‹ Essai d'interprétation de quelques parties de l'Évangile selon Saint Matthieu (volume 4)Chapitre 3 sur 56 · L/4 LL À · texte numérisé non relu

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VIN, 2. Et voici, un lépreux était venu se prosterner devant lui (2), en disant : Seigneur, si tu le veux, tu peux me rendre net.

3. Et étendant la main, Jésus le toucha en disant : Je le veux, sois net. Et aussitôt sa lèpre fut nettoyée.

4. Et Jésus lui dit : Garde-toi de le dire à personne ; mais va, montre-toi au prêtre, et présente le don que Moïse a prescrit, pour qu’il leur en soit ren-

du témoignage.

(1) L'époque de la guérison de ce lépreux, indéterminée chez Matthieu, l’est aussi chez Luc. (V, 12.) Il n’en est pas de même des deux guérisons qui suivent celle-ci dans le premier Évangile. Le serviteur du centenier a été guéri, suivant Luc (VIE, 4), après la vocation des douze apôtres, et par conséquent aussi après l’enseignement dans la plaine, postérieur à cette vocation. (VE, 49-49.) La guérison de la belle-mère de Pierre, dont Matthieu ne parle qu’ensuite, a eu lieu, au Contraire, sélbé lui, avant que Jésus n’aït appelé les quatre pêcheurs de la mer. de Galilée à le suivre. (LV, 38, 39.) L'ordre chronologique de ces récits est interverti chez Matthieu que rien n’obligeait à l’observer.

(2) $e prosterner convient mieux ici qu'adorer, qui ne correspond à moocxuvesiy que quand il s’agit soit de l’adoration proprement dite, soit des respects extraordinaires qu’on rendait aux rois en Orient. (II, 8, 41.) Calvin traduit : s’inclina devant lui, et il en donne cette raison, qui autorise à la fois sa traduction et la mienne : « Ce ladre a monstré signe de révérence par contenance « externe : c'est asçavoir en s’agenouillant. Or nous sçavons que

La lèpre, maladie redoutable répandue surtout en Orient, corrompait la masse du sang, se manifestait par des éruptions, et altérait tout le tempérament. Moïse avait ordonné, en raison de sa nature contagieuse, que ceux qui en seraient atteints fussent séparés du reste du peuple. [ls étaient exclus du camp (Nombres, XV, 2), et n'avaient permission d’y rentrer qu'après leur parfaite guérison, qui devait être constatée, avant qu'ils n’en franchissent l’enceinte, par un prêtre chargé de se rendre auprès d’eux pour examiner s'ils étaient nets. [ls devaient ensuite demeurer encore pendant sept jours hors de leur tente. Le don et le sacrifice prescrits par Moïse étaient offerts au huitième jour. Le sacrificateur présentait alors au peuple, à l’entrée du tabernacle d’assignation, l’homme nettoyé de sa lèpre, et ce n’est qu’à partir de ce moment-là qu’il pouvait converser librement avec ses frères. Ces précautions furent maintenues quand les Israélites, au lieu de continuer à camper, eurent des établissements fixes. Au temps de Jésus, comme au temps de leur premier législateur, une attestation sacerdotale était nécessaire pour qu’un lépreux fût tenu pour guéri.

Celui-ci, convaincu du pouvoir de Jésus par ce qu’il a appris de ses nombreuses guérisons, vient se jeter à ses pieds et s’écrie : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me rendre net. » Jésus étend la main, le « ceste façon de révérence estoit toute commune entre les Juifs, « comme volontiers les peuples d'Orient sont plus addonnez à

« telles cérémonies. » (J. CaLvin, Commentaires sur le N.T. Tome IF, page 241.)

MATTHIEU, VIII, 2-4; 5-13. 11 touche et lui dit : « Je le veux; » et la lèpre disparaît aussitôt. De peur cependant que cet homme ne se crût dispensé par le caractère miraculeux de sa guérison de se conformer aux sages prescriptions que la loi avait établies pour les guérisons ordinaires, il lui défend de s’en faire lui-même le héraut. Qu’il se fasse voir au prêtre chargé d’examiner si la purification est réelle; qu’il apporte le don que les lépreux guéris devaient offrir pour marquer leur reconnaissance, et qu’il laisse au sacrificateur le soin de rendre témoignage au peuple qu’il est net. Il faut que tout se passe de la manière accoutumée, non pas seulement pour que le miracle soit officiellement constaté, mais aussi pour que la loi ne soit pas enfreinte, et pour que l’homme objet d’une si grande grâce se souvienne d’être reconnaissant. Le peuple, témoin chaque jour de tant d’autres miracles de Jésus, n’avait assurément pas besoin, pour croire à la réalité de la guérison de ce lépreux, qu’elle lui füt certifiée ainsi. Mais peut-être la notoriété plus grande qu’elle à obtenue par cette attestation a-t-elle déterminé Matthieu à ouvrir cette section par le récit qu’il en fait (1).

VIIT, 5. EtseX0évr dE aù- VII, 5. Étant entré à Caper- Tr eiç Kamespvaobu. mpocÿAñev naüm, un centenier s'approcha aùté ExatévTapyos rapaxakwv de lui, le priant AUTOY

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