‹ Essai d'Instrumentation et de Technique Nouvelles de SutureChapitre 3 sur 16 · INCONVÉNIENTS DE LA PRATIQUE ACTUELLE · texte numérisé non relu

INCONVÉNIENTS DE LA PRATIQUE ACTUELLE

On peut trouver que ces inconvénients sont moins sérieux que nous le prétendons, quand il s’agit de fils résorbables, mais s'ils ne le sont pas il nous semble difficile de maintenir cette objection. On sait bien que les fils non résorbables peuvent suppurer longtemps après l'opération et il est naturel : de rapporter la cause de cette infection à ces contaminations légères, en apparence insignifiantes. Quant aux infections graves et immédiates, si elles sont aujourd'hui fort rares, il n'en est pas moins vrai que lorsqu'elles se produisent, elles s’accompagnent d'accidents redoutables : c’est une suppuration de fil, qui, le plus souvent, fait se rompre une suture, rupture qui entraine parfois la mort (hémorragie, ouverture secondaire d’une cavité septique).

Nous n'oublions pas que l'emploi des gants a notablement diminué les risques d'infection des fils, en évitant leur contact direct avec les mains. Les gants ont certainement réalisé un grand progrès chirurgical dû, en France, à M. Quénu. Nous n'avons pas la compétenee nécessaire pour discuter ici les inconvénients que leurs adversaires ont pu leur trouver. Il nous semble seulement que, puisque l'usage des gants a, entre autres buts, celui de rendre inoffensifs les contacts des mains avec le fil, supprimer complètement ces contacts serait encore mieux. Au surplus, nous ne voyons aucune incompatibilité entre l'emploi des gants et celui de la nouvelle instrumentation : ce seraient deux précautions au lieu d’une, et la nouvelle technique, conforme aux idées chères à notre maitre, serait comme le complément des garanties qu'il juge nécessaires.

Comme conclusion de ce premier paragraphe, nous dirons que, quelle que soit l'importance qu’on accorde aux inconvénients décrits plus haut, on ne peut contester qu'une technique qui les ferait disparaitre est préférable à celle qui y expose. Amener le fil directement de son enveloppe stérilisée à la plaie, voilà l’idée directrice, qui a conduit à la confection de cette instrumentation. |

Nous avons dit qu’un autre inconvénient de la technique

communément appliquée est le rôle trop AAA EEe, de. l'aide. Pour le praticien ordinaire, pour le chirurgien de pro vince, la nécessité d'un aide, d’un aide sûr pour exécuter les sutures, met souvent en question la possibilité d'une opération dont l'urgence peut s'imposer. L'opérateur rencontre en cela un obstacle, qui le gêne à tout moment dans sa vie chirurgicale. Il est vrai qu'il peut toujours tenter de se passer les fils lui-même, mais cela est malaisé, long et, dans bien des cas, c'est même impossible.

Dans les grands centres scientifiques, la question est autre, Là le chirurgien est à peu près sûr de trouver toujours un collaborateur expérimenté. Mais, même en ce cas, des accidents viennent, de temps à autre, lui montrer qu'on ne peut avoir toute confiance qu’en soi-même. Il est hors de doute que le rèle de l’aide doit être diminué le plus possible afin de laisser à l'opérateur l'entière responsabilité des actes essentiels de l'intervention, notamment des sutures. Actuellement, si les fils suppurent, les chirurgiens sont toujours tentés d'en incriminer l’aide et, dans les opérations difficiles, c'est, pour beaucoup d’entre eux, une appréhension que de se demander si leur assistant prendra les mêmes précautions de rigoureuse asepsie qu'ils s'imposent eux-mêmes. D'autre part, que de fois le chirurgien perd du temps, parce que, dans le fond d’un bassin ou d’un périnée, son aide ne peut arriver à accrocher le fil! Ce malheureux plonge ses doigts, sa main, se perd dans le sang non épanché, qui l'empèche de retrouver le trou de l'aiguille, Le rôle du collaborateur, diminué ou supprimé, l’opération n'en serait que moins longue, mieux conduite et plus bénigne pour le malade. L'instrumentation nouvelle a tendu à réaliser ce désidératum. Nous croyons que son emploi permettra de pratiquer beaucoup plus facilement, sans aide, toute une série d'interventions; et, dans celles où un collaborateur est nécessaire, elle réduira au minimum la part de celui-ci dans l’exécution des sutures, supprimant ainsi presque absolument tout risque d'infection de ce côté.

Il est un autre progrès que la chirurgie a toujours cherché

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à réaliser : diminuër la ee a TR ntIon Tout le monde

ne peut atteindre à la virtuosité de certains opérateurs, aussi tout temps qui sera gagné indépendamment de l’habileté individuelle constituera-t-il un avantage, La technique qui va être décrite semble, surtout pour les sujets, devoir raccourcir notablement la durée des sutures et par suite celle des opérations.

Étant donnés les dangers d'une anesthésie prolongée, surtout dans ces longues anastomoses intestinales, un gain de

temps ne pourra-t-il pas contribuer à améliorer les résultats?

Le quatrième reproche, que nous avons eru pouvoir adres-

ser à la pratique adoptée jusqu'ici généralement, concerne l'étanchéité des surjets. Ce point est traité longuement dans la troisième partie de ce travail.

Nous nous bornerons ici à dire que nous avons essayé, grâce à notre nouvelle instrumentation, de réaliser un accolement plus rigoureux et une hémostase plus parfaite au moyen de surjets à 2 et à 1 fil, exécutés d’une façon particulière, et cela sans que les doigts de l'opérateur et de l’aide touchent au fil.

Enfin ilest un point, qui pourra paraître accessoire à quelques-uns, mais qui n’en est pas moins considéré cornme ayant une grande importance par la majorité des chirurgiens. Avec la technique actuelle, il est nécessaire, pour parer à tous les besoins, d’avoir dans son arsenal de suture toute une série d’instruments : Aiguilles de Reverdin, fines, fortes, longues, courtes, droites, courbes ; Aiguilles à pédale, Porte-fil, série d’aiguilles d'Hagedorn, d'Emmet à colpopérinéorraphie, etc. L'achat premier est déjà onéreux; l'entretien l’est . beaucoup plus, en particulier pour les plus employées d’entre “elles, les aiguilles de Reverdin. Très fréquemment, il faut les envoyer en réparation chez le fabricant, soit parce que le mécanisme intérieur si déli-

cat ne fonctionne plus, soit parce qu’elles sont émoussées et ne piquent plus, soit encore parce qu'elles accrochent. Il

n’est pas exagéré de dire qu'une aiguille fine à suture intestinale ne peut servir que quatre à cinq fois au maximum". Voici

ce qu'écrit M. Lejars dans le Traité de Chirurgie d'urgence

4. Dans les services de l'hôpital, c'est le plus souvent une à deux fois.

in | ee tete des NAS EE EU UT DE PES 16 INSTRUMENTATION ET TÉCHNIQUE NOUVELLE DE SUTUR SAN

(page 8): « L’aiguille de Reverdin exige un minutieux entretien, autrement elle s'encrasse vite, s’immobilise et trop -ouvent il arrive qu’elle ne serve qu'une fois. Il ne faut pas, après chaque intervention, se borner à la laver et à l’essuyer : il faut la démonter, déterger soigneusement à l'alcool ou au chloroforme les deux segments, les sécher et vaseliner la tige avant de la réenclaver... »

Au contraire, avec l’instrumentation que nous proposons, le même manche pourra servir pour toutes les variétés de sutures et d'interventions; il suffira de fixer à son extrémité l’aiguille appropriée à la région où l’on opérera et au genre de réunion à exécuter, aiguille qui ne coûtera que quelques sous. Aucun mécanisme intérieur n’existant, l'entretien sera nul. Si la pointe vient à s’'émousser, n'importe qui pourra l’aiguiser à nouveau. Voilà une série d'avantages matériels qui pour beaucoup ne sembleront pas négligeables.

On sait maintenant quels buts visent celte instrumentation et sa technique. Résumons-les.

1° Assurer plus rigoureusement encore l'asepsie des opérations en évitant aux fils les risques habituels de contamination, particulièrement ceux qui sont dus au contact des mains;

2° Restreindre le plus possible le rôle de l’aide dans la confection des points; le supprimer même au besoin dans nombre de cas. Cet avantage réalisé permettra d'une part à tout opérateur d’être seul responsable de ses sutures et étendra d'autre part le champ des interventions pour le praticien dépourvu d’aide expérimenté:

3° Écourter la dûrée de beaucoup d'opérations en diminuant le temps nécessaire à la confection des sutures ;

4° Réaliser par un surjet approprié des occlusions immédiatement hermétiques, d'une étanchéité absolue, rigoureusement hémostaliques; |

5° Simplifier l'arsenal du chirurgien, en lui donnant pour tous les cas une instrumentation de suture unique, très robuste, d'achat modique, d'entretien presque nul.

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