INCONVÉNIENTS DE LA PRATIQUE ACTUELLE BUTS DE CES RECHERCHES
Les aiguilles à suture en usage actuellement semblent remplir si parfaitement leur but, comme en témoignent les merveilleuses opérations pratiquées journellement, qu'il paraîtra à beaucoup d'esprits, même des moins susceptibles d’être accusés de routine, que le besoin d’une instrumentation nouvelle ne se fait pas sentir. Nous allons pourtant présenter dans ce travail, des instruments et une téchnique différant de ceux qui, depuis nombre d'années, ont été partout adoptés.
Cette innovation nous semble motivée par les imperfections que présente encore la pratique actuelle, à savoir :
1° Les fils y sont soumis à de trop fréquents contacts et, par suite, très exposés à être contaminés;
2° Le rôle de l’aide y est trop considérable;
3° Le temps qu’il faut pour exécuter les points, constitue, dans certaines opérations à surjets multiples, un des principaux facteurs de leur gravité ;
%° L'étanchéité des sulures en surjet actuelles n'est pas ‘absolue et un accolement immédiat, rigoureux, n’est pas obtenu d'ordinaire, alors que cela serait si nécessaire dans les fermetures de cavités (opérations sur l'intestin, la vessie, etc.).
5° Il convient d'ajouter que la technique en usage auJourd'hui exige l’achat et l'entretien onéreux de multiples instru-
ments.
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Le premier des inconvénients que nous venons designaler, la contamination des fils, a une grande importance.
Les aiguilles employées actuellement peuvent être rangées en deux catégories : celles à chas antérieur près de la pointe, aig. de Reverdin à accrochage, aig. de Félizet ou de Doyen à enfilage, — et celles à chas postérieur, aig. d'Hagedorn qu'on monte sur un porte-fil, aig. de couturière !
Avec les unes et les autres, le fil n’est amené à la plaie et passé dans les chairs qu'après avoir subi le contact, souvent prolongé, de l'air, des plateaux et des mains. Ainsi, avec l'instrument de Reverdin ou de Doyen, l’aide, pour accrocher le fil à son extrémité, est obligé d'effectuer la série de manipulations suivantes : il retire, si cela n'a pas été fait déjà, la bobine de son enveloppe stérilisée et, la tenant de la main gauche, dévide une certaine quantité de fil, qu'il sectionne; puis, prenant ce fil entre ses doigts, il le porte du plateau dans la plaie pour le présenter au chirurgien. Parfois, celui-ci n’est pas prêt et son collaborateur est obligé d'attendre, le fil ainsi tenu dans ses mains, ou même il lui faut le remettre dans le plateau, puis l'y reprendre pour le porter de nouveau à l'aiguille. Qui n’a vu, au cours d’une opération, l'aide, dans ce trajet du plateau à la plaie, frôler avec le fil, sa blouse ou celle d’un spectateur, un champ qui n’est plus propre ou quelque autre objet environnant? Le chirurgien s'impatientet-il, son assistant précipite ses mouvements, les surveillant d'autant moins, et le malencontreux contact a plus de chances encore de se produire. S'il a lieu et qu'on s’en apercoive, on jette le fil; mais s'il passe inaperçu, le chirurgien enferme dans les tissus un fil contaminé, source probable d'accidents plus ou moins sérieux. Voilà pour les points séparés.
Avec le surjet les inconvénients de la pratique actuelle sont plus grands encore : prendre le fil, le tirer, le tendre, le reprendre avec les mains et cela à chaque point de suture, constitue un indéniable danger.
1, Nous ne parlons pas des agrafes de Michel, quoiqu'elles soient très ingénieuses, parce qu'elles ne peuvent être employées que pour les sutures cutanées.
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