‹ Essai d'interprétation de quelques parties de l'Évangile selon Saint Matthieu (volume 4)Chapitre 20 sur 56 · II. LES APÔTRES · texte numérisé non relu

II. LES APÔTRES

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IX, 35. Et Jésus allait par toutes les villes ét les bourgades, enseignant dans leurs synagogues, publiant la bonne nouvelle du royaumé, et guérissant tout mal et toute infirmité parmi le peuple.

36. Et voyant cette multitude dé gens, il fut ému de compassion à leur sujet, parce qu’ils étaient misérables et laissés dans l'abandon, comme des brebis qui n’ont point de berger.

37. Alors il dit à sés disciples : La moisson est grande; mais il y a peu d'ouvriers.

38. Recourez donc au maître de la moisson, pour qu’il envoie des ouvriers dans sa moisson.

Toute la section relative aux miracles (VIII, 2 — IX, 34) étant, ainsi que je l’ai dit, en dehors de la suite du récit et de l’ordre des temps (1), il faut, pour y rentrer et reprendre le fil de la narration, rapprocher l’un de l’autre les deux versets (VITE, À et IX, 35) que cette section sépare, et les lire comme s’il n’y avait pas d’interposition entré eux. On voit alors qu'après être descendu de là montagne où il

(1) Voir Partie HF, page 8.

plu MATTHIEU, IX, 95-38.

avait instruit ses disciples, Jésus, autour duquel de grandes troupes s'étaient reformées, se remit à parcourir les villes et les bourgades de la Galilée, enseignant, publiant la bonne nouvelle du royaume et guérissant les malades, de même qu’il Pavait fait avant de se retirer loin de la foule. Ses guérisons miraculeuses ne faisaient pas moins partie de son Évangile que sa prédication; car elles ouvraient le cœur à l'espérance comme ses paroles, étant toutes pleines de promesses (1).

Ici commence une autre section de l’enseignement de Matthieu, celle relative aux apôtres, les auxiliaires de Jésus dans l’œuvre de la fondation de son royaume, et ensuite ses continuateurs.

Le peuple se rassemblait sur ses pas; mais si, partout où il arrivait, 1l rendait la santé à tous les malades, il était bien loin d’y convertir tous les pécheurs. Aussi quel abandon que celui des populations qu’il venait de visiter, lorsqu'il les quittait pour se rendre ailleurs! Il y avait, il est vrai, des scribes au milieu d’elles; mais, incapables de les conduire, ils ne pouvaient leur être d'aucun secours. Plein de compassion pour ces pauvres délaissés, Jésus les comparait tantôt à des brebis sans berger, tantôt à une moisson qu'il faudrait couper, et qui, faute d’un

(4) « Miracula Christi non tantum accipias ut sigilla, sed etiam « ut Evangelium, et promissiones divinas : non enim minus ad « Evangelium pertinent miracula, quam verba Christi : bona enim « annunciant ac promittunt. » (J. Ferus, {x Evangelium secundum Matthæum enarrationes. Parisiis, 41564. Fol. 143 a.)

MATTHIEU, IX, 35-38; X, 1-8. 07 nombre suffisant d'ouvriers, attend en vain la faucille.

Jésus, on l’a vu, s'était appliqué sur la montagne à former des ouvriers pour le maitre de la moisson. (V, 13-16.) Il s’en fallait beaucoup cependant que tous ceux qui y avaient entendu ses leçons fussent pour cela en état d’instruire. Il importait, par conséquent, que Dieu envoyât lui-même dans son champ les hommes qui y devaient travailler. Jésus invite ses disciples à le lui demander. Rien ne pouvait leur donner une plus haute idée de l’office auquel il s’agissait de pourvoir que de le représenter comme conféré par Dieu même. Rien aussi n’était plus propre à prévenir les Jalousies et les rivalités auxquelles le choix des uns et l'exclusion des autres auraient pu donner lieu, que cette recommandation de recourir à lui, pour lui en remettre le soin. C’est lui qui donne mis- SION aux ouvriers.

X, 1. Kat mposxahecdmevos rods Ouwdenx palntas abroù

X, 4. Et ayant appelé ses douze disciples, il leur donna

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