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de sa femme qui était couchée et avait la fièvre.
15. Et il lui toucha la main, et la fièvre la quitta ; et elle se leva, et elle les servait.
16. Or, le soir étant venu, on lui amena plusieurs démoniaques, et il chassa les esprits
par sa parole, et il guérit tous :
les malades,
17. Afin qu’eût lieu pleinement ce qui a été dit par Ésaïe le prophète en ces mots : « Il a « pris nos infirmités et il s’est
« chargé de nos maladies. »
La guérison du serviteur du centenier (Luc, VIT, 1-10) avait eu lieu après la vocation des douze apôtres. (Luc, VI, 12-49.) Celle de la belle-mère de Pierre la précéda, au contraire. Elle fut même antérieure au premier appel adressé par Jésus aux quatre pêcheurs de la mer de Galilée, et elle a pu être, par conséquent, pour quelque chose dans les motifs qui les déterminèrent à le suivre. On voit par là que Matthieu n’a pas égard aux dates pour l’enchaînement des récits de miracles qu’il a réunis 1ci, afin de montrer par quelques exemples de quelle manière Jésus s’acquittait de cette partie de sa mis-
seulement à les introduire. La particule et peut servir en français au même usage. Il en est autrement de puis, adverbe de temps dont l'emploi indique que ce qui le suit a eu lieu après ce qui le précède. Les versions qui rendent en cet endroit xat par ce dernier mot, font dire à Matthieu que la guérison de la belle-mère de Pierre a eu lieu après celle du serviteur du centenier, tandis que Matthieu n’a pas dit cela, et ne s’est par conséquent pas mis en contradiction avec Luc, qui à dit précisément le contraire. IlI 2
sion. La préférence accordée par l’évangéliste à cette guérison s’explique sans peine. C’était, en quelque sorte, une grâce personnelle faite à l’un de ses compagnons dans l’apostolat, et ce fut pour le peuple l’occasion d’en solliciter beaucoup d’autres au soir de ce même jour. Matthieu, qui demeurait à Capernaüm, dut en être témoin et en avait été peutêtre fortement impressionné. Rien ne pouvait mieux donner une idée des innombrables guérisons opérées par Jésus dans la province entière, pendant le long séjour qu’il y fit, allant « par toute la Galilée, « et guérissant tout mal et toute infirmité parmi le « peuple » (IV, 23, 24), que la mention de ce fait, que tous les malades de la ville où Jésus se trouvait alors furent guéris par lui à la fois.
Les paroles d’Ésaïe citées par Matthieu lui servent à exprimer ce que le Seigneur voulait que fût cette œuvre de miséricorde. Quand on ouvre le livre du prophète en cet endroit, on n’y trouve rien, 1l est vrai, qui paraisse se rapporter à des guérisons. Pour pouvoir en faire cette application, il faut détacher le passage de la suite du discours, qui ne favorise aucunement le sens admis par l’évangéliste, et traduire résolûment comme il l’a fait, et non comme les Septante (1), tandis que l’original, moins précis,
(4) Voici la traduction des Septante : Oüros ràç dpaprias uv péper, vai mept Auwv dduyaras. (Esaïe, LILE, 4. LAX.) Avec dpaptias, péchés, au lieu de &obevelas, infirmités, l'application du passage d'Esaïe à des guérisons serait impossible. Ostervald traduit ainsi le prophète : « Il s’est chargé véritablement de nos langueurs,
« et il a porté nos douleurs. » Dans la citation faite par Matthieu, au lieu de douleurs, il y a maladies.
MATTHIEU, VIII, 14-17; 18-22. 1$ présente plus naturellement à l’esprit une autre idée. La signification que Matthieu attribue aux paroles d’Ésaie n’est done déterminée que par sa traduction. Il n'aurait pu les alléguer à titre de prédiction accomplie, le sens auquel il s’est arrêté ne résultant que du tour qu’il a donné à sa phrase. Aussi n’estce pas comme prédiction qu’il les cite, mais seulement, ainsi qu'il nous y a accoutumés par l'usage qu'il à fait d’autres paroles également empruntées aux prophètes, pour rehausser sa narration en les y faisant entrer. Nul de ses auditeurs, après l'avoir entendu raconter comment, sur l’ordre de Jésus, tout mal, tant du corps que de l'esprit, cessait instantanément chez le peuple, ne se serait refusé à reconnaître « qu'il avait pris leurs infirmités et qu’il « s'était chargé de leurs maladies, » ainsi qu'Ésaie le dit dans la version que Matthieu a lui-même appropriée à son dessein. Ce que l’évangéliste emprunte au prophète, ce n’est pas sa pensée, mais une suite de mots qu'il met en rapport avec son sujet, parce qu’ils expriment pleinement ce que Jésus avait en vue en opérant toutes ces guérisons (1).
VIII, 18. Iov à 6 ; nooùs VII 48. Or Jésus, voyant An Oo np abtèy né une grande foule autour de lui, Acvgey dmeÀdety sic td Té ns commanda de se diriger vers la
rive opposée.