A. SURJET À DEUX FIES
Comme nous avons fait pour les Points Séparés, nous destinerons deux chapitres’ à l’Instrumentation et à son mode d'emploi. | | 1° INSTRUMENTATION
Elle se compose des trois éléments suivants : Aiguille- Porte-fil, Pince et Conducteur ou Passe-fil.
Les deux premiers instruments nous sont déjà connus. Cependant la Pince peut ici sans aucun inconvénient être du modèle ordinaire; la Pince-Ciseaux évitera, le surjet étant fini, d'aller prendre un instrument coupant, avantage qui n’a guère
d'importance.
Pour l’Aiguille Porte-fil, une de ses parties, l'agent de coincement du fil, que nous avons montré sur la paroi supérieure du canal de celui-ci, mérite un long développement. Après de nombreuses recherches, la réalisation la plus pralique nous a paru être soit une came excentrée pivotant autour d'un axe, soit encore une petite pièce carrée verticale, percée de deux petites rainures très obliques qui guident ses mouvement de descente et d’ascension. L'une et l’autre disposition ont pour résultat de venir à volonté faire pression sur la paroi inférieure du canal sous-jacent qui contient le fil. La commande se fait au moyen du pouce qui imprime aux pièces absolument le même mouvement qu’au bouton de l'aiguille de Reverdin. Cette similitude voulue simplifie l'apprentissage de
la nouvelle instrumentation. En poussant la came, on laisse la
voie libre au fil; en la tirant à soi, on arrête le déroulement.
Les deux figures ci-contre feront mieux comprendre que toutes.
les descriptions cette manœuvre. C’est un mouvement auquel la main du chirurgien est habituée depuis longtemps; seulement ce ne sera pas au.même moment qu'il faudra l'exécuter. Cette possibilité d'arrêter le dévidage du fil est indispensable, nous le verrons, pour exécuter les surjets que nous proposons.
Le Conducteur ou Passe-fil est une pièce nouvelle; il
en est présenté deux modèles, un conducteur à main, un.
conducteur automatique.
A. Conducteur à main. — Celui-ci est très simple, sorte de grosse aiguille à pointe mousse, de forme cylindrique et qui porte à la partie opposée à la pointe un accrochage destiné au second fil du surjet. La figure ci-contre montre que cet accrochage cst formé d’un canal à deux branches en forme de V; une branche est ouverte en haut et descend très obliquement, l’autre, ascendante, se termine en eul-de-sac à sa partie supérieure. La petite partie métallique, flexible, qui sépare l’une de l’autre les deux branches du V, est disposée de facon, en position de répos, à obturer la partie moyenne de la branche descendante. Le cul-de-sac qui termine en haut la branche ascendante s’effile de facon à pouvoir constiluer un - agent d'arrêt pour le fil qui y sera engagé.
La manœuvre d'accrochage peut se faire de deux façons :
différentes. La première, plus simple, consiste, le bout du fil étant tenu avec une pince, à introduire sa partie toute proche dans la première branche descendante; un ressaut indique que l'on à franchi la petite lamelle obturante. Arrivé au sommet du V, et sans s'arrèter, on remonte le fil dans la branche ascendante pour aller le coincer tout en haut. Par suite de la disposition du canal, le fil n'a pas pu, dans ce second temps, reprendre le chemin par lequel il était entré. Le fil est déjà très solidement fixé dans sa fente, il est utile cependant de parfaire son coincement en tirant légèrement et successivement avec la pince sur chacune des branches de l’anse formée.
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© DESCRIPTION DE L'INSTRUMENTATION ET 'DE SA TECHNIQUE 35 L'accrochage ainsi réalisé est souvent suffisant, mais il . nest pas infaillible; c'est pourquoi nous en préconisons un . second légèrement plus compliqué à faire, mais celui-là indé- , faisable. On commence, de la même façon que précédemment, par faire entrer le bout libre du fil jusque dans le fond de la branche descendante, mais arrivé là on le laisse dans le sommet du V. La pince qui n'a pas lâché le fil lui fait faire alors
le tour du conducteur en passant par-dessus la première demi-boucle; enfin elle l’engage une seconde fois dans la branche descendante jusqu'au sommet du V. C’est alors seulement que les deux demi-anses sont ramenées ensemble vers le cul-de-sac effilé de la branche ascendante où elles viennent se coincer. On finit, comme dans la première manière, en assurant plus fortement ce coincement par une petite traction complémentaire sur les deux chefs de la boucle. L'accrochage ainsi exécuté et toujours sans le moindre contact des doigts, ne se défait pas. En revanche, s’il est nécessaire de le supprimer, la chose est réalisée de suite : une traction sur le bout libre ramène celui-ci vers le sommet du V; la boucle est désormais assez lâche pour que si l’on tire de la même façon sur l’autre chef (en continuité avec le reste du fil), celui-ci se dégage complètement. Cette facilité de désaccrochage du deuxième fil permet, au cas d’une mauvaise manœuvre dans le cours du surjet, de pouvoir rendre la liberté au fil et réparer la faute sans avoir tout à recommencer.
f Le conducteur à main, très simple, évite absolument au fil le contact des doigts, en revanche, il subit lui-même des manipulations répétées; or, comme il va avoir au cours du surjet à passer et à repasser dans les anses successives du premier fil, on peut lui reprocher qu'il ne supprime pas tout risque de contamination des fils.
B. Aussi avons-nous cherché à créer un passe-fil ou conducteur automatique, muni d’un manche, et qui échappe à ces critiques. Deux modèles ont été faits, dont l’un semble devoir être d’un emploi beaucoup plus général et que nous allons décrire. Il est formé, une fois monté, de deux pièces :
une pièce femelle enfermant incomplètement une pièce mâle, où navette à laquelle elle laisse un certain jeu, sans que pourtant, tel un grelot, elle lui permette de s'échapper.
a) Cette pièce mdle correspond au conducteur à main dont il a été question; comme lui, elle va remplir l'office d’aiguille mousse à laquelle ou accrochera le second fil. Elle présente une extrémité antérieure très effilée, une extrémité postérieure mousse, arrondie, portant l’accrochage, et une portion moyenne ou corps, renflée. L'union du corps avec l'extrémité effilée forme le collet. Comme on le voit sur la coupe, la pièce est tout entière creuse pour en diminuer le poids. Nous ne redécrirons pas l’accrochage qui est absolument semblable à celui du conducteur à main. Les différentes courbures que présente cette pièce mâle sont, après bien des tàätonnements, la disposition qui à été trouvée la meilleure pour permettre ses déplacements dans la pièce femelle, sans qu'elle puisse s’en échapper.
b) La pièce extérieure ou femelle se compose d'un Manche terminé par deux Branches. L'une de celles-ci est rectiligne et plane, l’autre décrit au-dessus de la première une courbe prononcée', qui après avoir écarté les branches ramène leurs extrémités toutes proches et vis-à-vis l’une de l’autre.
Ces extrémités présentent deux pièces rapportées constituant comme deux Valves, de forme allongée, qui emprisonnent la partie mâle déjà décrite. La Valve inférieure est plane et rectiligne, sauf aux deux bouts qui sont recourbés en bras.
La Valve supérieure très différente est creuse pour s’adapter par la convexité de la pièce màle ou conducteur, et elle se lermine à sa partie antérieure en se recourbant en haut. La Valve inférieure étant incurvée en sens contraire, ces deux extrémités forment une sorte d’entonnoir dans lequel devra s'enfoncer au cours du surjet le bout de l'aiguille munie de l’anse du fil.
1. Gelte courbure de la branche supérieure a pour but d'éviter tout heurt de cette partie avec la pointe relevée de l'aiguille, lorsque celle-ci, ayant à chaque point du surjet traversé les chairs, se trouve de l’autre côté de la plaie,
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IPTION DE L'INS
Tout cela paraîtra beaucoup plus clair une fois que nous
aurons expliqué le maniement de cet instrument, auquel nous donnons désormais le nom de Passe-Fil.
Montage du Passe: Fil. — Lorsque le Passe-Fil est démonté en ses deux pièces (par exemple après le passage à l’autoclave), voici la manœuvre pour le remonter. De la main gauche, on prend le manche de la pièce femelle, tandis que de la droite on présente le conducteur bien parallèlement à la fente allongée que forme l'écartement des deux Valves. Pour l'y faire pénétrer, il faut forcer un peu, l'intervalle devant être momentanément agrandi, grâce à l’élasticité du métal, pour pouvoir admettre le conducteur. Une fois entré, il tombe dans la cavité avec un petit bruit caractéristique. La manœuvre pratiquée une ou deux fois se fait facilement ensuite. Il va sans dire que comme pour toute pièce mécanique, il ne faut pas agir avec brutalité, et comme l’ajustage de l'instrument a besoin d’être très exact, le fonctionnement de l'appareil ne se ferait plus bien.