Or, en entrant dans la maison, saluez-la
13. Et si la maison est recommandable, que la paix que vous lui souhaiterez vienne sur elle; mais si elle n’est pas recommandable, que cette paix retourne à vous.
14. Et s’il n’y a personne qui vous reçoive ni qui écoule vos paroles, en sortant de cette maison ou de cette ville-là, secouez la poussière de vos pieds.
35. En vérité, je vous le dis, on sera dans un état plus supportable au pays de Sodome et de Gomorrhe, au jour du jugement, qu’en cette ville-là.
Jésus ne veut pas que les apôtres, durant leur
voyage, aillent réclamer l'hospitalité au hasard dans les endroits où ils s’arrêteront, de peur qu'ils ne compromettent leur mandat en s’adressant mal. Il leur ordonne, en conséquence, de s'assurer autant que possible de la bonne renommée des personnes qu'ils prieront, de lieu en lieu, de les recevoir dans leur maison, leur prescrivant, en outre, de demeurer jusqu’à leur départ sous le même toit, sans doute
MATTHIEU, X, 11-15, 69 afin de ne pas froisser leurs hôtes en cherchant gite ailleurs, comme s’ils ne se trouvaient pas assez bien chez eux.
Qu’en arrivant, ils souhaitent la paix, suivant l'usage, à ceux dans la maison desquels ils entreront, pour les disposer en leur faveur, en se montrant animés eux-mêmes de bons sentiments à leur égard. Par le mot de paix on entendait tout ce qui peut assurer la prospérité et le contentement. C’est comme si l’on avait dit : « Puisse rien ne troubler ni votre vie ni vos cœurs! »
Ces vœux que vous formerez, ajoute Jésus, auront leur effet, si ceux pour qui vous les aurez faits, sont ce qu'ils passent pour être. Dans le cas contraire, au lieu de monter au ciel et d’être exaucés, ce seront de vaines paroles qui reviendront à vous, sans en produire aucun.
Il est possible que déjà à cette époque tout le monde, en quelques endroits, ait refusé de recevoir les apôtres et d'écouter leurs appels; mais il en fut surtout ainsi plus tard, lorsque, leur maïître les ayant définitivement quittés, 1ls comprirent enfin et ils annoncèrent ouvertement quelle était la nature exclusive de son royaume. Plus leurs discours contredirent alors les idées des Juifs sur la royauté temporelle du Messie, plus 1ls rencontrèrent d’opposition de leur part. Jésus me paraît passer ici, dans ses instructions, de la première mission confiée aux apôtres à la suite de leur apostolat, à ce temps où se
manifesta pleinement, en regard des succès éclatants ut h)
b5 MATTHIEU, X, 11-15.
de leur prédication, cet endurcissement d'Israël, qui aboutit finalement à la ruine et à la réjection de ce peuple. Là où l’on refusera absolument de les accueillir et de les entendre, ils devront, leur dit-il, se retirer en secouant la poussière de leurs pieds, pour bien établir qu’on les a repoussés et qu’il n’a pas été en leu* pouvoir d'accomplir leur message. (Luce, X, 10, 14. Actes, XIE, 50, 51.)
Jésus leur déclare, du reste, que Les villes qui les repousseront, en seront punies au jour du Jugement. Ïl ne s’agit pas ici du jugement dernier, où, les nations étant assemblées, les hommes seront séparés les uns d'avec les autres et jugés en tant qu’individus. (XXV, 31-46.) 11 s’agit de l’un de ces jugements que Dieu exerce collectivement sur la terre, tantôt en frappant un peuple de l’un de ses fléaux, tantôt en se servant d’un autre peuple pour le châtier. (2 Chroniques, XXIV, 24.) Le plus célèbre de tous, parmi les Juifs, était celui qui avait atteint, sur les confins de leur pays, au temps d'Abraham et de Lot, les villes de Sodome et de Gomorrhe, d’Adma et de Tséboïm, et les avait réduites en monceaux de cendre, de soufre et de sel. De génération en génération, ils avaient eu sous les yeux l’état permanent de désolation qui en fut la suite, et que les voyageurs attestent n’avoir pas cessé de nos jours (1). Les pro-
(à) F. ne Saurey, Voyage autour de la mer Morte et dans tes terres bibliques. Relation du voyage. Tome I, pages 249 et suiv.; tome Il, pages 4 et suiv. — En. DeLesseRT, J’oyage aux Villes maudites, pages 76-80.
MATTHIEU, X, 11-15; 46-20. 67 phètes y faisaient souvent à LA lorsqu'ils voulaïient, à l’aide d’une image saisissante, donner une idée de la grandeur des châtiments dont ils menacalent, de la part de Dieu, les nations qui lui étaient rebelles. (Deutéronome, XXIX, 22-24; Ésaïe, I, 9, 10; Jérémie, XIV, 18 et L, 40; Lamentations, [V, 6; Amos, IV, 11, 12; Sophonie, IT, 9.} C'était deyenu une manière AA d'exprimer les conséquences redoutables de son indignation (1). Jésus à recours ici à la même comparaison pour représenter combien, au jour du jugement qu’il annonce, sera misérable le sort des villes israélites qui auront refusé d’être attentives à la voix de ses messagers : « On sera, dit-il, dans un état plus supportable au « pays de Sodome et de Gomorrhe. » Depuis la destruction de ces villes, leur territoire n’offrant plus les conditions nécessaires à un établissement, aucune tribu n’était venue s’y établir. Mais, quelque affligeant qu’ait toujours été depuis lors leur état, plus insupportable encore sera, après leur désolation prochaine, celui des villes qui n’auront pas voulu écouter le message de paix que Jésus confiait en ce Jourlà pour elles à ses apôtres (2).
X, 16. Tôob, ëyo dmo- X, 16. Voici, je vous envoie, otéA AW Üuäc We mpcéara ëv moi, comme des brebis expodéow Adxwv" yivesde oùv opé- sées aux loups. Soyez donc avi-
(1) FL. Jos., Bell. Jud., lib. V, c. xu, $ 6. — Romains, IX, 29; à Pierre, Il, 6; Jude, 7.
(2) Voir mes remarques sur Matthieu, XE. 20-24.
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19. ‘Oray D Tapadtio (4 \ PA ” s UMAS, UN LEPMYNONTE, TS À f A NI À A Tr Aahmonte’ doûoetat yap dpi Év ÉxElvn Th bpæ, T ÀAa- AÂGETE