CONCLUSIONS
Il est indéniable, et les statistiques le démontrent surabondamment d'accord avec tous les auteurs qui s’occupent de la question, que le nombre des suicides augmente en des proportions réellement inquiétantes. Les causes sont de deux sortes principales :
40 Causes prédisposantes ;
20 Causes déterminantes.
Les premières sont multiples et très variées, elles se ramènent cependant en dernière analyse à une seule constatation, c’est qu’elles créent chez ceux qui en sont victimes un élat de moindre résistance morale, et aboutissent à un état d'instabilité mentale ou de dépression psychique qui les rend le plus souvent incapables de réagir en face d’un «shock », d’une cause déterminante.
Celle-ci est principalement constituée par la diffusion, la publicité des suicides par les journaux, livres, images, théâtres, cinémas, alors qu’il est démontré que le suicide est extrêmement contagieux et peut conduire à des épidémies redoutables.
En face de cet état de choses, quelle thérapeutique doit-on employer ?
Tout d'abord, et c’est naturel, il faut essayer d'agir. sur les causes prédisposantes par une éducation plus appropriée aux exigences de la vie actuelle moderne et trépidante, en raffermissant les caractères, en diminuant le nombre des névrosés, en dépistant les psychoses à leur début, un des buts de la ligue d'hygiène mentale. Ecoutons plutôt le Dr Toulouse, son président-fondateur : « Cest dès l'enfance que les psychopathies ont leur origine lointaine et doivent être recherchées. A l’école on reconnaîtra
les anormaux et les arriérés, et on les soumettra à un enseignement adapté à leur moindre résistance psychique. Une éducation spéciale donnée aux enfants névropathes pourrait souvent enrayer le développement de leurs tares. D'autre part, la santé mentale des enfants dépend d'une bonne sélection scolaire.
La prophylaxie du crime est poûr une bonne part liée à la lutte contre les tares psychopathiques, qui en sont des facteurs fréquents. Les criminels (les suicidés aussi) sont souvent des inadaptés; un grand nombre présentent un état mental défectueux.
On conseillera à tous les prédisposés un régime de vie « mieux adapté à leur état psychique ».
En un mot, il faut pratiquer l'hygiène mentale.
Nous demandons ensuite de réduire la diffusion des nouvelles des suicides à un strict minimum, d'éviter la publication de détails plus ou moins faux et toujours dangereux pour la contagion.
Enfin, en cas d'extension d’un début d’épidémie, une mesure opportune, précoce, propre à frapper l'imagination de ceux qui voudraient imiter les premiers et en rapport étroit avec le mode de suicide adopté en l’occurrence suffira presque toujours à faire avorter une épidémie qui pourrait prendre des proportions considérables.
Vu: Pour le Doyen, Vu: Le Président de la Thèse:
L’ Assesseur : CHAVIGNY.