‹ Essai d'interprétation de quelques parties de l'Évangile selon Saint Matthieu (volume 4)Chapitre 35 sur 56 · TV · texte numérisé non relu

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Miséricordieux appel ! Promesse si grande que nul autre que le Fils auquel le Père a tout remis ne pouvait la faire! Nous voici en plein Évangile; chaque mot en a l’empreinte.

« Venez à moi, leur dit Jésus, et moi Je vous sou- « lageraï. » [ n’y a qu’à venir, etil fera, lui, le reste, mais autrement, certes, qu’on ne s’y serait attendu. Voici, en effet, ce qu’il ajoute : « Prenez sur vous mon « joug. » Prenez-le, et, volontairement accepté, 1l vous rendra tout facile. Le maître qui vous le propose, est « doux et humble de cœur. »

Quand vous aurez appris de lui quelle est sa man-

(4) « Ceux qui restraignent le fardeau et le travail dont il est « yci parlé, aux cérémonies de la Loy, prenent trop maigrement « ceste sentence de Christ. Je confesse bien que le fardeau de la « Loy a esté insupportable, et qu’il accabloit les povres âmes... « Mais il faut bien noter le terme de généralité qui est yci mis. « Car Jésus-Christ a nomméement comprins sans exceplion éous ceux qui travaillent et sont chargés. » (J. CaLvin, Commentaires sur le N. T.,1ome I, page 293.)

MATTHIEU, XI, 28-30. 133 suétude et quelle condescendance ïl y a dans son abaissement, vous trouverez le repos de vos âmes dans votre assujettissement à lui. Le joug que vous portiez était rude, le sien est aisé ; car c’est, en place de la sujétion au péché, la soumission au devoir. Vous succombiez sous le poids de votre fardeau ; mais celui dont il vous aura chargé sera, quel qu'il puisse être, comparativement léger; car son joug aide à porter son fardeau : tous ceux qui l’ont pris sur eux en ont fait l'expérience (1).

Ainsi donc, c'était pour que les pécheurs et les affligés trouvassent du repos pour leurs âmes, que Jésus appelait à lui les foules. C’est pour cela qu'il était venu, et non pour rétablir le royaume d'Israël, œuvre en laquelle 1l n’aurait pas valu la peine que le Fils du maître du ciel et de la terre intervint. Sa réponse aux disciples de Jean le Baptiste, qui demandaient s’il était l’Erchomenos, devait déjà le faire comprendre (XI, 4, 5), et l’on voit de nouveau ici qu’il n’appelle à lui que pour instruire et pour soulager. L'enseignement donné à la fin de cette section répète et confirme ainsi celui qui ressort de son commencement.

(4) « Et quid jugo ipsius suavius? quid onere levins ? Probabilem fieri, scelere abstinere, bonum velle, malum nolle, amare omnes, odisse nullum, æterna consequi, præsentibus non capi, nolle inferre alteri quod sibi perpeti sit molestum. » (D. Hica- RIUS, /n Matthæum Commentarius.)

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