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NIILI, 418-722
chant, lui dit : Maître, je t suivrai, quelque part que tu ailles.
20. Et Jésus lui dit : Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel des abris; mais le Fils de l’homme n’a pas où poser sa tête.
21. Et un autre de ses disciples lui dit : Seigneur, permets-moi d’abord d’aller ensevelir mon père.
29. Mais Jésus lui dit : Suismoi, et laisse les morts enseve-
vexpodc Oabar robs Eavtüy ve- lir leurs morts.
KEOUS.
Jésus ne se bornait pas à guérir des malades; il faisait encore d’autres miracles. L’apaisement de la tourmente qui survint tout à coup, un Jour qu’il traversait la mer de Galilée, en est un exemple. Get événement n’eut lieu que plus tard, à l’époque où Jésus enseignait de préférence en paraboles ; mais Matthieu, voulant montrer sous ce nouvel aspect le pouvoir de son maître, n’en a pas moins compris cette histoire dans cette série de récits, où elle est nécessaire pour nous le faire bien connaître.
Il rapporte à cette occasion deux courts entretiens, auxquels le dessein formé par Jésus de se rendre sur l’autre rive donna Leu avant son embarquement. Ils rentrent si bien dans le plan du premier Évangile par l'instruction qu’on en peut tirer, qu’il serait surprenant que Matthieu, qui avait toujours ce plan en vue, ne les eût pas recueillis.
C'était, ainsi que saint Marc le raconte, en ce jour-là même que Jésus avait fait entendre au peuple la parabole du grain de sénevé, image du royaume de Dieu, imperceptible à son origine, mais destiné, comme lui, à prendre ensuite un grand accroissement. (Marc, IV, 30-36.) Pour faire partie de ce royaume et pour travailler à l’étendre, 1l faut bien en comprendre la nature et être dans des dispositions de cœur et d’esprit qui y correspondent. Voyons #il en est ainsi de ceux-ci.
Voici un scribe qui déclare à Jésus, au moment de son départ, qu’il veut le suivre, quelque part qu’il aille. L'étude des Écritures lui avait sans doute appris que le règne du Fils de l’homme ne sera point détruit et que sa domination ne passera point. (Daniel, VIT, 13, 14.) Mais savait-1il aussi bien, que les avantages temporels ne s’obtiennent pas à sa suite? Jésus, de peur qu’il ne s’y trompe, lui déclare, tout en s’attribuant le titre de Fils de l’homme, emprunté à la prophétie, que le Fils de l’homme n’a pas où poser sa tête. Ge sera assez pour mettre un terme à son empressement, s’il n’est fondé que sur des motifs intéressés.
L'autre disciple voudrait bien s’attacher pour toujours aux pas de Jésus; mais il a perdu son père, et il désire auparavant lui rendre les derniers devoirs. Il ne peut être question ici de l’ensevelissement proprement dit; car, chez les Juifs, les funérailles avaient lieu si peu de temps après la mort, que ce fils n'aurait pas eu le loisir de se mêler à la foule
rassemblée autour de Jésus au bord de la mer, si, son père venant de mourir, 1l avait dü se hâter de préparer la cérémonie funèbre, qui se faisait ordinairement le jour même. (IX, 18, 23; Actes, V, 5, 6, 10.)Il1 me paraît donc probable qu’en demandant de pouvoir d’abord aller ensevelir son père, il a voulu parler de la nécessité où il était de se conformer aux coutumes pendant toute la durée de son deuil. Si l’on doit savoir quitter les siens à cause du royaume de Dieu (Luc, XVIIT, 29), on doit savoir aussi concilier ses regrets avec ses devoirs, lorsque ce sont eux qui nous quittent. Qu'est-ce qui pourrait s’accomplir de grand sur la terre, si les affections devaient y avoir le pas sur les obligations ? Quelque légitimes et saints que puissent être les attachements du disciple, il ne faut pas qu’ils Pempêchent de répondre à la vocation qui lui est adressée par son maître. Jamais, d’ailleurs, ceux qui sont appelés aux choses pour l’accomplissement desquelles 1l est nécessaire, dans le sens le plus élevé du mot, d’être vivant, ne se méprendront sur la signification de ces paroles de Jésus : « Laisse les morts ensevelir « leurs morts, » en les entendant comme si elles
autorisaient quelque négligence envers la mémoire
des parents dont ils auront à pleurer la perte.
Pour fonder un royaume temporel, il aurait fallu des partisans à Jésus; pour fonder un royaume spirituel, il lui fallait des disciples. Les avertissements qu’il adresse ici à ceux qui désirent le suivre, montrent clairement ce qu'il voulait qu'ils fussent.
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