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OT .Tov PAuoy abrod dvxré Aer TL moynpods at &yalobs, rat Poiyer èrt dinalous nat dd{xovc.
46. Edy yap dyamhonte tobs dyartvras bUäc, Tiva puiobèy pets; OÙyt nat ot TeAGvE Td &ÜTD TOtoUot ;
47. Kai dy domdonsde vobs dde kpods DuGy pévoy, Ti Teptooùv moueîte; oÙyt xat oÙ Ebvrnot oÙruw Totobatv ;
V, 43. Vous avez entendu qu'il a été dit : «Tu aimeras ton pro- «chain, et tu haïras ton ennemi.».
44. Mais moi je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous outragent et qui vous persécutent,
45. Afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et les injustes.
46. Que si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense avez-vous? Les publicains aussi ne font-ils pas cela P
47. Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous de plus ? Les Gentils aussi ne font-ils: pas ainsi ?
Il était écrit dans la loi : « Tu ne haïras point « ton frère dans ton cœur ;... tu ne te vengeras « point, et tu ne garderas point de ressentiment « contre les enfants de ton peuple; mais tu ai- « meras ton prochain comme toi-même. » (Lévitique, XIX, 17, 18.) Les scribes n’avaient gardé de ce commandement que les mots : Tu aimeras ton prochain, en en retranchant ceux qui prescrivent de prendre pour mesure de l’amour pour le prochain celui qu’on a pour soi-même. Quant à ce précepte : Tu ne haïras point ton frère, ils l'avaient transformé en celui-ci : Tu haïras ton ennemi. Les mots prochain et frère étaient pris par eux, d’après cela, dans un sens très restreint, à l’aide duquel ils réduisaient le commandement ancien à ceci : « Tu aimeras celui qui t’aime et tu haïras celui qui « te hait. » C'était encore la loi du talon, qu'ils faisaient servir ici à régler les sentiments.
Jésus, d’un seul mot, remet tout à sa place.
« Aimez vos ennemis, » dit-il à ses disciples. Il veut que l’ennemi, pour eux, ne cesse pas d’être le prochain; que leur prochain, ce soit, indépendamment de ses sentiments à leur égard, tout homme assez proche d’eux pour que leur bienveillance puisse le distinguer entre tous. S'il les déteste, ils n’en doivent pas moins lui être favorables, répondant aux manifestations de sa haine par les marques d’une affection qui ne se laisse arrêter par rien. Aimez vos ennemis, leur dit Jésus; bénissezles, faites-leur du bien, priez pour eux, quoiqu'ils
Len Lee à = à —
MATTHIEU, V, 43-417. 107 vous haïssent, vous maudissent, vous outragent et vous persécutent! Voilà les représailles à leur usage : c’est la loi du talion retournée.
Jésus avait déjà appris à ses disciples à ambitionner le beau nom de fils de Dieu. (V, 9.) Mais pour être ses fils, 1l faut qu'ils imitent le père qu’ils ont au ciel. Et que fait-il ce père? Les méchants et les injustes sont ses ennemis : il n’en fait pas moins lever son soleil et descendre la pluie sur eux comme sur les bons et sur les justes. Il faut donc que les disciples, s'ils veulent se conformer à Dieu, en agissent envers leurs ennemis avec un amour qui se règle sur celui que Dieu témoigne aux siens.
Mais si Jésus proposait cet exemple à leur imitation, les scribes se gardaient bien de tenir le même langage. Ils substituaient à l’amour du prochain, tout en en conservant le nom, les préférences qui résultent du bon vouloir dont on est soi-même l'objet, et qui sont, par conséquent, indépendantes de tout commandement. Jésus, pour empêcher ses disciples de se contenter de si peu, fait allusion aux bénédictions et aux récompenses qu’il a rattachées, dès l’entrée de son enseignement sur la montagne (V,5, T, 9), aux dispositions qu’il leur recommande de nouveau ici. À laquelle de ces promesses, leur demande-t-il, peut correspondre une telle altération de l'amour du prochain? Aimer ceux dont on est aimé, est une affection naturelle qui ne saurait, selon lui, donner lieu à aucune récompense de ce genre. C’est un amour facile, que les publicans -
eux-mêmes, si décriés par les Juifs, mettaient en pratique. C’est un amour qui se refuse à sortir des limites qu’il s’est tracées, et qui est d'autant moins actif dans le cercle où il se renferme, que ce cercle est plus étroit. Quand on ne salue que ses frères, on en vient vite à ne plus faire, même pour eux, autre chose que les saluer. Mais les Gentils ne saluent-ils donc pas aussi leurs frères? Certes, ils le font, en sorte que leur conduite, malgré le dédain que les Juifs ont pour eux, n’est pas inférieure aux maximes des scribes. Il résultait de là que la morale des seribes et la morale des Gentils, c'était tout un. Et voilà pourquoi Jésus disait à ses disciples, que si leur justice ne surpassait pas celle des scribes, ils n’entreraient pas dans le royaume des cieux. (V, 20.)
V, 48. "Ececoûe oùy busis té- V,.48. Vous done, soyez: par- Actot, bonep à rarhp buüy 6 éy faits, comme votre Père qui est TOÙs oÙpavois TÉASLÉS ÉGTL. dans les cieux est parfait.
Jésus, avant de se tourner vers d’autres adversaires, termine par ce mot sa polémique contre les scribes. Tandis que ceux-ci, par toutes sortes de
subterfuges, étaient parvenus à réduire tous les commandements à rien, Jésus s'était appliqué à relever leur autorité et à montrer, à propos de quelques-uns d’entre eux, combien leur portée était grande. Maintenant ce n’est plus à la loi qu'il dit
à ses disciples de regarder, mais à celui qui la donnée; et qui est lui-même la loi vivante à laquelle
MATTHIEU, V, 48. 109 ils sont appelés à se conformer. Moïse, déjà, avait proposé Dieu comme modèle à limitation des enfants d'Israël, en leur disant de sa part : « Soyez « saints, comme je suis saint, moi l'Éternel votre « Dieu (1). » Cette parole, aussi bien que celle de Jésus qui en est l’écho, ne laissait en dehors d’elle aucun devoir, quelque élevé qu'il pût être. Inviter ceux qui veulent être les enfants de Dieu à prendre sa sainteté pour règle, ou leur enjoindre d’être parfaits comme Dieu, c'était tout un.
Je ne saurais quitter ce sujet sans faire remarquer encore une fois que des préceptes tels que ceux-ci ne pourront jamais trouver place dans les codes des nations, vu qu’ils les dépassent de toutes parts. On a eu bien raison de le dire : « La sa- « gesse de l'individu est de vouloir être parfait; « la sagesse des gouvernements est de ne jamais « oublier que les hommes sont imparfaits (2). » La perfection, loi impossible pour les royaumes de la terre, ne peut donc être proposée qu’à ceux qui aspirent à faire partie du royaume des cieux. C’est pour cela que le Messie, qui devait donner à la loi toute l’étendue qu’elle a quand elle est le reflet parfait de la sainteté divine, ne pouvait être qu'un roi exerçant son empire sur les esprits et sur les volontés. S'il avait dü être un roi tempo-
(1) “Aytot Loeçhe, Br ytos &yd xôpios © dedc buGv. (Lévitique, KIX 2 TAXS)
(2) Viet, Études sur la littérature française au dix-neuvième siècle. Première édition. Tome 1, page A.
rel, ainsi que la plupart des Juifs le pensaient, il se serait vu obligé, comme les autres législateurs, à abaisser ses lois au niveau moral des hommes pour lesquels il les aurait faites, au lieu de leur en apporter de parfaites et de les sommer d’agir sur eux-mêmes pour se mettre en harmonie avec leur perfection.
Les lois de Jésus ont ce dernier caractère. Autant elles conviendraient mal à tout autre roi qu’à l'Ont de la prophétie, autant elles réalisent pleinement l’idée de ce que devaient être celles de cet envoyé céleste. Matthieu n’avait sans doute pas besoin d’insister beaucoup pour faire sentir aux Juifs qu'une telle législation ne se pouvait concilier avec les nécessités d’un gouvernement temporel quelconque. Cette législation parfaite étant cependant celle promise par Dieu à son peuple, ils ne pouvalent, en vertu de sa promesse même, en attendre la proclamation que d’un roi spirituel ; or, d’après l’Apôtre, Jésus était ce roi.
VI, 1. Ioocéyere nv Stxato- : VI, 1. Gardez-vous de pratiquer cûvny du LA motety Éuroocbey votre justice devant les hommes roy av0pwrwy rpèc To ealñvar pour en être regardés ; autrement abtots: et dE umye, puo0dy oùx vous n'avez point de récompense Éyere rap to ratot Ou@v r@ &v chez votre Père qui est dans les Tois obpavoic. cieux.
Jésus en a fini avec la fausse justice des scribes. Il arrive maintenant à celle des pharisiens, tout aussi peu propre que l’autre à procurer accès dans le royaume des cieux.
MATTHIEU, VI, 1; 2-4. {14 Ce qui distinguait surtout les pharisiens, c'était l'affectation d’une vertu et d’une piété qu'ils étalaient d'autant plus qu’ils n’en avaient que les dehors. L’hypocrisie était tellement mêlée comme un ferment à toutes leurs œuvres, qu'ils offensaient Dieu, par les actes les meilleurs en apparence, dans l’accomplissement des devoirs les plus saints. Jésus avertit ses disciples de bien se garder de les imiter, en donnant, comme eux, leur Justice en spectacle aux hommes. Il va leur faire voir, par l'exemple de l’aumône, de la prière et du Jeüne, que cette préoccupation fait perdre toute signification aux choses religieuses. Ils auraient beau accomplir extérieurement tout ce qui est juste : ils ne devraient s’attendre à aucune récompense de la part de Dieu, si le but de leurs pratiques pieuses était d’attirer sur eux d’autres regards que les siens. Ce n’est pas ainsi qu'ils pourraient tendre à la perfection, que Jésus vient de leur dire de poursuivre; car « pour être parfait, il faut « absolument rechercher les regards et ambition- « ner l’approbation d’un être parfait (1), » et l’on ne peut pas y aspirer sérieusement, si l’on est avide, avant tout, de celle d’êtres imparfaits comme le sont les hommes.
VI, 2. ‘Oray où mors Ehen- VI, 2. Quand donc tu fais l'aupooüynv, Lh caAtions Éprpootév mône, ne sonne pas de la tromcou, Gorep of bronprrat rotobaw pette devant toi, comme font les
(4) Viner, Discours. Cinquième édition, page 225.
Év Tais ouvaywyaic Aa Év Ts Pouats, Exws dobashüorv Ürd Tv 4pbruv. ’Auhy Xéyo ÜUV, dméyouor Toy puo0dv ad- TOY.
3. Zoÿ dE motoüvros ÉAEnUOcÜV'NY, HN YVOTU À AptOTEpÉ cou, Ti moe h DeËtd co,
4. "Orus À co À Ekenuocbvn Ëv TO KEUTTO* HAL © TATAP GO, 6 PAërwy év To xpunt@, adtèc &roÔWoEL Got ÉV T® pavept).
hypocrites dans les synagogues et dans les rues, afin d’être célébrés par les hommes. En vérité, je vous le dis, ils reçoivent leur récompense.
3. Mais toi, lorsque tu fais l’aumône, que ta gauche ne sache point ce que fait ta droite,
4. Afin que ton aumône soit secrète; et ton Père, qui regarde ce qu'on fait en secret, te le rendra publiquement.
L’aumône doit être le secret de ceux qu la font : c’est la première application du précepte que Jésus oppose à la conduite des pharisiens. Il faudrait, si cela était possible, qu'on se la cachât à soi-même, ou, selon la belle image qu’il emploie, que les actes de bénéficence accomplis par l’une des mains demeurassent ignorés de l’autre. Ainsi, ce n’est pas la recherche de la louange des hommes seulement qui est interdite, mais aussi cette complaisance envers soi, qui fait qu’on se sait bon gré de ses bonnes œuvres et qu'on s’en glorifie intérieurement. L’oubli et le mystère sont des conditions de l’aumône agréable à Dieu. Aussi Dieu ne prend-il pas plaisir à celle des hypocrites (1). Soit qu'ils participent aux collectes pour les pauvres qu se font dans les synagogues, soit qu’ils donnent l’aumône dans les rues, les hypocrites s’ar-
(1) Longtemps avant la rédaction des Évangiles, les LXX avaient déjà fait usage de ce mot : broxotrai napôia. (Job, XXXVI, 43. LXX)
MATTHIEU, VI, 2-4; 5, 6. 113 rangent de manière à être remarqués et loués des hommes. Ils font grand bruit de leurs libéralités, embouchant eux-mêmes la trompette, de peur qu’on ne les exalte pas assez. N'ayant fait le bien que pour en acquérir du renom, ils sont contents lorsqu’on les paye en applaudissements. Mais les disciples seraient bien à plaindre s’ils n’avaient pas un meilleur salaire. Jésus leur déclare que leur Père céleste se chargera de récompenser ceux qui font leur aumône en cachette. Tandis qu’en se dépouillant par vanité de ses biens, on se prive des biens de Dieu, on peut tout espérer lorsqu'on n’a que lui, qui sait tout, dans sa confidence, et qu’on ne veut avoir d’autres témoins que ses yeux.
VI, 5. Kai ôtav mpoceiyn, oÙx Éon Gonep où Üroxotral: rt puAoDoty Év Tais ouvayuYyais al Êv TAis Yuvias TOY TAGTEUDY Éorotes moocevyeolat, érws àv gavüot toïs dvbpüTotc. ’Auhy héyw Div, OT dméyouot Tèv ptobèv abtTüv.
6. XÙ dE étay rpocelyn, eloe0e eis To Tapteiév cou, na xhcloas thy Oboav cou roéoevËat ré Tatpl cou Tü ÉV TO XEUTTO” Kat rare sou, à Bhërwv àv To KPUTTÉ, AMOÛHIEL GO ÉV TÉ PA vec.
VI, 5. Et quand tu pries, ne sois pas comme les hypocrites ; car ils aiment à prier dans les synagogues et aux coins des rues, en se tenant debout, de manière à être vus des hommes. En vérité, je vous le dis, ils reçoivent leur récompense.
6. Mais toi, quand tu pries, entre dans ton cabinet, et ayant fermé ta porte, prie ton Père qui est /à secrètement, et ton Père, qui regarde ce qu'on fait en secret, te le rendra publiquement.
La prière aussi, pour ne pas être hypocrite, ne
doit être faite qu’en vue de Dieu. Rechercher par
ses prières les louanges des hommes, ce n’est pas
prier Dieu, c’est prier les hommes : c'est eux que
les pharisiens prient, lorsqu'ils s’arrangent de manière à en être vus. Les prières publiques dans les synagogues et celles qui, d’après les usages des Juifs, se faisaient, en certaines occasions, sur les places ou dans les rues, étaient plus de leur goût que la prière secrète, parce qu’elles leur offraient le moyen de se mettre en évidence. Ils avaient soin, en ces occasions, de se tenir debout (Luc, XVIII, 11), en sorte qu’on les voyait prier; et comme ils ne voulaient que cela, ils se trouvaient assez payés. Pour le disciple, ce ne serait rien : aussi, pour prier, doit-il préférer aux lieux où la foule se rassemble, le cabinet le plus retiré de sa maison. (Actes, X, 9.) Plus 1l sera seul'avec Dieu, moins ses prières seront troublées. Il ne lui faut que l’œil, que l'oreille de son Père, et il sait qu’en s’enfermant à l’écart pour se mieux recueillir devant lui, il ne se privera pas de sa présence, ni par conséquent de sa récompense, qui sera aussi ouverte que les prières qu'il fait auront été cachées.
VI, 7. Ilpocsuyémevor à ph VI,7. Ne soyez pas verbeux en Barrohoyhonte (1), Goep oi priant, comme les Gentils; car Ovrxot: Doxobot Ye, tt ëv rh ils pensent qu'à cause de l’abon- ToAVAOYIx aœbtüv elcaxoucb- dance de leurs paroles ils seront JOVTaL. entendus.
(1) Notre mot Battologie (répétition inutile d’une même chose), nous est venu, on le sait, du grec : faztohoyeiv, farroovia;: mais il est d’un usage trop restreint pour que dans une traduction il puisse servir à autre chose qu’à aider dans la recherche d’un mot plus usuel, ayant le même sens.
8. Mh où duouwwôre adroïis 8. Ne vous conformez pas à oùde vydo à marne buüv, y eux; car votre Père sait de quoi ppclav Éyere, mod Toû Duôc ai- vous avez besoin, avant que vous Thot adtéy. le lui demandiez.
Autant les pharisiens aimaient à être vus, autant ils aimaient à être entendus des hommes, quand ils priaient. De là leurs longues prières, lorsqu'ils priaient à haute voix, comme organes de l’assemblée, dans les synagogues et les lieux publics (Actes, XVI, 13, 16): prières verbeuses et pleines de redites, où la multiplicité des mots réussissait mal à dissimuler la pauvreté des requêtes. Les Gentils faisaient de même, mais par un autre motif que les pharisiens. Ils s’imaginaient que leurs dieux les entendraient mieux, s'ils leur redisaient souvent les mêmes choses, pour les mettre bien au fait de leurs besoins. Les disciples n'auraient pu alléguer cette excuse : 1ls savaient, en effet, que leur Père a connaissance de ce qui leur manque, avant même qu'ils ne l’invoquent. Si, malgré cela, ils étendaient et ils délayaient leurs prières, il faudrait bien admettre, puisque ce ne pourrait être par ignorance comme les païens, que c’est pour en tirer vanité comme les hypocrites. Qu'ils se gardent donc, sous ce rapport encore, de les imiter, en revenant souvent et inutilement, dans leurs prières, sur ce qu’ils ont déjà dit!
VI, 9. Oüruwc oùv mooosbye- VI,'9. Priez donc, vous, ainsi : 00e dmets” Iléreo uv 6 év rois Notre Père, qui es dans les cieux,
oÙpavois, &ytacbmrw To Ovoux que ton nom soit sanctifié! GO0"
10. ÆE)bérw h Baothela covve/nOTu Tù DEA cou wc èv oÙpavé xal TI TA VAS