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II. Suture en surijet

A. Avec le surjet à un fil décrit, les tissus sont réunis de la même facon que dans la technique actuelle : même espacement des points et même striclion des chairs ne se produisant que par places successives séparées les unes des autres par de courts intervalles, mème cheminement du fil mi par-dessus, mi par-dessous Les lèvres de la plaie, la portion qui passe audessus rabaltant l'une contre l'autre les surfaces de section et les cachant.

Tous les résultats du surjet actuel sont done déjà acquis;

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AVANTAGES ET INCONVÉNIENTS D CETTE TECHNIQUE orvR

mais la nouvelle pratique apporte en plus les avantages suivants,

1° Le fil n'a plus le moindre contact avec les mains, que le chirurgien opère avec ou sans aide. Nous avons déjà assez souvent el assez longuement insisté sur ce point, pour ne pas avoir à y revenir.

2° La rapidité d'exécution est plus grande.

3° Chaque point de la nouvelle suture se trouve arrêté de lui-même, et ne peut se desserrer une fois fait : or, dans la pratique actuelle, pour ne pas allonger encore la durée du surjet, on n'arrête les points qu'une fois sur trois ou quatre.

4° L’adjonction d'un fil continu le long d'une des lèvres de la plaie donne une contention plus uniforme et plus régulière, et d'autre part plus résistante pour les cas où il y a tendance à l’écartement. Le surjet fini, l’accolement des surfaces cruentées peut être complété aux endroits où elles éverseraient, et la correction persistera grâce à la tension des deux lèvres de la plaie. La coaptation peut être, avec ce genre de surjet, obtenue assez exacte pour que son emploi soit indiqué dans tous les cas où il faut un affrontement parfait, telles par exemple les réunions cutanées ‘.

C’est un résultat semblable qu'Auguste Reverdin a cherché à obtenir dans le surjet qu’il a proposé à la Société de Chirurgie en 1898. Or, notre technique réalise la même suture avec plus de rapidité, avec chacun des points arrêté et sans que le fil ait subie moindre contact des doigts.

B. — Le second surjet que nous avons proposé, ou Surjel à 2 fils, réalise un mode de rapprochement des tissus qui diffère profondément de celui qui est couramment employé. Les deux lèvres d’une plaie ne sont plus seulement adossées par les fils de place en place, au niveau de chacun des points : c'est sur toute leur longueur, sans la moindre interruption

4. Voici ce que dit M. Lejars de ce genre de surjet à point de chainette : «… Il permettra l’adossement régulier des deux lèvres cutanées, surtout lorsqu'il existe une certaine tension. »

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qu’elles sont étroitement appliquées par les deux fils, cheminant de part et d'autre. Ces deux fils constituent comme les deux mors flexibles d'une grande pince, placée sur la solution de continuité. *

Une objection se présente de suite à l’esprit : sur la coupe d'une plaie réunie ainsi, on voit que la ligne de suture laisse au-dessus d’elle une certaine hauteur de tissus, susjacents à la zone de striction ; recevront-ils encore un afflux sanguin suffisant, aucun vaisseau ne pouvant plus y parvenir, qui n'aura d’abord été comprimé à son passage entre les deux fils? Toute cette portion des lèvres de la plaie qui dépasse le surjet, privée de sang, ne risquera-t-elle pas de se gangrener? Pareille appréhension ne saurait exister pour la partie située au niveau même des fils et pour la portion sous-jacente : normalement vascularisées, et même plus étroitement adossées que dans les sutures actuelles, elles se cicatriseront rapidement et, une fois cicatrisées, tiendront la plaie fermée.

La réparation est de toutes facons obtenue. Mais ce risque de gangrène de la portion sus-jacente ne semble même pas devoir être à craindre, et elle ne s’est pas produite dans toutes nos expériences faites jusqu'ici.

Voici une seconde objection. Dans le surjet classique, les surfaces de section des deux lèvres d’une plaie sont recouvertes par chacun des points, qui en les enjambant les rabattent l’une contre l’autre el enfouissent les surfaces à vif. Dans le surjet à deux fils, les points cheminent en pleine épaisseur des tissus et laissent les lèvres découvertes : ne pourra-t-il se produire de ce fait des adhérences ultérieures fâcheuses? D'abord, il est toute une partie de la pratique chirurgicale pour laquelle cette objection ne peut être soulevée, par exemple pour tous les plans séroséreux de la chirurgie intestinale, où il n’y a pas de surfaces sectionnées en présence, par conséquent aucune crainte d’adhérences par la suite. Mais, même lorsqu'il s’agit de parties cruentées, cet inconvénient ne peut prendre de l’importance que si les lèvres à sutures sont épaisses et offrent une large surface de section à nu. Il serait facile, en ce cas, le

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surjet fini, de Fébaitre et entoure ke OU cruentées par quelques points séparés de place en place : la rapidité de la technique proposée permettra de la faire, tout en réduisant sensiblement la durée de la suture actuelle.

Enfin le peu d'expérience que nous avons nous ferait tendre à réserver ce surjet à deux fils pour les fermetures de cavités (intestin, estomac, vessie); or, dans ce cas, c’est l'habitude déjà de recouvrir les sutures totales à points perforants par un plan d'enfouissement surajouté, séroséreux le plus souvent, et de ce - fait la possibilité d’adhérences se trouve absolument écartée.

L'avantage du nouveau surjet doit être de produire des réunions absolument étanches et complètement hémostatiques, résultant du mode de rapprochement des tissus. = Nous avons déjà dit plus haut que les lèvres de la plaie n'étaient plus seulement accolées par places comme dans le surjet actuel, qui laisse à l’activité des tissus le soin de combler ultérieurement les petits intervalles demeurés entre chaque point. Dans le nouveau mode dé réunion, les tissus sont mis d'emblée en contact absolu sur toute leur longueur, par la pression des deux fils, qui réalisent immédiatement et forcément

une occlusion parfaite. Cette amélioration nous paraît avoir une importance pour tous les genres de réunions ; mais c’est surtout pour les fermetures de cavités, et en particulier de cavités septiques, qu'il présente un grand intérêt. Tous les chirurgiens connaissent les résultats variables et souvent décevants des opérations sur le Gros Intestin. Les sutures tiennent difficilement sur ce segment du tube digestif, si septique d’une part et où les matières dures qui y circulent ne laissent guère de répit aux fils pendant les jours suivant l'opération. Il est permis de supposer que si les points lâchent au bout de 5, 7, 40 jours, c’est à la suite d'infections minimes, de petites suppurations, et on peut, pour la genèse de celles-ci,émettre l'hypothèse suivante: Le surjet actuel ne pouvant être immédiatement étanche de par sa structure même, ilse fait, dans des intervalles laissés par les points, de petites diffusions du liquide intestinal éminemment

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