‹ Essai d'interprétation de quelques parties de l'Évangile selon Saint Matthieu (volume 4)Chapitre 22 sur 56 · Iopeudpievot de #NpÜssÈ · texte numérisé non relu

Iopeudpievot de #NpÜssÈ

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Lebbée, surnommé Thaddée ;

4. Simon le Cananite et Judas l'Iscariote (1), celui qui le livra.

5. Jésus envoya ces douze, après leur avoir donné ces instructions : Ne vous réridéz pas chez les Gentils et n’entrez dans aucune ville des Samaritains;

6. Mais allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d'Israël.

7. Et quand vous serez partis, élevez la voix et dites : Le royaume des cieux est proche!

8. (ruérissez les malades, réveillez les morts, rendez les lépreux nets, chassez les démons.

Vous avez reçu gratuitement, donnéz gratuitement.

Jésus avait précédemment choisi, suivant le rap-

port de Marc et de Luc, douze de ses disciples pour être habituellement avec lui, leur -donnant dès lors le nom d’apôtres, en raison de la mission à laquelle il les destinait, et pour l’accomplissement de laquellé 1] se proposait de leur accorder, lorsque le temps en serait venu, là puissance d’opérér des guérisons miraculeuses. (Marc, IT, 13-19. Luc, VI, 19-16.) Nous avons ici la liste de ces douze disciplés. Simon-Pierre, dont la prééminence sur ses compagnons peut être

(4) L'Iscariote. « Du nom de la ville d'où il était, » (Carysos- TOME, XXATIe Homélie sur saint Maithieu.)

(2) Les mots vexpobc éyeloete, réveillez les morts, manquent dans beaucoup de manuscrits.

MATTHIEU,: X| 158, 5q expliquée diversément, mais ne saurait être niée, y occupé à dessein le premier rang, tandis que Judas, par un motif opposé, n’y est nommé que le dernier. On aura remarqué, parmi les autres, André, le frère de Simon, Jacques et Jean, les fils de Zébédée, et Matthieu le publicain ; car nous avons déjà rencontré leurs noms dans cet Évangile.

Emu de l’abandon des populations sur tout son passage, Jésus se décide à mettre ces douze hommes à l’œuvre pour le seconder; mais il sent qu’il est nécessaire, avant de les envoyer, de les préparer d’une manière spéciale à l’accomplissement de leur tâche. En conséquence, interrompant la visite des villes et des bourgades de la Galilée qu’il était en tram de faire, 1l appelle auprès de lui les douze, afin de leur communiquer le don de guérir, au moyen duquel 1l voulait les accréditer auprès du peuple comme ses envoyés, et de leur donner, en outre, les directions dont ils avaient besoin, non-seulement en vue de ce premier message, mails en vué aussi de leur mission future. Je ne puis pas, ainsi qu’on lé fait souvent, me représenter ces instructions comme renfermées toutes dans une sorte de discours d'adieu, prononcé par Jésus au moment du départ de ses disciples (4); La matière aurait été beaucoup trop ample pour être resser: rée en de si étroites limites. Matthieu, d’ailleurs, en disant que Jésus, après avoir achevé de leur donner ses ordres, se remit à aller de ville en ville (XT, 1),

(1) « Instructionsrede. » (DE Werte, sur Matthieu, X, 5-42.)

nous oblige à penser à un temps de retraite, d’une certaine durée, remplissant l'intervalle entre deux de ses tournées de prédication.

Les paroles de leur maître étaient pleines de promesses; le don de guérir qu'il leur accordait leur rendait sensible la réalité de l’assistance divine qu’il leur assurait; mais quelle révélation pour eux, sur les obligations de la charge d’apôtre et sur ses difficultés, dans les avertissements qu’il leur adresse! Aucun d’eux, en s’attachant à lui, ne s'était attendu à rien de pareil. C’est pour cela précisément que Jésus leur présente ici, comme à l'avance, un tableau de leur ministère futur, et leur apprend quelle est la ligne de conduite qu'ils doivent tenir, et de quels sentiments il faut qu'ils soient animés, pour le bien remplir. Il veut qu'ils parcourent le pays en disant comme lui, et comme Jean le Baptiste avant lui : « Le royaume des cieux « est proche! » Ils attachaïent, il est vrai, un sens spirituel à cette proclamation, puisque nous savons positivement qu’il leur était donné de connaître les mystères du royaume des cieux. (XIII, 11.) Mais comme ils étaient encore persuadés alors que ce serait Jésus qui rétablirait le royaume d'Israël (Actes, [, 6), ils ne pouvaient guère être, durant cette mission, à cause de la confusion de leurs idées, que les échos de sa voix et non les instruments intelligents de sa volonté. Ils avaient besoin de plus sévères leçons pour ne pas se méprendre sur la vraie portée de la promesse qu'ils étaient

MATTHIEU, X, 1-8. 61, chargés de faire entendre à leur tour, et pour ne pas y attacher des espérances qu'une royauté temporelle eùt été seule capable de satisfaire. Rien de moins approprié cependant à la fondation d’une telle royauté que les instructions que Jésus donnait en cette occasion aux douze apôtres. Les auditeurs et les lecteurs de saint Matthieu ne pouvaient manquer, les événements accomplis, d’en être frappés.

Les douze n'avaient, pour le présent, commission d'aller que vers les brebis perdues de la maison d'Israël. Ce ne fut même là qu’une courte séparation; peu de temps après, nous les retrouvons auprès de leur maitre. Il fallait qu'ils demeurassent avec lui jusqu’au jour qu'il fut enlevé d’avec eux. (Actes, [, 22.) Qu'auraient-ils pu enseigner s’ils n'avaient d’abord tout appris de lui? Et quel témoignage auralent-ils pu lui rendre, si, au lieu de continuer à le suivre, ils s’en étaient allés au loin? Jésus avait d’autres raisons encore pour leur recommander de ne visiter que les Juifs. Le message spécial dont il les chargeait ne s’adressait qu’à ceux-ci. Les Gentils et les Samaritains (1) n’entre-

(1) Cette mention est la seule qui soit faite des Samaritains dans le premier Evangile. Mélange des Gentils que le roi des Assyriens établit dans les villes de Samarie à la place des habitants de ces villes qu'il avait emmenés en Assyrie (2 Rois, XVII, 23, 24), et d’Israélites, en petit nombre, qui étaient restés dans le pays et qui avaient abandonné les rites de leurs pères (Jean, IV, 20), les Samaritains n'étaient pas paiens, quoique servant les images, mais

ils étaient séparés des Juifs par leurs coutumes et par de profondes haïines nationales et religieuses. (2 Rois, XVIT, 34-41.)

tenant aucune attente à laquelle pût correspondre la déclaration que le royaume des cieux était proche, elle aurait été sans signification pour eux. I n’y avait done nul motif de leur faire porter alors cette nouvelle. La parole de Dieu ne devait leur être annoncée qu'après lavoir été, sous cette forme particulière, à ce peuple qui ne formait plus politiquement un peuple, et qui néanmoins espérait un roi. Ne pas observer cet ordre, aurait été mettre tout en confusion, et priver l’œuvre des apôtres de la base sur laquelle elle devait s'élever.

Jésus les met dès lors en possession de leurs foneüons au miheu des Juifs, afin que ceux-ci, ayant appris à les connaître dès ce temps-là comme ses hérauts, leur reconnaissent cette qualité après qu’il les aura quittés, lorsqu'ils parleront en son nom. Il prend soin aussi de les avertir, avant qu’ils n’opèrent aucune de ces guérisons miraculeuses qu'il leur a donné le pouvoir de faire, qu’elles doivent être pour eux des lettres de eréance et non un moyen de gam. Qu'ils ne se considèrent pas comme des médecins pouvant prétendre à une rémunération, mais comme les dispensateurs de grâces dont ils ne sont que les intermédiaires, et qu'ils sont obligés, puisqu'elles ne leur coûtent rien, de faire servir, sans en tirer profit, au soulagement des hommes et à la gloire de Dieu.

wi 9. MA wrote ypoucbv X, 9. Ne vous pourvoyez ni ip YUpe ov mn yarxbv etc d'or, ni d'argent, ni de cuivre vas 0, pour vos ceintures,

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10. Mn par sis 620y madz 40. Ni de sac pour le voyage, do yiwvas une brodmuata ni de deux tuniques, ni de soupnèe 64600 * dEroc yàp 6 Eoyd- liers, ni de bâton; car louvrier Ts Th Toopñs arab Écrtv. est digne de sa nourriture.

Autant le trafic contre lequel Jésus vient de mettre ses disciples en garde serait coupable dans l'exercice de leur charge, autant la confiance leur est indispensable. Chez les hommes, un proverbe le dit, l’ouvrier est digne de sa nourriture : comment done Dieu laisserait-1l ceux qu'il emploie manquer du nécessaire? Qu'ils se reposent sur lui du soin de le leur procurer, n'ayant d’autre souci que celui de faire leur devoir, et qu'ils s’abstiennent par conséquent de se pourvoir à l’avance, dans un esprit d'inquiétude, de ce dont ils pourront avoir besoin pendant qu’ils seront en route. Jésus, en leur faisant cette recommandation, ne songeait eertainement pas à dresser la liste des objets dont 1ls ne devaient pas se munir : il voulait leur proposer une règle générale de conduite et éveiller en eux le désir de s’y conformer. Aussi serait-il inutile de s'arrêter aux différences qu’il y a, d’un Évangile à l’autre, dans l’énumération de ces objets. (Mare, VE, 8, 9; Luc, IX, 3.) Le précepte est le même, quelle que soit la diversité dans les détails; et les apôtres l’observeront toujours assez bien, s'ils laissent au maître qu'ils servent, ainsi qu'il le leur prescrit pour ce premier message, le soin de subvenir à leur entretien sans s’en méler eux-mêmes. Pour d’autres temps et d’autres circonstances, il

XD, 210, 1-15.

leur donnera plus tard d’autres commandements.

(Luc, XXII, 36.)

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