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a longtemps déjà qu'il les a appelés pour la première fois à ambitionner le beau nom de fils de Dieu. (V, 9.) Geux-là seuls y ont droit, qui participent en une certaine mesure à son esprit; et s'ils sont les enfants de Dieu, ils entrent par là même avec Jésus, son fils bien-aimé, dans un rapport qui peut, suivant l’âge ou le sexe, être désigné diversement, mais qui, de quelque manière qu'on le nomme, est toujours le même vis-à-vis de lui, parce que la cause qui produit cette union est la même dans tous les cas.
Tant qu'ils seront en petit nombre, ils ne formeront tous ensemble qu’une famille. Mais « la petite fa- « mille peut croître jusqu’à mille personnes, et la « moindre devenir une nation puissante. » (Ésaie, LX, 22.) Alors même, ce sera encore une famille, si le lien qui la constitue subsiste. Il en sera exactement ainsi dans la famille spirituelle. Füt-elle nombreuse jusqu'à former un royaume, Jésus déclare que cela ne change rien aux rapports de ceux qui en sont membres avec lui : tous ils sont ses frères (1).
(4) Cette parole de Jésus : « Voilà ma mère et mes frères, » ne pouvait, en raison de ce qu'elle signifie, se rapporter indistinctement à tous ceux qui étaient rassemblés alors autour de Jésus pour l'entendre. Il a dit précédemment qu'il faut autre chose que le suivre pour être de ses disciples. (X, 38.) Il n'avait donc en vue, en la prononçant, que ceux qui s’efforçaient, dès ce temps-là, de mettre en pratique ce qu’il leur enseignait de la part de son Père, et c’est eux sans doute qu’il cherchait des yeux. Comme saint Matthieu nous apprend que la visite des parents de Jésus eut lieu le jour où il proposa la parabole du Semeur (XIE, 4-3), et que saint Luc a pris soin de nommer quelques-uns de ceux qui étaient alors avec lui (Luc, VIIT, 4-4), on ne saurait guère mettre en doute que ce ne fût à ces disciples-là que Jésus faisait plus parti-
MATTHIEU, XII, 46-50. 195 Nous voici au cœur même du sujet de cet Évangile. Matthieu, qui s’est proposé essentiellement d’y mettre en évidence le vrai caractère du royaume du Messie, va montrer, dans la section qui fait suite à celle-ci, ce que Jésus voulait que fût ce royaume. Ce ne sera donc pas sa faute si, malgré tous ses soins à les instruire, les Juifs refusent de s’en faire une idée conforme à sa spiritualité et à son infinie grandeur.
culièrement allusion en parlant ainsi. C’étaient les douze apôtres et quelques femmes qu’il avait délivrées (redepameunévat, proprement quéries) des mauvais esprits et de leurs maladies, Marie de Magdala, entre autres, Jeanne, femme de Chuzas, l'intendant d'Hérode, Susanne et d'autres encore, qui assistaient Jésus de leurs biens, agissant envers lui comme une mère, comme des frères, comme des sœurs auraient pu le faire, ei réalisant ainsi à l'avance par leur conduite une parole célèbre que Jésus prononça plus tard pour l’encouragement de ses disciples. (Marc, X, 29, 30.)