfantine, en disant : « Chut! Ecoutez!... », ou bien : « Regardez dans telle direction! » (sans indiquer l’objet). On prévenait enfin les enfants qu’un compte rendu, avec dessin libre, leur serait demandé après la promenade, afin que celle-ci ne leur parût pas un simple jeu. Le lendemain, en effet, et à la même heure, pour égaliser autant que possible les circonstances physiologiques et cosmiques, on leur faisait rédiger ce compte rendu.
Les premiers qui furent envoyés étaient fort intéressants. Nous savions déjà, par expérience, que les devoirs libres